‹ Etudes d'hygiène publique. v.2, 1888Chapitre 15 sur 26 · ET SA PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

ET SA PROPHYLAXIE

NOTIONS RELATIVES A LA GENESE ET A LA CONTAGION DE LA FIEVRE typhoïde. — LE BACILLE D'ÉBBRTH. — CONTAMINATION DES EAUX POTABLES. — STATISTIQUES COMPARATIVES DE LA MORTALITE A PARIS, VIENNE ET MUNICH. — FAITS ADMINISTRATIFS RELATIFS A L'INFLUENCE DES BAUX. — MESURES A PRENDRE.

Chaque fois qu'une épidémie de choléra semble menacer Paris, ropiniori publique s'émeut, souvent même trop vite ; toutes les mesures rationnelles ou supposées telles sont prises par les administrations avec un louable zèle ; contrairement à ses habitudes, le public lui-même se montre, non pas l'adversaire, mais l'auxiliaire parfois trop zélé des fonctionnaires. Le choléra est un fléau assurément redoutable, mais si Ton comptait bien les victimes qu'il a faites dans ses différents passages chez nous, je crois qu'on s'apercevrait bientôt qu'elles sont en réalité moins nombreuses que celles d'une maladie dont on se préoccupe peu, que l'on considère comme un hôte obligé de nos grandes cités ; je veux parler de la fièvre typhoïde. On la connaît si bien qu'on ne la craint pas. En est-elle

(1) Ce rapport a été lu au Conseil d'hygiène le 26 mars 1888.

moins redoutable pour cela ? Il faudrait être bien hardi ou plutôt bien ignorant pour le dire, car il n'y a peut-être pas de maladie qui indépendamment des désastres correspondant à la période aiguë, ait détérioré plus de constitutions ; il n'y en a pas qqi se propage avec plus de sûreté de maison à maison, de quartier à quartier. Elle existe tous les ans, tous .les jours. On en guérit souvent, c'est pour cela qu'on n'y prend pas garde. Il faut dire aussi que ses causes réelles étaient si mal déterminées qu'on ne pouvait guère conseiller à propos de la prophylaxie que des mesures banales d'aération, d'assainissement général, qui ne prévenaient pas les cas sporadiques et n'enrayaient pas davantage les épidémies.

Aujourd'hui, l'expérience a parlé. L'hygiène publique a réussi à faire disparaître en grande partie le typhus exanthématique de villes populeuses dans lesquelles il avait pris droit de cité depuis une époque immémoriale. Il ne nous est pas permis de considérer cet enseignement comme non avenu, de persister dans notre fatalisme traditionnel. Une maladie qui, en 1882, a enlevé à Paris seulement plus de 3,000 individus dans la force de 1 âge, qui en enlève plus d'un millier dans les années les plus favorables, une maladie de cette nature-là est un ennemi terrible s'attaquant aux forces vives de la nation et contre lequel on doit lutter avec toutes les armes dont l'expérience a prouvé l'utilité, sans se préoccuper des difficultés et des dépenses pécuniaires que peut nécessiter leur emploi.

J'ai dit que les causes réelles de la fièvre typhoïde avaient été ignorées pendant longtemps. La chose est facile à expliquer, car il n'y a guère plus d'un demi-siècle

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que la phase d'incertitude nosographique est finie, et qu'on décrit sous le même nom une maladie que tous les médecins savent reconnaître. Il est probable qu'elle existait, comme la plupart des maladies, depuis l'origine du monde, mais Tinterprétation et le groupement des faits varièrent au hasard des opinions systématiques des écoles. Je n'ai pas l'intention de tracer ici Thistorique des premières tentatives d'individualisation faites à propos de cette maladie. Jusqu'à Louis (1), l'opinion commune des médecins n'était pas fixée. Ce fut lui, seulement, qui montra, après cinq ans de recherches opiniâtres, les rapports qui existent entre les lésions et les différents phénomènes observés pendant la vie ; ce fut lui qui établit d'une manière définitive l'unité du processus sous l'apparente diversité des formes.

La fièvre typhoïde fut considérée dès lors comme une pyrexie spéciale et autonome. C'était un premier pjoint ; restait à savoir ce qui pouvait produire ou favoriser son développement. Louis avait étudié la maladie en médecin plutôt qu'en hygiéniste ; il voulait guérir le malade ; la connaissance des circonstances capables de l'éclairer dans le traitement l'intéressait surtout. Il détermina pourtant l'âge de la vie particulièrement favorable à l'éclosion de la pyrexie dont il venait d'établir l'entité, ainsi que les conditions de santé générale qui semblent y prédisposer.

Les causes occasionnelles que l'on incriminait alors se

(1) Louis (P.-Ch.-A.). Reclierches anatomiques, pathologiques et tld* 7'apentiqiies sur la maladie connue sous le nom de g astro- entérite, fièvre putride f adynamique, ataxique, typlwïde, ete., etc., comparée avec les maladies aiguës Us plujt ordinaires, — Paris, 1829, 2 vol. in-8** ; 2' édition, 1841.

réduisaient à des causes banales^ telles que la misère^ le surmenage physique ou moral, Tencombrement, etc. Quelques auteurs admirent même que la maladie pouvait naître spontanément. On vécut longtemps sur ces idées, bien que plusieurs observateurs, spécialement des médecins de province, eussent parlé de contagion. Ceux-ci avaient vu des faits dans lesquels la transmissibilité-semblait évidente, mais ils avaient contre eux la quantité considérable d'observations recueillies dans les grands centres, où il est presque toujours impossible de savoir de quelle manière s'est faite la contamination, même pour les maladies les plus manifestement contagieuses. Tout d'abord, on écouta leurs dires avec indifférence et scepticisme. On finit cependant par se rendre à Tévidence et par admettre que la fièvre typhoïde peut se communiquer. Mais comment? Sur ce point, les avis furent partagés. On invoqua successivement le contact direct du malade, celui des objets contaminés par lui, l'infection médiate comme dans les fièvres éruptives, etc. La même diversité d'opinion se manifesta quand on voulut déterminer la nature de l'agent infectieux. D'où venait-il ? On parla d'abord des matières organiques, quelles qu'elles fussent, en voie de putréfaction. Puis Murchisson (i) fit un nouveau pas. Il déclara que les matières fécales seules donnaient la fièvre typhcTide, L'idée était vraie, mais elle ne l'était pas toujours ; les détritus de cette nature ne pouvant produire la maladie que s'ils en renferment les germes, c'est-à-dire que s'il y a, dans la masse des ma-

(1) MUECHISSON. MedicO'chir. Trans. march,, 1858 et A Trcatise on the continued fevers of Oreat Britain, 1862, et 2' édit., 1873 ; traduction française, 1878.

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tières incriminées, des selles de typhoïdes. Budd (I) a eu le mérite. de proclamer le premier cette opinion et de la prouver.

