SUR LA PONTE DES ŒUFS CHEZ LES OISEAUX
On lit dans le journal Y Acclimatation, du 5 avril 1875 :
« Un journal américain, le Poultry World (le Monde des » volailles) recommande l’usage du lait, pour provoquer » chez les poules une ponte abondante. Il cite une femme » qui obtenait tous les jours de sa basse-cour des quantités » d’œufs, quand ses voisins n’en avaient pas un seul et que » leurs poules étaient dans les mêmes conditions de loge- » ment et de nourriture, sauf le lait » .
Ce fait n’a rien d’étonnant pour qui sait l’expliquer, et je crois être dans le vrai en proposant l’explication suivante :
M. Joly, dans une communication à l’Académie des Sciences, le 12 novembre 1849, démontrait l’unité de composition du lait des mammifères et du contenu de l’œuf des Ovipares proprement dits. Les globules butyreux du lait répondent, d’après lui, aux globules vittellins de l’œuf qui renferment une huile se figeant par le refroidissement : l’albumine et la vitelline représentent la caséine. Enfin, MM. Vinckler, Barresvil et Braconnet ont trouvé, dans l’œuf, du sucre de lait ou lactose.
(1) Présentée à la Société d'étude des sciences naturelles de Nimes le 9 avril 1875.
D’ailleurs, M. Joly annonce avoir opéré sur l’œuf de poule, les mêmes réactions que sur le lait des Mammifères.
Or, ce qui épuise surtout la poule, dans l’opération de la ponte, c’est la production du vittellus, dont elle élabore les éléments aux dépens de sa substance propre. Si donc, en lui donnant du lait, on lui fournit ces éléments tout préparés, de telle sorte qu’elle n’ait plus qu’à se les assimiler, on comprend, facilement, que la ponte, dans ces conditions, épuisant beaucoup moins la fejnelle, puisse être plus nombreuse et plus souvent répétée.