‹ Etudes d'hygiène publique. v.2, 1888 (volume 2)Chapitre 2 sur 20 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Depuis une vingtaine d'années la méthode suivie dans l'étude des questions d'hygiène publique a subi une transformation radicale. Comme toutes les autres parties de la médecine, l'hygiène rationnelle de la cité ou de l'individu n'est plus qu'une application rigoureuse des sciences d'observation. Partir, ainsi qu'on le faisait naguère, d'un petit nombre de préceptes, établir à priori des règles générales de salubrité et agir en conséquence, c'était faire fausse route, et, bien souvent, les résultats se chargèrent de démentir les déductions d'une logique parfaite en apparence. On finit heureusement par comprendre qu'il n'était possible d'arriver au progrès qu'en suivant avec rigueur la méthode expérimentale, qu'en essayant, non pas de devancer les faits, mais de les réunir, de les grouper et d'en tirer tous les enseignements qu'ils sont susceptibles de fournir au point de vue pratique.

La notion de la contagion est probablement aussi ancienne que le monde. Les cliniciens et les biologistes de tous les temps se sont fatigués sur la plupart des problèmes qui s'y rattachent : Quelles sont les maladies réellement contagieuses? Comment le sont-elles? Quel est le corpus delicti qui, passant d'un organismeà l'autre, détermine partout les mêmes désordres, laisse partout les mêmes traces? Il faut dire qu'en dehors de certains cas où l'évidence sautait aux yeux, on n'avait jamais trouvé que des solutions incertaines et provisoires. On voyait, dans l'exposé des faits et l'éclosion des doc-

Page 1