Les deux médecins anglais que je viens de nommer démontrèrent par de nombreuses observations que les épidémies de dothiénentérie sont dues à la contamination de l'air et surtout des eaux potables. Ces faits sont trop connus pour que j'aie besoin de les rappeler. Je reviendrai, du reste, plus loin, sur le rôle prépondérant que jouent les eaux potables souillées par les déjections des sujets atteints de fièvre typhoïde dans le développement de cette maladie.

A peu près vers la même époque, surgissait en Allemagne une autre théorie tenant particulièrement compte des conditions telluriques et sur laquelle on a beaucoup discuté depuis vingt ans. En 1865, Buhl (2), et trois ans plus tard Pettenkofer (3), reprirent la méthode des anciens épidémiologistes, mais avec des moyens d'étude plus rigoureux, des théories moins vagues que celles des derniers siècles. S'appuyant sur des recherches statistiques faites à Munich dans le cours de plusieurs années, ils établirent que l'augmentation du nombre des cas de fièvre typhoïde et des décès par cette maladie, était en raison directe de l'abaissement de la nappe d'eau souter-

(1) Budd, The Lancet, 1856, t. II, p, 618 et 694 ; 1859, t. II, p. 41, etc., et On Typhoidfever, 1 vol. in-8o, 1874.

(2) Buhl. Ein JBeitrag zur Stiologie des Typhus (Zeitschrift filr Biologie, 1865, t. I, p. 1.)

(3) Pettenkofer. Ueher die Schwankungen der Typhussterhliehheit in Munwhen von 1860 his 1867. [Zeitsch. fur Biol\ 1858 ; et UeUr die y£tiologie des 2'yphus, Miinschen, 1875.)

raine. Les deux auteurs ne virent dans cet abaissement qu'une cause d'insalubrité du sol, une circonstance capable d'engendrer un germe d'une nature spéciale. Les matières organiques qui se trouvent dans les couches supérieures subiraient, après le retrait des eaux, des transformations de toute nature, nuisibles pour la plupart. Des effluves empestées s'exhaleraient à la surface du sol qui resterait insalubre tant que le niveau de l'eau ne s'élèverait pas de nouveau. On ne tarda pas à s'apercevoir que cette théorie miasmatique avait des points faibles. Le fait était acquis, mais l'explication était hasardeuse. Liebermeister (1) en donna une autre plus simple et plus plausible. Il existe, fait-il remarquer, des communications constantes entre la nappe d'eau souterraine et les puits ou les sources. Que le niveau de cette nappe s'abaisse, les eaux qui imprègnent les couches supérieures du sol viendront remplir le vide et amèneront avec elles les éléments infectieux dont elles sont souillées. Il en résultera une contamination des puits et des sources.

Il faut dire que, même formulée de la sorte, cette théorie ne paraît pas expliquer tous les cas. Ses bases furent discutées. Le docteur Albin (2) montra, au moyen de statistiques recueillies à Berlin et même à Munich, que certaines épidémies avaient coïncidé avec l'élévation de la nappe d'eau souterraine. Un pareil fait fut observé à Bâle (3), etc.

(1) LiEBERMElSTEE. DeuUche Kllnlk, 1866, iV- 10.

(2) Albin. Zelùichrift fur Upidemiologie, 1S7^, p. 270.

(3) LiÈBEBMBiSTEB. Zleinsen's Handluch der speciellen Patlwlogie U7id Tiverapie, 1874, vol. II.

MosNY. L'eau potable à Vienne et la fièvre typhoïde. (Revue d'hygiène, 1888, p. 18.)

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Quoi qu'il en soit, il semble bien établi que l'abaissement de la nappe d'eau souterraine favorise le développement des épidémies de fièvre typhoïde, mais que cette cause est impuissante à les expliquer toutes.

En définitive, deux théories restaient en présence, et encore étaient-elles devenues bien peu différentes, par suite des transformations qu'elles avaient subies : celle de Pettenkofer, bientôt modifiée par Liebermeister, qui voit dans l'abaissement du niveau de l'eau souterraine moins une cause d'insalubrité du sol, qii'une cause de pollution des sources, et la théorie courante qui met tout à l'actif des eaux potables, qu'elles coulent au-dessus ou au-dessous du sol. Les faits sont acquis et les différences d'interprétation si faibles qu'il n'est vraiment pas difficile d'établir la prophylaxie sur des bases capables de donner satisfaction à tout le monde.

Depuis quelque temps,une nouvelle notion d'importance capitale a été introduite dans la discussion. On admettait la spécificité de la maladie, mais on ne connaissait pas l'agent, dont l'introduction et la multiplication dans l'économie la produit le plus habituellement, je veux dire le bacille typhoïdique. C'est dans une série de mémoires publiés dans les Archives de Virchow et dans le Recueil de Volkmann (1880 à 1881) qu'Eberth le décrivit pour la première fois. Cette étude fut complétée trois ans plus tard par Gaffky ; il fit des cultures et donna les véritables caractères biologiques du microbe, qu'on appelle justement aujourd'hui bacille d'Eberth et de Gaffky. Ces études et beaucoup d'autres ont été complétées et contrôlées chez nous dans un travail récent et remarquable à tous points

de vue de MM. Chantemesse et Widal (1). Il est bien acquis que la dothiénentérie est due à la présence d'un bacille unique, spécifique qui peut présenter dans la forme des variantes légères, susceptibles d'être ramenées à trois types principaux.

Ce germe jouit d'une mobilité extrême, il est facile à cultiver ; ses spores résistent longtemps aux causes générales de destruction des germes organiques, aux températures de 60, 70, 80 et 90° même ; elles ne sont tuées qu'à 100®; la congélation de Teau, Texposition à la lumière n'ont aucune action sur elles. Cette vitalité et cette résistance seraient telles que la diffusion des germes typhoïdiques sur un sol rendrait dangereuses les plantes mêmes qui y poussent. A Tune des dernières séances du Conseil, le danger de contamination par les légumes préoccupait à tel point M. Schlœsing, qu'il proposait de laisser sans culture le terrain destiné à Tépandage des eaux d'^gouts, de créer aux environs de Paris d'immenses champs de microbes , dont l'accès serait sans doute rigoureusement interdit au public.

Je rappellerai, pour terminer ce rapide exposé, que la démonstration et le contrôle expérimental qui avaient manqué longtemps sont aujourd'hui un fait acquis. On ne connaît point dans les différentes espèces animales d'affection qu'on puisse réellement assimiler à la fièvre typhoïde humaine. Lorsqu'on voulut faire des tentatives d'inoculation, on se trouva en présence de cette immunité ;

(1) Chantemesse (A.) et Widal {F.). Bêcher cJies sur le hacilîe typhlque et Vétiologic de la fièvre typhoïde. {Arch. de phys. norm. et patholog.y 1887, t. IX, p. 217.)

