‹ Études d' histoire romantique: documents inéditsChapitre 4 sur 45 · ET UES FEMMES Q · texte numérisé non relu

ET UES FEMMES Q

qu'elle avait été la dernière muse de René vieillissant, et qu'elle le documentait volontiers sur la partie secrète de ses relations avec lui. — Pareillement, s'il cultiva pendant quelque temps la marquise de Castries, c'était bien moins à cause de son roman avec le fils de Metternich qu'à cause de sa liaison avec Balzac — son ennemi juré depuis Volupté. — Enfin, s'il ne cessa de fréquenter Louise 3let, malgré le peu d'estime qu'il avait pour son talent H pour sa personne, c'est qu'elle ne tarissait pas sur le ^mpte de Victor Cousin dont elle avait été la maîtresse, i su de tout le monde, et à qui il avait servi plus d'une )is d'intermédiaire ou de messager au beau temps de sa assion (i) pour elle. — Quant à M™<îd'Agoult qu'il nomlait sa « belle Marie » et qu'il définissait un jour : maigre et idéale, une âme et des cheveux I » si elle lui ait chère pour plus d'une raison, il la rechercha pour le autre encore, à partir du jour où Lamartine trôna lez elle.

Sainte-Beuve, en matière de critique, agissait d'après même principe que la police en matière criminelle : i toute vie, en toute œuvre, il cherchait la femme, et il itait jamais plus heureux que lorsqu'il lui arrivait d'apendre ou de découvrir le nom de celle qui avait inspiré lelque grand écrivain de Tantiquité ou de nos jours. ouvre ses Cahiers et je lis, page i65 : « Salluste, qui

(i) Cf. à cet égard l'article de M. Félix Chambon intitulé : Deux pasms d'un philosophe^ public par les Annales romantiques de juin-juillet o4*

fait tant de parade d'austérité et de vertu dans ses toires, fut surpris en flagrant délit d'adultère par Ar Milon, qui le battit et le rançonna. r> Si j'ouvre à prt sa correspondance^ je trouve, à la date du 2 juillet i une lettre de lui à Guttinguer, dans laquelle, parlai M*"® Desbordes- Valmore, il dit : « Je ne savais pas ce fût pour le Loup (lisez Henri de Latouche) que la lombe avait tant gémil » Et ceci n'est rien. On sait quelles délices il révéla, d'après un passage inédit Mémoires d'outre-tombe, le nom de la belle duchesse Chateaubriand avait rejointe à Grenade, à son retoi Jérusalem; — avec quelle joie maligne il dénonça amis de Victor Hugo d'abord, à tout le monde ens l'intrigue amoureuse que le poète des Chants du cré cule avait nouée avec Juliette Drouet; — sur quel de persiflage, après la mort d'Alfred de Vigny, il f de ses amours avec Marie Dorval!... En découv ainsi les faiblesses de ses contemporains, Sainte-Bi avait évidemment pour but de faire excuser les sien Non qu'il en rougît, il avait plutôt tendance à s'en g fier, si Ton s'en rapporte au Livre d'amour y mais il tait pas fâché tout de même de prouver aux « marchî de morale » qu'il n'était pas seul à avoir cueilli des r dans le jardin d'Epicure.

Et voilà qui nous explique pourquoi l'admirable traitiste des Lundis excella surtout à peindre la feir

— « Avez-vous donc été femme, Monsieur, pour tendre nous connaître?

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