I . — u Mon Dieu! Ursule, Je suis faligii6ej InisnC-Tnai i
■ reposer. M
W Ce mot de tendresse qu'elle dtait venue demander coimne
■ unique récompense de son douloureux dévouora«nt no fnl , prononce, La vieille aveugle s'endormit en repoussnnt la maiâ que sa fille lui tendait. Mois entre les denx ndenu!C de $«rjf< verte de l'alcôve, il y avait un Christ en bois brttni par le temps. Ses pauvres mains, que nul ami ne voulait presser
la terre, Ursule les tendit vers son Dieu,ot,a'agenonillaDt prM r du lit de l'aveugle, elle pria longtemps.
Depuis lors, Ur.sule devint plus pâle, plus silencieuse, plus .immobile que jamais. Les nouvelles larmes emportèrent te 1 dernières traces de sa jeunesse et de sa beauté ; elle vieillit pn \ quelques jours.
A personne maintenant elle ne pouvait plaire
K «lie pu, Ursule ne l'eftt pas désiré, u Tout est dit I » ^;iît tlM
ihrase qu'elle avait déjà prononcée; mais, cette Fois-l&, dlï
lavait tristement raison, tout était dit pour elle.
In n'entendit plus parler de Maurice d'Erv»), Ursnb l'avait plu comme un i;;'racieus tableau dont la mâlsnoolit! aVU uson âme; en s'éloignant, les couleurs du tableau pâlireni, is s'cfifacèrent. Il oublia.
Hélas! que de eboses s'oublient dans la
urqu
\ UâtlË
APPENDICE 3lî
a permis que, pour bien des cœurs, ramoUr s'éleig'nît par bitude de se voir, n'a-t-il pas du moins accordé à ceux qui éparent la faculté de se pleurer long-temps? Mon Dieu ! la que tu as faite est souvent bien triste !
\n an après ces événements, la mère d'Ursule tomba maî. Son mal n'était pas du g-enre de ceux pour lesquels il te des remèdes : c'était la vie qui s'en allait sans secousse, 5 déchirement. Ursule veilla près du lit de sa mère, puis ; son dernier soupir avec sa dernière bénédiction.
- « A ton tour, Marthe ! dit Ursule, notre mère est près de inaintenant, conduis-la vers Dieu ! »
uis elle vint s'agenouiller près du vieillard qui restait seul, î lui fit prendre le deuil sans qu'il parût sans apercevoir : s le deuxième jour après la mort de la pauvre aveugle, nd on eut enlevé le fauteuil où elle était restée assise tant mées près de son vieux mari, le vieillard se tourna vers la ;e vide et cria : a Ma femme ! » Ursule lui parla, essaya e distraire, il répéta : « Ma femme ! » et deux larmes rount sur ses joues. Le soir on lui porta sa nourriture ; mais étourna la tôte et, d'une voix triste, les yeux fermés sur la ;e vide, il dit encore : « Ma femme ! »
Irsule, au désespoir, essaya tout ce que sa douleur et sa iresse purent lui suggérer... le vieillard idiot, penché vers droit où était le fauteuil de l'aveugle, et refusant toute Liriture, les mains jointes, regardait Ursule en répétant ime un enfant qui supplie pour obtenir ce qu'il désire : [a femme! «
Jn mois après il se mourait.
\. ses derniers instants, quand le prêtre appelé près de lui
ya de le faire penser à Dieu, son créateur, un moment
it où cette intelligence mourante parut se raminer, car le
ard joignit les mains et regarda le ciel. Mais une dernière
il s'écria : « Ma femme » comme s'il l'avait vue planer au-
j de sa tête.
lii moment où l'on emporta de la petite maison grise le cer-
3 I 2 SAINTR-nBUVB
ciieil de son père, Ursule murmura : « Mon Dieu j'avais n qu'ils vécussent plus longtemps I »
Kt Ursule resta seule pour toujours.
Tout cx*la s'est passé il y a bien des années. Il m*a fallu ter la petite ville de X. .., quitter Ursule. — J'ai wojasçé. évoncmonts so sont succédé dans ma vie, sans effacer de souvenir l'histoire de cette pau^T0 fille. Mais Ursule, co ros âmes brisées qui refusent toute consolation» se fatig*! m 'écrire. Aj)rès de vains efforts pour la porter à pleur loin avec moi, j'ai perdu sa trace.
Qu'est-elle devenue? Existe-t-elle ? Estelle morte?
Ilélas ! la pauvre fille n'a jamais eu de chances heure je crains qu'elle ne vive encore!
Ce simple récit est fini. — Peut-être ne pourra-t-il i d'intérêt que pour ceux qui ont connu Ursule; peut-êt tableau fidèle de cette vie de souffrances n'apportera-t-il q moment d'ennui aux heureux de ce monde... Mais lor? pour secourir le malheur, quelques pag'es ignorées, écri l'écart, durent se changer en humble offrande, cette triste ioire revint à ma mémoire. Je me suis dit : « Pauvre f dont la vie fut inutile, dont le dévouement fut sans n c[ue le récit de tes larmes devienne l'obole offerte au i la Morte ou vivante, Ursule ! que ton âme ait un mouvem joie... Ce que tu as souffert apportera une aumône à ceus pleurent aujourd'hui comme tu pleurais autrefois, et t aumône, quelque humble qu'elle soit, fait un peu de bien la terre et ne s'oublie pas dans le ciel. »