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on introduisit par différentes voies des matières fécales infectées, on produisit quelquefois des accidents, mais ces accidents ne rappelaient le typhus abdominal ni par la marche clinique, ni par les lésions qui les suivaient. L'injection de cultures bacillaires réussit seule à produire chez les souris et les lapins une septicémie particulière avec hypertrophie de la rate et des follicules intestinaux et parfois même ulcération de ces derniers. MM. Chantemesse et Widal (1) sont allés plus loin; ils ont réussi à conférer rimmunité en injectant des cultures stérilisées ; chez les animaux traités préalablement de la sorte, l'introduction ultérieure dans l'économie d'éléments virulents restait sans effet. Il s'agirait donc là d'une véritable vaccination dont les agents seraient, d'après les auteurs que je viens de nommer, des substances solubles élaborées par les bacilles eux-mêmes.

On a trouvé ces bacilles un peu partout dans l'économie : dans les plaques de Peyer, le foie, la rate, les reins, etc. S'ils y restaient, la maladie, tout en conservant sa gravité pour les individus, serait à coup sûr moins menaçante au point de vue des épidémies. Ils y restent relativement longtemps, et c'est peut-être là une des raisons pour lesquelles on a tant hésité à reconnaître le caractère contagieux de la maladie pendant une certaine période. Le typhus abdominal ne fait point exception (2) à

(1) Chantemesse et WidAl. De Vlmmunité contre le xirus de la fièvre typhoïde conférée par des substances solubles. {Annales de Vinstitnt Pasteur, t. II, 1888, p. 64.)

(2) Wyssokgwitsch. Ueber die Sckicksale dcr %ur JBlut insiarten Microorganismen im Kôrper der Warmbliiter, (Zeitschr. fur Hyg, Helft I, vol. I.)

la loi formulée par Wyssokowitsch, à propos des microbes morbigènes. Ces microbes ne s'éliminent pas par les voies d'excrétion ordinaires. Après avoir pullulé, ils sont détruits dans les tissus et disparaissent par résorption cellulaire. Dans les premiers jours de la maladie, ni les selles, ni les urines n'en renferment ; celles-ci n'en renfermeraient même jamais s'il ne survenait pas d'altération du rein ; et dans les selles, l'apparition des bacilles est contemporaine du développement de cette ulcération caractéristique qui a servi naguère à individualiser anatomiquement la fièvre typhoïde. La petite perte de substance qui correspond à chaque plaque de Peyer, à chaque follicule clos, est une sorte d'émonctoire pour 1 élément nuisible ; à ce titre^ elle est peut-être utile au malade, mais en revanche, l'élimination est dangereuse pour autrui. C'est grâce à elle que les selles sont infectées, que des germes pénètrent dans le sol, souillent les eaux et sont peut-être, comme le disait naguère un poète à propos de la peste, transportés au loin sur Faile rapide des vents.

Une autre propriété, un autre danger de ces éléments, c'est leur vitalité même. MM. Chantemesse et Widal ont encore obtenu un résultat positif par la culture de parcelles d'une garde-robe datant de quinze jours.

Les recherches bactériologiques ont donné une confirmation éclatante aux idées de Budd qu'elles expliquent ; elles expliquent aussi les catastrophes, les épidémies de maisons, les propagations à distance. Que les pluies charrient des éléments infectieux déposés à la surface du sol, ou que les fosses non étanches leur permettent de gagner la nappe d'eau souterraine, l'agent est toujours le même, son mode d'action reste le même.

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Mais comment va-t-il pénétrer dans Téconomie ? Il est bon, je crois — et malheureusement c'est toujours le desideratum en épidémiologie — d'admettre des prédispositions accidentelles développées chez un grand nombie d'individus par des influences que nous ne connnaissons pas. Les anciens parlaient de génie épidémique ; l'expression indéterminée sans doute convenait parfaitement pour caractériser ce petit coin de l'inconnu qui constitue en pathologie les prédispositions.

Dans certains cas, 20 individus prennent des germes morbigènes à la même source, 10 soril gravement atteints ; dans d'autres, 19 braveront impunément l'action de cette cause. Mais est-ce parce qu'elle n'agit pas toujours avec la même énergie qu'il faut la négliger ? Ce serait une bizarre hérésie de le croire. Les conditions somatiques ou mésologiques qui créent la prédisposition et la réceptivité sont incapables de produire la maladie tant que le germe spécifique n'est pas là. En 1856, Budd (1) insista sur ce point avec une lucidité et une précision qui rendaient, dès cette époque, bien difficile la réfutation des idées qu'il émettait. Si des deux ordres de causes, les unes, les causes prédisposantes, sont hors de notre portée, c'est une raison de plus pour combattre les causes déterminantes avec toutes les armes que nous fournissent l'hygiène publique et l'hygiène privée.

Cet ennemi invisible qui constitue le microbe typhoïdique nous menace à chaque gorgée d'eau que nous buvons,

(1) Budd. The Lancet, 1856, t. II, p. 618 et 694. — Dans cette publication, Budd ne parle pas encore de la transmiBsibilité de la dothiénentérie par les eaux que des déjections typhoïdiques auraient souillées ; ce n'est qu'en 1859 qu'il en a signalé l'influence.

à chacune de nos inspirations. Il peut s*introduire dans récûnomie par inoculation directe ; c'est une éventualité rare. On a vu des étudiants ou des médecins prendre une fièvre typhoïde expérimentale dans une autopsie : on a vu la même chose arriver à des infirmiers par la manipulation des linges souillés ; mais ce sont là, je le répète, des cas rares, si rares qu'il est à peu près impossible de songer à les prévoir dans des mesures générales.

L*inhalation est également possible. Les coups de vent disséminent parfois au loin les bacilles persistants des matières typhoïdiquês qu'on a laissées dessécher à l'air hbre. Dansles grandes villes dont l'arrosage est assuré avec une louable ponctualité, la lance de l'employé du service des eaux est probablement dans bien des cas un véritable pulvérisateur de germes infectieux, maisnous sommes toujours dans Texception. La règle, c'est l'ingestion d*eau contaminée. Ily alongtemps qu'on a remarqué pour la première fois l'action des eaux stagnantes et insalubres sur la santé. « Ceux qui en font usage, disait Hippocrate, ont toujours la rate volumineuse et dure, le ventre resserré, émacié et chaud. » (1)

Nous avons vu comment on était arrivé par l'examen des faits à la concentration des théories, si je puis m'exprimer de la sorte, à l'association étroite de la genèse de la fièvre typhoïde avec la contamination spécifique de Teau potable (2). Puis les observations se sont multipliées.

(1) Hippocrate. Des airs^ des eaux et des lieux. Trad. Littré, t. II, p. 21.

