CHAPITRE IX
Page 309 : l\ était admis que les âmes des grands hommes recouvraient à leur mort la forme parfaite ou sphérique, et allaient prendre rang dans les astres.
Cf. Ovide, Mëtam., XV, 843-850 : Apothéose de Jules César. Vénus
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
descend dans la salle du Sénat; du cadavre encore chaud de César elle enlève son âme, la place dans son sein et l'emporte aux cieux :
Dumque tulit, numen capere atque ignescere sensit, Emisitque sinu. Luna volai altius illa, Flammifcnimque trahens spatioso limite crinem Stella micat.
Page 3H : Les empereurs furent donc honorés comme les parèdres du Soleil.
C'est ainsi qu'on nommait les planètes et les principaux astres. Julien, Le roi Soleil, 16.
Page 319: Tandis qu'on ne trouve rien qui y ait rapport dans les médailles de Constantin, les mots célèbres : Hoc signo Victor eris, se lisent sur celles de Constance.
Ils sont aussi gravés sur les médailles de Vétranion. On y voit son buste lauré; il est revêtu du paludament et de la cuirasse; devant lui brille le soleil levant. Au revers, Vétranion est debout; il tient une enseigne où figure l'emblème solaire, et la légende porte : Hoc signo Victor eris. (Cohen, op. cit., t. VI: Vétranion, n«s 7, 8.)
Page 320 : Nombreuses sont les erreurs commises au sujet de la religion attribuée à une foule de personnages connus ou inconnus, par la persuasion où Ton était que Temblème solaire était un symbole spécial au christianisme.
C'est ainsi qu'on se croit en droit de déclarer chrétiens tous les monuments funéraires sur lesquels on lit que le défunt reposait in signo ^ ou in signo Domini. Toutes les médailles, toutes les armes, tous les cachets, bijoux, coupes, voire même les cuillères, les strigiles, sur lesquels se trouve gravé un des emblèmes solaires auraient appartenu à des chrétiens. Une plaque suspendue au cou d'un esclave porte-t-elle le signe religieux, son maître, affirme-t-on, ne saurait
être qu'un chrétien.
On a pu de la sorte supposer au christianisme une expansion miraculeuse dans l'empire romain.
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Page 326 : Tout, dans les décrets qui émanent de Constantin, dénote un homme qui veut que l'autorité impériale soit obéie partout, même dans les églises.
Dans nos Études au sujet de la persécution des chrétiens sous Néron (page 274, note 1), nous avons écrit : " Quand on considère le grand développement des confréries de Mithra dans Tempire romain, quand on songe que toutes les confréries d'un même culte avaient généralement un point commun d'attache et de direction, il semble que les sectateurs de Mithra devaient relever de l'autorité et de la direction de grands pontifes persans. Le gouvernement romain n'eut probablement pas lieu de s'inquiéter de cette situation tant que dura la domination des Parthes, qui furent en mauvaise intelligence avec les prêtres mazdéens. Mais il serait difficile d'admettre qu'après le renversement des Arsacides et le rétablissement et la réorganisation du pouvoir du clergé persan par Ardeschir, les empereurs ne virent point dans ces mystérieuses affiliations de soldats de Mithra la constitution d'une puissance occulte et considérable dans leurs États au profit des rois sassanides.
" Quand donc on voit Constantin réunir à Nicée, sous sa présidence, un concile d'évêques pour organiser une religion d'État et établir un symbole de la foi emprunté aux doctrines platoniciennes, on est amené à se demander si ce prince, en agissant ainsi, n'a pas eu entre autres buts celui de soustraire le monde romain à l'influence du mazdéisme."
Il est certain que Constantin n'aurait pu tolérer que les prêtres et les initiés d'un culte professé dans ses États relevassent de l'autorité d'un monarque étranger et son rival. Mais en suivant alors l'opinion généralement admise que pour établir une unité religieuse, corollaire de l'unité administrative, Constantin ait voulu faire du christianisme une religion officielle, nous avons commis une erreur.
L'étude plus approfondie de son règne montre que le but constant de sa politique, depuis l'édit de Milan jusqu'à sa mort, fut l'ordre et la soumission partout. Or, en violentant les consciences il eût créé le trouble au lieu de la paix qu'il désirait. La tolérance des doctrines, l'apaisement des querelles, et en même temps la rigueur à l'égard des perturbateurs, furent les moyens qu'il employa. Loin d'avoir été possédé du zèle religieux, il semble avoir été un sceptique.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
L'unité religieuse, c'était lui-même qui la constituait par son caractère de grand pontife de tous et de parèdre du Soleil. Il se déclara en cette qualité le chef et le protecteur des divers cultes pratiqués dans l'empire, qu'ils fussent gréco-romains, égyptiens, chrétiens ou mazdéens. C'est pourquoi il fut honoré et flatté par tous; et d'innombrables médailles le montrent associé par la reconnaissance publique à Jupiter, Apollon, Mars, Hercule, Isis, ainsi qu'à Mithra. Il n'aurait pas eu une telle unanimité de louanges s'il se fût montré le champion d'un culte contre les autres.