CHAPITRE IV
Page iOO : Il est donc probable que des Phéniciens prenaient la qualification d'Israélites et célébraient le jour consacré à Saturne ou Kronos, le Temps ou VEternel.
On ne peut s'empêcher de remarquer à ce sujet que VIsraélite était souvent assimilé au Phénicien ipar les Voyants de Jérusalem.
Page i07 : Les judaïsants font dériver le nom de Juif de celui d'un des fds de Jacob, Juda ou Jehoudah, VTUustre.
Dans le passage de la Préparation évangélique que nous avons cité, Eusèbe s'exprime ainsi : 'EÇ èzi/wpiaç vuijlsyjç 'Avw6p£T A£ysi;.£vyjç •jÎcv £x^'' \xz'tz^vi% ûv Stà toDto 'hoùo èy.aXcjv. (tsj ;asvcy£vcjç curwç Iti xat vuv xaXo'jjjiévo'j Tuapà tcTç ^civiHi.)
Nous avons été frappé de ce qu'il est dit que le fils du Kronos phénicien, immolé sur l'autel par son père, était appelé leoiid ou fils unique; c'était ce même surnom que la Bible {Genèse, XXII, 2, 12) donnait à Isaac, et lui aussi avait été destiné au sacrifice.
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Nous nous sommes alors demandé s'il ne serait pas possible que le nom hébreu de Juif, lehoudi, vînt de leoud, fils unique, plutôt que de lehoudah, l'illustre. Ne serait-on pas autorisé à le penser par le chapitre XII (v. 21) de la Genèse qui dit : Cest de ton fils Isaac que ta postérité prendra son nom"! Le mot de lehoudi, en eflfet, ne saurait dériver d'Isaac. Or, toute prophétie ayant pour but de justifier ou d'expliquer un fait accompli, celle-ci n'aurait eu aucune raison d'être. Il en serait tout autrement si l'on eût pensé que cette appellation des fils d'Abraham vehait du surnom d'Isaac, comme celle d'Israélite du surnom de Jacob.
D'autre part, la version grecque d'Aquila avait traduit par (acvoy^v^ç le mot hébreu qui se prononçait, dit Eusèbe, leoud; mais celle d'Alexandrie, de beaucoup la plus répandue, disait àyazr^'zôz. qui signifiait le fils hien-aimé, le fils unique. (Cf. Thésaurus Graecae linguae. Didot : 'Avjt^ryjTé;.) Dans les églises ou synagogues grecques on devait donc admettre que leoud élait l'équivalent d'iy^r.r^'iiq. Ne serait-il pas alors probable que pour elles le nom de lehoudi, 'louBaToç, venait de leoud et voulait dire fils unique? 'Aya7:Y;Tc; aurait été ainsi un équivalent de 'lojîaïc;. Et ce serait ce sens qu'il faudrait peut-être lui attribuer dans un certain nombre de cas où il figure dans le Nouveau Testament.
Mais on n'attachait généralement pas dans les églises de la dispersion au terme de fils unique l'acception étroite de fils d'Abraham. Là où l'on déclarait qu'on était juif par l'élection et non par le sang, àva^rrjTé; était le fils unique de Dieu. (Épît. aux Rom,, I, 7.) C'est pourquoi^ tandis que le nom de Juif vint à ne plus désigner qu'un ennemi, son équivalent grec demeura un titre d'honneur; les fidèles continuèrent de se dire aya^Yj-ci.
Il se pourrait, par suite, que ce fût aussi cette qualification de fils unique ou bien-aimé de Dieu, qui, nécessairement appliquée au Messie lui-même, fit naître plus tard ou du moins contribua à faire naître l'idée de lui attribuer une nature surhumaine, divine, indivisible de celle de Dieu.
Ignorant l'hébreu, nous avons communiqué ces réflexions à des amis versés dans la connaissance de cette langue. On nous a répondu que fils unique se disait lehid et non pas leoud, et que les règles grammaticales s'opposaient à la dérivation de lehoudi de lehid.
NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS
Mais on a ajouté que les lettres hébraïques d'une même classe se substituant fréquemment l'une à l'autre, il se pourrait très bien faire que dans certains milieux où était parlé le syro-chaldaïque, surtout dans ceux où le contact des Grecs était journalier, on ait prononcé par corruption leoud pour lehid, ainsi que le dit Eusèbe, et leoudi pour lehidi. Cette prononciation altérée et défectueuse pouvait permettre à ceux qui l'avaient adoptée de donner à lelioudi le sens de fils unique et de prendre àycLTrftxéq pour son équivalent. Nous nous bornons à soumettre la question au lecteur.
Page iS5 : Les cérémonies religieuses étaient des occasions de banquets.
Après toutes les modifications successivement apportées aux cérémonies de la messe, le pain et le vin en sont restés les éléments sacramentels.
Page 135 : On dansait aussi dans les églises.
Les Actes d'un des plus récents conciles de Narbonne montrent que l'habitude de danser dans les églises à certaines fêtes s'était conservée en Languedoc jusqu'au xvi® siècle.
Page iS5 : On les voit faire un somptueux repas à l'occasion de l'entrée dans leurs rangs du publicain Lévi.
Cf. Apulée, Métam., XI, p. 411 : ^^ Je célébrai ensuite mon heureuse initiation par un somptueux banquet, et trois jours durant ma brillante intronisation fit renouveler le festin religieux. "