ET DES MESURES QU*IL CONVIENDRAIT DE PRENDRE
POUR l'enrayer (1)
Dans une de nos dernières séances, — séance du 29 février, — j'ai appelé Tattention du Conseil sur Textension toujours croissante de la diphtérie à Paris (2) et sur la nécessité de prendre des mesures contre elle. Permettezmoi de venir aujourd'hui vous donner la preuve de ce que j'ai avancé.
Tout d'abord, je ferai remarquer que les médecins qui exercent depuis longtemps à Paris ont été frappés de l'augmentation du nombre des cas de diphtérie ; la plupart de ceux que j'ai interrogés sont unanimes sur ce point. Aujourd'hui, on voit l'affection se déclarer à des époques de Tannée où, antérieurement, elle n'existait presque
(1) Ce rapport adressé à M. le Préfet de police, président du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine a été lu dans la séance du 18 avril 1884.
(2) Je crois devoir rappeler que mon collègue et ami M . le D' Ernest Besnier signalait déjà, il y a plusieurs années, l'augmentation progressive de la diphtérie à Paris. (Comptes rendus de la commission des maladies régnantes faits à la Société médicale des hôpitaux, passim.) De son côté, M. le D'" Jules Worms insistait en 1878, au Congrès international d'hygiène, sur l'extension de cette maladie dans les principales villes d'Europe.
jamais; des quartiers, restés longtemps à peu près indemnes, sont intéressés pour ainsi dire d'une façon périodique. Afin de mieux mettre en relief cette augmentation constante de la diphtérie, je donne le tableau suivant, que je dois à l'extrême obligeance de M. le D"" Jacques Bertillon, chef des travaux de la statistique municipale de la ville de Paris,
Décès par croup, diphtérie, survenus à Paris.