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CHAPITRE III

Page 91 : Les gnostiques déclaraient que la véritable résurrection est celle qu'on éprouve après avoir pénétré la vérité.

Cette doctrine était aussi professée dans certaines confréries d'Isis. On y considérait l'initiation comme une nouvelle vie, obtenue par la grâce, succédant à une mort volontaire. Cf. Apulée, Métam., XI, p. 409 : Ipsamque traditionem ad instar voluntariae mortis et precariae salutis celehrari.

Page 99 : Les porteurs de la Bonne Promesse trouvaient ainsi dans certaines couches sociales un public tout préparé

à accepter cette croyance; peut-être même leur fut- elle

imposée par ceux qui venaient prendre rang dans les

hétairies.

Platon rapporte une de ces fables qui se transmettaient de siècle en siècle et que lui-même ne rejette pas formellement comme indigne de créance. On lit dans le Politique (trad. Cousin, p. 366-375) :

L'ÉTRANGER : Et cet autre, que les anciens hommes étaient fils de la terre et ne naissaient pas les uns des autres.

Le JEUNE SocRATE : C'est encore là une des anciennes traditions.

L'ÉTRANGER : Il est évident, Socrate, que la reproduction des uns par les autres n'était pas dans la nature d'alors, mais que les hommes revenaient du sein de la terre qui les avait reçus; c'est là ce qu'il faut entendre par cette race de fils de la terre dont le souvenir s'est conservé et nous a été transmis par nos premiers ancêtres.

L'ÉTRANGER : Il n'y avait ni cité, ni mariage, ni famille; les hommes ressuscitaient du sein même de la terre. Ils recueillaient sur les chênes et sur beaucoup d'autres arbres des fruits abondants que la culture n'avait pas fait naître et que la terre donnait d'elle-même. Ils vivaient la plupart du temps nus, errants et sans abris; car la température modérée des saisons ne pouvait les faire souffrir, et ils trouvaient un lit moelleux dans l'épais ^^azon qui sortait de la terre. Telle était, Socrate, la vie des hommes au temps de Kronos. Quant à celle à laquelle préside Jupiter, c'est celle de notre temps; tu la connais par expérience.

L'ÉTRANGER : Considérons maintenant la circonstance que nous avons dit être la cause de tous les prodiges.

Le jeune Socrate : Laquelle?

L'Etranger : Celle du mouvement de l'univers qui décrit un cercle tantôt dans le sens suivant lequel il tourne présentement, tantôt dans le sens contraire.

Cf. Ovide, Métaynoiyhoses, XV, 553 : la naissance du légendaire devin étrusque, Tagès. Aux yeux étonnés du laboureur tyrrhénien, une glèbe miraculeuse se meut sans cause apparente, s'élève, revêt la forme humaine et parle.

NOTES et éclaircissements.

Page 99 : L'idée que les os servaient à la reconstitution des corps faisait partie des anciennes superstitions.

C'est ainsi qu'Ovide {Métam.y III, 105) nous montre encore les dents du dragon tué par Cadmus produisant une moisson d'hommes armés de boucliers :

Spargit humi justos^ mortalia sem'ma, dentés. Inde (fide majus!) glehae coepere moveri, crescitque seges clypeata virorum.

Page i04 : Athénagoras déclarait que beaucoup de philosophes avaient enseigné la résurrection; il faisait appel à l'autorité de Platon et à celle de Pythagore.

Cette conception n'était peut-être pas non plus complètement étrangère au stoïcisme. Cf. chapitre VII, page 258, note 4.

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