(2) Presqu'en même temps que Budd, et très probablement sans avoir eu connaissance des travaux de celul-ci| un Français, le docteur H. Michel, de Chaumont (Haute- Marne), attribuait à la contamination de l'eau pota-

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Dans sa conférence, si remarquable à tant de points de vue, faite au Congrès de Vienne, à Tautomne dernier, M. Brouardel (1) affirmait qu'il connaissait à ce moment plus de 60 épidémies dont les eaux avaient été Torigine. On savait qu'elles devaient renfermer le bacille comme on savait qu'il était dans les déjections typhoïdiques. Pour atteindre le dernier terme de la précision scientifique on n'avait plus qu'à ajouter à la preuve rationnelle déjà faite la preuve expérimentale, la démonstration microscopique de sa présence. En Allemagne, MM. Michael et Mœrs (2) l'ont en effet trouvé dans des eaux qui avaient donné la fièvre typhoïde. Il a été également rencontré en France par M. Chantemesse dans Peau d'une borne-fontaine, à Ménilinontant (3), dans l'eau du puits de Pierrefonds (4), et enfin dans l'eau du réservoir d'une maison de Clermont-Ferrand (5). Cette fois, je crois que rien ne manque à la preuve.

ble, le développement de la lièvre typhoïde. Vert* 1860, une épidémie de cette fièvre sévissait à Chaumont. La population faisait usage comme boisson de Peau d'un réservoir souillé par une grande quantité de matières organiques amenées des habitations vers le sol. M. Michel réussit à persuader aux autcfrités que cette eau était la cause de la maladie. Son emploi fut Interdit, et à partir de ce moment, la dothiénentérie disparut comme i)ar enchantement. ÇRaudy. Bulletin de VAcad. deméd., 1882, p. 1216. — Mi- CHISL. De r influence de Veau potable sur la santé publique ou Recherches sur Vhygiène, Paris, 1884 ; et Bbouabdel. Revue d'hygiène-^ 1888, p. 54.)

(1) Bbouabdel. Des modes de propagation de la fièvre typhoïde ,\%%7.

(2) Fortschritte der Medicin, 1886.

(3) Dreyfus-Bbisbac etWiDAL. Oaz. Iœbd,f 1886, p. 736.

(4.1 Bbouabdel. Enquête sur V épidémie de fièvre typiioïde à Pierrefonds. {Ann. d'hyg.publ. et de méd. lég , 1887, t. XVII, p. 97.)

(5) Bbouabdel et Chantemesse. Enquête sur Vèpidémie de fièvre typhoïde de Clermont-Eerrand {Ann. d'hyg. et de méd. lég.j 1887, t. XVII p. 385. — Voir aussi : Enquête sur Vorigine des épidémies de fièvre ty-

On connaît Tagent qui engendre la maladie, on la voit se développer chez un certain nombre de personnes qui boivent une eau déterminée, on trouve le bacille pathogène dans cette eau. Il faudrait une défiance bien robuste des faits pour ne pas admettre que dans tous ces cas le germe y est entré par les voies digestives, qu'il y a été introduit avec l'eau bue dans Talimentation, que la contamination antérieure de cette eau a été la cause effective de la dissémination de la maladie.

J'ajoute : il est probable que, dans les grandes villes au moins, les choses se passent souvent, sinon toujours, de la même manière (i).

Il y a deux ans à peine que les recherches bactériologiques ont été entreprises sur les eaux avec une technique convenable et déjà les objections commencent à surgir.

phoïde surveimes danè les casernes de Lorienty par les mêmes auteurs. [Ibid., t. XVIII, p. 49.)

(1) Je ne puis rappeler tous les travaux relatifs à l'étiologie de la fièvre typhoïde. Je me borne à citer les plus importants et les plus récents. — Bouchard. Etiologie de la fièvre typlwïde, 1877. (Congrès médical et international de Genève. — Discussion entre MM, Bouley, Noël Guéneau de Mussy, Bouchardat, Jaccoud, Chauffard, J. Guérin. {Bull, de VAcad. de méd.^ 1877.) — Henri Guéneau de Mussy. Aperçu de la théorie du germe contage, etc. Introduction à l'édition française de l'ouvrage de Murchisson sur la Fièvre typlwïde^ 1878 ; et Be la part des eaux potables dans Y etiologie de la fièvre typhoïde. (Revue d'hyg.^ 1883, p. 1S8.)— Diojfis DES Carrières. Reclierclies ètiologiqnes sur une épidémie de fièvre typhoïde à Auxerre. {Bull, m éd. de VYonne^ 1883.) — Homolle. Article Fièvre typhoïde in Nouveau Bictionnaire de médecine et de chii'urgie pratiques^ 1884, t. XXXVI, p. 509. — Martellière. Be la fréquence et de la ré2?artition de la fièvre typhoïde dans Paris j 1884. — LoNGROis. Bes conditions typJiogènes d'un groupe de maisons à Joigny^lSSQ.YoirV Index bibliographique. — Arnoult (J.). Veau et les bactéries, spéciale- Tnent les bactéries typhogènes. {Revue d'hyg., 1887, p. 27.) — Thoinot. La fièvre typhoïde à Troyes. (Revue d'hygiène^ 1888, p. 128.)

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A côté d'examens qui ont eu un résultat positif, d'autres n'ont rien produit ; ainsi, dans une épidémie récemment observée à Bordeaux, les recherches les plus minutieuses n'ont, paraît-il, permis de découvrir le bacille d'Eberth dans aucune des eaux qui servaient à l'alimentation de la ville (l).Nous ne savons quelle proportion de faits semblables on pourra réunir lorsque les recherches seront notablement plus nombreuses qu'aujourd'hui. Mais ces faits négatifs ne prouvent pas grand chose eux-mêmes, parce qu'il n'est pas démontré que les eaux restent infectieuses, surtout lorsqu'il s'agit d'eaux courantes, pendant toute la durée d'une épidémie. Il est même probable que leur degré de nocivité varie d'un jour à l'autre, d'une heure à l'autre. Que de l'eau soit prise à 100 mètres d'un point où s'est fait momentanément un afflux de liquides chargés de détritus typhoïdiques, elle est infectieuse ; elle le sera moins à 200 lùètres, moins encore à 1 kilomètre ; son degré d'infection variera parce que l'apport d'éléments morbigènes n'est nullement continu. Lorsqu'il s'agit d'un cours d'eau à débit un peu plus fort, qui sème le typhus abdominal sur son parcours, sert de réceptacle à des fosses d'aisance, à des conduites d'eaux ménagères, il n'est nullement extraordinaire que l'apparition du bacille à un point donné soit courte et accidentelle ; ce qui serait extraordinaire c'est qu'on le trouvât toujours à chaque examen comme dans un puits souillé par des infiltrations. Je me résume : La fièvre typhoïde est due à un bacille aujourd'hui connu ; ce bacille transporté au dehors avec les selles des malades continue d'y vivre, arrive aux eaux utilisées dans l'alimentation et rentre avec elles dans

(1) LeBullet(>n médical, 1888, p. 141.

rorganisme d'individus sains. Si Ton veut lutter hygiéniquement contre la maladie, il faut empêcher qu'il y rentre ; il faut donner uniquement comme boisson des eaux non contaminées.

Que la fièvre typhoïde soit fréquente à Paris, tout le monde le sait depuis longtemps. Si Ton avait encore quelques doutes, il suffirait de jeter les yeux sur le tableau suivant (A), dans lequel j'ai indiqué la proportion de décès par fièvre typhoïde pour cent mille habitants, à partir de 1872, à Vienne et à Paris.

A — Nombre^ par 100,000 habitants, des décès par fièvre typhoïde à Paris, à Vienne et à Munich (1).

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(1) Ija courbe, qui correspond à Paris, a été empruntée en partie au

LA FIÉVIIE typhoïde A PARIS 127

A Paris, la courbe montre que de 1872 à 1887 le chiffre annuel des décès, par 100,000 habitants, n'est pas descendu au-dessous de 40 et qu'il s'est élevé à près de 165.

Si nous prenons pour moyenne de la population totale de la ville durant cette période le chiffre de 2,000,000, nous* trouverons que le nombre total des décès a dépassé 22,000 , ce qui donne une moyenne annuelle de plus de 1 ,450 cas mortels. Je sais bien qu'on doit tenir compte des deux ascensions épidémiques de 1876 et 1882, mais rien ne dit que des éventualités semblables ne se produiront pas dans le nouveau laps de 15 ans qui va se dérouler. Je puis ajouter qu'il est au contraire très probable que tout se passera de la même manière si les conditions hygiéniques restent ce qu'elles sont; cela est d'autant plus probable que dans le cours même de Tannée dernière le coefficient de mortalité a été plus élevé qu'il ne l'avait été Tannée précédente et même en 1872, tout au début de la courbe.

J'ai complété ce premier tableau par un autre relatif à Tâge des individus qui ont succombé. Ce tableau fournit une éclatante confirmation à ce que j'ai rappelé après beaucoup d'autres dans la première partie de ce rapport, que les gens arrivés à la période de la vie qu'on peut considérer à certains points de vue comme la plus active (de 15 à 35 ans), payent le plus lourd tribut à la maladie.

travîiil de M. le docteur Jacques Bertillon ; Sur la fréquence de la fièvre typhoïde à Paris, de 1865 juaqn'en 1881. Th. de doct. et Bévue dWii/gièîWf 1883, p. 402, et complétée jusqu'en 1887 au moyen du Bulletin mniiicipal de la Ville de Parix.

B. — Répartition des décès par fièvre typhoïde suioant tes âges et par 100,000 habitants, à Paris.

MortaUU «u dMMM de 15 an« MmUIiW wlrt IStl 55ani Mwtahtc n dMiut de 35 ank

Si nous jetons les yeux sur les deux autres courbes (1) du tableau A, dont la première est relative à Vienne, la seconde à Munich, nous verrons : 1" qu'à Vienne le chiffre de la mortalité pur fièvre typhoïde était notablement plus élevé qu'à Paris ; il Test resté jusqu'en 1875. Cette année-là les deux courbes s'entrecroisent,

(1) La courbe se rapportant à Vienne est extraite du Mémoire de M. Mosny : L'eau potable à Vienne et la fièvre typlioïde. {Revue d'hygiène, 1888, p. 31.)

Quant à celle qui a trait à Munich, elle résulte de statistiques faites par M. O. Bollixgeb: Die Ahnahme des Typhus in MiinscJien.(^Allgem^ ZcitunÇi 21 mars 1885.) Travail anal3'sé dans la Revoie d'hygiène, 1885, p. 436, par M. le docteur Eichabd.

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 129

puis le chiffre de Vienne ne tarde pas à devenir inférieur à celui de Paris et l'est toujours resté ; de plus, il n'y a eu aucune oscillation épidémique notable. En 1886, il n'y avait plus que 10 ou il décès pour 100,000 habitants, tandis qu'à Paris on en comptait encore 55. 2^ Qu'à

Munich il est facile de noter le même phénomène de 1880 à 1884.

Nous arrivons donc à cette première constatation, que deux villes, qui n'étaient pas plus salubres que la nôtre, ont aujourd'hui une quantité beaucoup moindre de fièvres typhoïdes.

Pareille décroissance a été notée à Breslau, à Dantzig, à Francfort, à Stuttgard, à Zurich, enfin, à Londres, ville dans laquelle depuis plusieurs années le coefficient de mortalité oscille entre 10 et 20 pour 100,000 habitants.

Il est probable que ces différences ne sont l'effet ni d'une aveugle fatalité, ni d'un changement dans la direction des vents ; nous pouvons, aujourd'hui, chercher si nous ne trouverions point dans l'histoire d'une ou de deux villes au moins les moyens de les expliquer.

Depuis quelques années l'Administration communale de Munich a fait une véritable révolution relativement à la canalisation du sous-sol. Dans cette ville, les idées du professeur Pettenkofer ont servi de base à toutes les améliorations réalisées : égouts nombreux et à parois imperméables avec provision d'eau suffisante pour que l'écoulement soit bien assuré, fosses d'aisances étanches, nettoyage soigneux des rues et enlèvement bien fait des détritus organiques, abattoirs publics substitués aux tueries des boucheries particulières dont la surveillance était à peu près impossible, etc. Dans toutes ces amélio-

BTGIÈNB PUBLIQUE. II ~ 9

rations les eaux potables ont été laissées au second plan ; les habitants ont continué de boire Teau des mêmes sources et des mêmes puits ; seulement les améliorations ont eu en réalité pour résultat de prévenir toute souillure accidentelle de ces eaux par le fait des infiltrations.

L'eau potable, à Vienne, était fournie naguère par des puits et par le Danube, là quantité d'eau de source était faible ; on remarqua que dans les quartiers alimentés par elle, le nombre des cas de fièvre typhoïde était moindre qu'ailleurs. L'administration adopta des vues différentes de celles qui avaient guidé les hygiénistes de Munich. Elle se proposa d'amener dans la ville une eau salubre, et ne se préoccupa pas du sous-sol. On capta de nouvelles sources d'un débit suffisant ; le service de l'apport et de la distribution fut organisé avec un sens pratique et une activité remarquables. La décision et l'intelligence de la municipalité viennoise ont vite reçu leur récompense ; la mortalité a diminué graduellement pour arriver au chiffre indiqué plus haut. « Voici une rareté pour nous, disait à M. Mosny (1) le professeur Nothnagel, en lui montrant dans son service un malade atteint de fièvre typhoïde, depuis que nous avons Teau de source, et quand par hasard un cas semblable se présente à l'hôpital, je le montre aux étudiants à titre de cas intéressant. Encore dois-je ajouter que le plus grand nombre des cas de typhus abdominal nous vient des environs, plutôt que de la ville même. »

La décroissance de la mortalité par fièvre typhoïde dans les autres villes a tenu à des mesures analogues.

(1) Mém. cité, p. 19.

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 131

 Paris, on a bien fait quelque chose aussi depuis le commencement du siècle pour augmenter la provision d'eau potable, mais aujourd'hui encore le tiers au moins de la population ne boit que de Peau dePOurcq, delaSeine ou de la Marne. Il faut dire, car Tintérêt de la vérité Texige, que ce n'est pas toujours le même tiers ; qu'on choisit à tour de rôle avec une parfaite impartialité les différents quartiers, les parties de la population qui doivent être le plus exposées à la fièvre typhoïde. Il vaudrait sans doute mieux ne choisir personne et réduire au minimum les chances de contagion pour tous les quartiers et tous les individus. Avant qu'on ne fît des recherches bactériologiques sur les eaux, leur différence de qualité sautait aux yeux. A l'exposition d'hygiène urbaine de la caserne Lobau, en 1886, les organisateurs avaient eu Texcellente idée de juxtaposer, dans un même aquarium, divisé en trois compartiments, de l'eau de Seine, de l'eau de la Vanne et de Teau de TOurcq . Le contraste était saisissant: Teaude la Vanne, légèrement opaline dans sa teinte, semblait absolument limpide ; l'eau de Seine était glauque et trouble, mais l'eau de TOurcq !... Et pourtant le spécimen la représentait à son état normal, c'est-à-dire chargée de résidus industriels, servant de véhicule aux matières fécales d'une population fort dense. Il lui arrive parfois des épisodes peu susceptibles de contribuer à 1h rendre plus salubre et à la clarifier ; un bateau conduisant des matières premières à une fabrique de poudrette se perd un jour dans le canal ; inutile de dire qu'on ne songea pas à sauver la cargaison ; mais songea-t-on davantage à retirer de l'alimentation les eaux si malencontreusement contaminées ? Je ne le crois pas. On peut se de-

mander encore aujourd'hui, comme se le demandait dans une communication faite à l'Académie de Médecine, dans la séance du 7 octobre 1884, le D"" Daremberg : « S'il est permis, à la fin du xix* siècle, d'aromatiser avec des matières fécales l'eau que Ton donne à boire et de nous faire résorber nos excréments sous forme de boisson. »

Les eaux distribuées au tiers de la population parisienne sont mauvaises ; l'épithète de répugnantes ne serait assurément pas exagérée certains jours de l'année ; mais cela ne prouve pas qu'elles donnent la fièvre typhoïde. Une enquête absolument démonstrative et portant sur toute l'agglomération parisienne devrait comprendre : l^un plan rigoureusement exact de la canalisation pour les eaux potables avec indication très précise des sources d'où elles proviennent ; 2« des indications chronologiques relatives aux époques à partir desquelles Teau de telle source a été donnée ; 3° le relèvement rigoureux de l'approvisionnement d'eau des immeubles particuliers ; 3® des statistiques partielles de la population sédentaire, c'est-à-dire des gens qui travaillent à leur domicile même, dans leur propre quartier, y prennent leurs repas, et de ceux qui travaillent loin de chez eux et sont, par conséquent, exposés à une double chance de contamination : celle qui existe à leur résidence, et celle qui existe là où ils sont occupés ; 4° des recensements du nombre total de la population plus nombreux et plus rapprochés qu'aujourd'hui ; 5* la date précise des modifications apportées, sans que le public aitété prévenu, dans la distribution des eaux, modification par suite desquelles une maison qui reçoit aujourd'hui de l'eau de la Vanne recevra demain l'eau de la Marne,de l'Ourcqoude la Seine.

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 133

Je n'ose espérer qu'une pareille enquête sera jamais menée à bien. Dans les courbes si ingénieuses dressées par M. Durand-Claye (1), à propos de l'épidémie de 1882, on ne trouverait certainement pas les éléments nécessaires pour répondre à des questions formulées d'après les bases que je viens d'indiquer. Nous sommes obligés de nous tenir sur un terrain plus général, et de rappeler ce que nous avons vu précédemment. A Vienne et à Munich, pour ne citer que ces deux villes, les eaux bues, aujourd'hui, par la population ne sont plus souillées comme celles de Paris ; depuis qu*on a pris des mesures nécessaires à cet égard, la fréquence de la fièvre typhoïde diminue au point qu*il est possible d'en espérer la disparition. Â Paris, nous*sommes dans les mêmes conditions qu'il y a quinze ans à peu de choses près par rapport à l'eau ; la morbidité et la léthalité sont les mêmes, elles sont sujettes aux mêmes épisodes. Il est difficile de ne pas admettre qu'on est arrivé àde pareils résultats dans les deux villes citées en empêchant la pollution des eaux, ou en distribuant des eaux prises au loin et non contaminées.

A défaut de l'enquête générale dont nous parlions pour Paris, nous avons un nombre considérable de faits particuliers dont le rapprochement présente assurément une certaine valeur. En voici un dont j'ai eu personnellement connaissance et à propos duquel Tattention du Conseil a été attirée, il y a une dizaine d'années, par notre ancien collègue Hillairet (2). La fièvre typhoïde était alors une véritable calamité pour le lycée Saint-Louis ; il y en avait

(1) L'épidémie de fièvre typJioïde en 1SS2. Études statistiques, Pari8yl838.

(2) Bapport général nur les travaux du Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine {IS7S'ISS0), Paris, 1884i p. 151 et 157.

presque en tout temps, parfois même les cas étaient assez fréquents pour constituer des épidémies; en 1878, 13 enfants furent atteints dans Tespace de trois mois et 3 succombèrent. On avait jusque-là distribué l'eau de l'Ourcq ; elle fut remplacée par Teau de la Vanne ; depuis lors, la fièvre typhoïde est devenue une rareté dans l'établissement et souvent une année complète se passe sans qu'on en voie tin seul cas.

Le docteur Régnier (1), médecin major au régiment des sapeurs-pompiers de Paris, a publié, sur la fréquence de la fièvre typhoïde dans les casernes de larme, un travail dont on a tiré la courbe instructive suivante :

C. — Courbe fournie par le nombre des cas de fièvre typhoïde des casernes de Sapeurs-Pompiers en 1882.

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(1) BÉGNIEB. Arch, de méd. militaire y 1886.

LA FIÈVRE typhoïde PARIS 135

Supposons qu'on laisse de côté toute la partie graphique de ce tableau, qu'on lise simplement le premier en-tête et qu'on pose cette question : Une épidémie de fièvre typhoïde se développe dans une ville de garnison, quelles casernes seront le plus éprouvées ? Tout le monde répondra à priori^ les plus vieilles, les plus petites, les plus mal emménagées. La caserne de la rue Jean- Jacques-Rousseau est une construction ancienne ; ni Textérieur, ni Tintérieur ne présentent un aspect bien encourageant ; la caserne de la rue Château-Landon est neuve, propre, aérée, coquette et aussi confortable que peut l'être un édifice de cette nature. Et cependant la courbe nous montre qu'en 1882 il y a eu : à la caserne de la rue Jean- Jacques-Rousseau 0,7 0/0 seulement d^individus atteints de fièvre typhoïde sur le nombre total des militaires qui l'habitaient, tandis qu'il y en avait 17 0/0 à la caserne de la rue Château-Landon, chiffre véritablement énorme. La vieille caserne de la rue Jean-Jacques-Rousseau recevait de l'eau de la Vanne, celle de la rue de Château-Landon de l'eau de Marne non filtrée. Cela revient à dire que toutes précautions, prises dans la construction d'un bâtiment destiné à loger un certain nombre d'hommes, sont insuffisantes pour les protéger contre le typhus abdominal, si, avant toute chose, on n'a le soin de ne pas leur en administrer les germes dans l'eau qu'ils boivent,

Si les tableaux de M. Durand-Claye ne permettent pas de résoudre la question des rapports entre la topographie de la dothiénenterie et la distribution des eaux, en revanche quelques-uns jettent sur ce point un peu de lumière. Je lui emprunte les deux courbes ci-après (1).

(1) Dubakd-Claye. Op. cit., tableau XL Consulter aussi : Chants-

ÉTUDES D'HTGIÉNE PUBLIQUE

D. — Mortalité typhoîdique (5 août 1882-24 janvier 1883), par

10,000 habitants.

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Je ne veux pas dire que le parallélisme des deux lignes brisées soit absolument mathématique, leurs oscillations réciproques sont cependant telles qu'on peut aflSrmer sans hésitation que : toutes les fois que la quantité d'eau suspecte (d'Ourcq) distribuée aux habitants augmente, le nombre des décès par fièvre typhoïde augmente également.

UESSB etWroAL (Mémoire cité, p. 289). — Vallin. L'eau de Seine et la fièvre typhoïde. (Rev, d'hyg., 1887, p. 265.) — Bbouabdel. L'eau potable. {Revue seieniifiqv^, 1887, p. 257.) — Chamberland. Le9 divers modes de contagion, {Revue scientifique ^ 1888, p. 329.)

LA FIKVRE typhoïde A. PARIS

Voici le pendant du graphique précédent (1).

Les deux lignes ont été tracées par rapport au nombre de fièvre typhoïde et à la proportion d'eau de source. Celle-ci est-elle diminuée, la fièvre typhoïde augmente ; il n'y a pour ainsi dire pas d'exception à cette règle .

E. — Mortalité typhoïdique par 10,000 habitants (5 août 1882.—

24 janvier 1883).

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Les faits que je viens de relater sont des faits d'observation qu'il me paraît difficile de contredire ; pour nier la

(1) Ibid.

relation on atenté d'en apporter d'autres qui prouveraient le contraire, d'opposer des courbes aux courbes. Dans un article récent, M. Bechmann (1), ingénieur en chef des eaux de Paris, entreprit de démontrer que son service n'était pour rien dans la diffusion de la fièvre typhoïde et de prouver qu'on peut puiser indifféremment à la Seine, à la Marne, à la Dhuys ou à l'Ourcq, sans que la santé publique soit intéressée en quelque manière à cette application inattendue du libre échange. Pour le démontrer, M. Bechmann a donné des tabeaux dont il résulte que pendant les semaines où la population a reçu de l'eau de Seine, on n'a pas eu plus de décès par fièvre typhoïde dans le même arrondissement qu'à un autre moment ; qu'il n'y en a pas eu plus que dans les arrondissements voisins toujours approvisionnés par de l'eau de Seine.

Le savant doyen de la Faculté, M. Brouardel, dont les recherches ont été appliquées avec une telle persévérance à la question des eaux potables, qu'il est difficile de trouver un point sur lequel il n'ait pas formulé une remarque judicieuse ou une réflexion pratique, M. Brouardel (2) a fait observer, comme M. Chantemesse (3), que l'habile ingénieur avait négligé dans ses tableaux des données médicales de première importance, celle de la durée de la période d'incubation (pour la morbidité) et l'époque de la maladie à laquelle surviennent les décès (pour la léthalité). On substitue, je suppose, du l®"" au 15 août, l'eau de la Seine à l'eau de source et on contamine 10 individus ; il y

(1) Bechmann. Les eaux de Paris et la fièvre typhoïde, (Revue d'hygiène, 1887, p. 1030, et 1888, p. 64.)

(2) Brou ABDEL. Bevitsd'hyg,, 1888, p. 51.

(3) Chantemessis. Itevue d'hyg,^ 1888, p. 52.

LA FIÈVRE typhoïde A PARI8 139

a de fortes raisons de croire que le coefficient de la morbidité n'augmentera guère qu'à partir du 18 au 30 août ; celui de la mortalité du 18 au 15 septembre. Des tableaux donnés par M. Chantemesse et dressés d'après le chiffre des entrées dans plusieurs hôpitaux montrant l'augmentation de la fièvre typhoïde à la suite de distribution d'eau, sont bien dans la période que nous venons d'enregistrer.

La démonstration a été complétée par des recherches bactériologiques qui ont fait découvrir à différentes reprises la présence du bacille dans les eaux suspectes (1).

Je ne saurais mieux aborder la prophylaxie du typhus abdominal qu'en répétant et en complétant la conclusion par laquelle j'ai terminé le chapitre consacré à son étiologie.

Du malade atteint de fièvre typhoïde à l'homme sain, voici comment la contamination a lieu. Le bacille morbigène est entraîné au dehors avec les selles, et comme il possède une vitalité énergique il se conserve longtemps ; il est charrié par les eaux et ingéré avec elles. Neuf fois sur dix, la contamination a lieu de cette manière et nulle part elle n'est plus facile, plus imminente que dans la fraction de la population parisienne qui boit de l'eau de rivière.

(1) M. Thoinot a constaté la présence du bacille typhoïdique dans des échantillons d'eau de Seine pris en amont de Paris {BuUetin de V Académie de médecine^ 1887, p. 427) ; M. Lair en a trouvé dans Teau de Seine distribuée dans son quartier {Aniialesde V Institut Pasteur, lSS7t p. 427).

Nous n'avons pour la prévenir dans ce milieu que deux moyens : ou rendre les eaux salubres ou ne pas les donner. Jusqu'à présent je ne crois pas qu'on ait trouvé de procédé pour transformer le liquide vaseux qui se déverse à Tembouchure de la Bièvre, par exemple, en eau limpide et inodore. Il ne nous reste en réalité qu'un moyen : fournir une provision suflBsante d'eau potable. Depuis cinquante ans on a fait dans cette voie des progrès notables ; on pourrait dire qu'à cet égard on est revenu aux saines traditions hygiéniques de l'antiquité. Les Romains, qui ont été nos maîtres en tant de choses, avaient compris aussi bien et mieux que nous l'importance de cet approvisionnement; on admire encore aujourd'hui les restes des travaux gigantesques exécutés par leurs ingénieurs pour assurer ce service. Nous aurions encore beaucoup à faire encore pour les égaler.

. La provision quotidienne actuelle d'eau de source amenée à Paris est d'environ 130,000 mètres cubes (1); elle est insuffisante ; on est obligé de lui substituer de temps en temps de l'eau de rivière et déplus certains quartiers ne recevant que cette eau pendant toute l'année, ce sont évidemment là des éventualités fâcheuses, des causes permanentes ou temporaires des maladies épidémiques.

L'insuffisance dont nous nous plaignons aujourd'hui est-elle aussi réelle qu'on le dit, est-elle inévitable ? Toute l'eau potable distribuée entre-t-elle dans l'alimentation ? Il suffit de poser cette question pour que la réponse se présente à l'esprit. On donne de l'eau sans se préoccuper de ce que pourront en faire ceux qui la reçoivent. Un quartier est-il alimenté par la Vanne ? Les abonnés ont de l'eau de Vanne etn'ont que cela jusqu'au jour où, par suite

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 141

de répuisement de la masse captée ou d'un accident de conduite, on les prévient qu'il n'auront plus à boire que de l'eau de Seine ou de Marne. Encore l'avertissement est-il donné d'une façon discrète par voie de la presse, dans les colonnes des journaux que peu de personnes lisent assidûment.

L'eau potable a servi à tous les usages domestiques, au nettoyage comme au reste, on ne l'épargne pas, on la gaspille même en été. C'est la règle générale, car il y a fort peu de maisons, même dans les quartiers riches, dont les appartements soient pourvus d'une double canalisation et possèdent deux robinets, Tun pour Teau potable, l'autre pour les eaux de nettoyage. Ce serait pourtant l'idéal économique, dans cette question passablement ardue, de ne pas prodiguer.ee qu'on possède, de ne jamais priver personne ni d'une manière continue, ni d'une manière temporaire.

Supposons que sur chaque évier on trouve deux robinets, un tout petit, laissant échapper un mince filet d'eau, et un autre semblable au type aujourd'hui employé. Il y a lieu d'admettre que dans les appartements où la distribution sera faite de cette manière, il n y aura pas de déperdition inutile, par l'excellente raison qu'il faudrait beaucoup trop de temps pour recueillir au robinet minuscule une quantité d'eau suffisante pour un nettoyage même peu étendu. Je crois que si cette double canalisation était employée partout, il n'y aurait plus depuis longtemps de quartiers exclusivement alimentés à l'eau de rivière ; on ne serait plus obligé de la faire entrer chaque année dans la consommation d'une fraction ou d'une autre de la population.

Il paraît qu*il y a des diflBcultés techniques. La pression n'est pas suffisante pour entretenir deux robinets à tous les étages chez les abonnés. J'avoue que je ne comprends pas très bien la valeur de cette objection. L'eau de rivière seule aurait une pression insuffisante. Mais avec la machine élévatoire d'Ivry on arrive à avoir 80,000 mètres cubes d'eau de Seine à une pression au moins égale à celle de l'eau de la Vanne. Donc, dans les quartiers où cette eau est distribuée, il est impossible d'objecter à rétablissement d'une double colonne pour tous les étages, l'insuffisance de la pression.

On a dit en outre que la transformation complète du système de tuyaux actuels en double colonne montante dans les immeubles constituerait une dépense formidable, supérieure à celle que réclamera le captage de nouvelles sources. A cela je n'ai rien à répondre : question de devis. Il me semble pourtant qu'on ferait bien de ne pas engager l'avenir et de ne pas rejeter à tout jamais ce procédé.

Je vais arriver tout à l'heure aux autres mesures ; mais sommes-nous bien sûrs qu'après avoir amené à Paris les sources de la Vigne et celles de Verneuil (1) nous aurons répondu pour l'éternité à tous les besoins. L'expérience à cet égard est bien près de nous donner un démenti : la quantité actuelle est énorme comparativement à celle de 1870, et cependant elle est insuffisante. Si les travaux projetés aujourd'hui sont terminés en 1892, sommes-nous sûrs que la provision de 1892 suffira en 1902 ? C'est peu probable. Sous nos latitudes on ne rencontre guère de

(1) Riche (Alfred). Rapport sur un projet de dérivation des sources de la Vigne et de Verneuil dans ralimentaiionde laville de Paris , 1886.

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 143

rochers d'Horeb d'où, comme Moïse, on puisse faire jaillir l'eau à volonté. Il est certain qu'on se trouvera à une époque plus ou moins éloignée en présence de la nécessité que Ton entrevoit déjà, celle d'économiser la provision quotidienne.

Il me semble pourtant que dès aujourd'hui on pourrait très bien, avant d'adopter complètement le principe de la double canalisation, ne distribuer que de l'eau de Seine dans les cours des maisons où l'on distribue de l'eau de source pour les appartements. De cette manière au moins on aurait des chances que l'eau de la Vanne ne servirait plus à arroser les jardins ou à nettoyer les écuries.

Le service technique, nous ayant donc répondu qu'aujourd'hui des raisons inéluctables s'opposent à l'adoption du système généralisé de la double canalisation et qu'il faut considérer la prodigalité comme un mal nécessaire, il ne nous reste qu'une chose à faire, appeler de tous nos vœux l'achèvement de travaux qui doivent presque tripler la provision de Paris. Malheureusement c'est le cas de répéter qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Il a fallu plus de 10 ans, à partir du jour où la captation de la Vanne a été décidée, pour que ses eaux coulassent aux robinets d'un petit nombre de fontaines de la voix publique. Entre la population qui réclame une eau sans bacilles typhoïdiques et l'exécution de ses vœux, il y a des obstacles, non pas insurmontables, mais qu'on ne franchit qu'après des détours singulièrement longs : obstacles législatifs, juridiques, etc., industriels à désintéresser, communes à exproprier. La question législative est vidée ou près de l'être ; la phase juridique se déroule majestueusement, lentement, comme il convient à une affaire de cette im-

portance ; les Chambres ont été saisies, le Conseil d'État va Têtre. Combien de temps le sera-t-il ? Il me semble que dans une question d'hygiène publique Tincertitude et les atermoiements ne sont pas de saison. Les hygiénistes proposent, les administrations n'ont qu'à répondre si la la loi et les ressources permettent de donner satisfaction à leurs demandes. Faut il des années pour cela? Si nos réclamations sont conformes àTexpérience, si les mesures poursuivies par nous ont pour résultat la conservation d'un nombre considérable de citoyens utiles, il n'y a pas de formalités juridiques qui tiennent, il faut prendre à leur égard une décision aussi prompte que s'il s'agissait de défense nationale, car les maladies épidémiques sont des ennemis qui n'ont ni journaux, ni canons, ni soldats sans doute, mais qui nuisent aussi sûrement et autant aux intérêts moraux et matériels de la nation que tous les ennemis de l'extérieur. Il importe donc au plus haut point de hâter par tous les moyens possibles la solution des questions relatives aux nouvelles sources à capter. A partir du moment où MM. les ingénieurs en seront saisis, ce ne sera plus, à proprement parler, qu'une affaire budgétaire, et, ce jour-là, nous serons bien près d'obtenir ce que nous demandons.

Le Conseil a déjà exprimé le vœu que ces eaux nous soient amenées d'urgence, afin que le tout à Tégouf puisse être pratiqué sans inconvénient pour la santé publique.

Je serais heureux qu'il renouvelât ce vœu, en se basant cette fois sur la nécessité d'augmenter la provision d'eau potable pour diminuer le nombre des cas de fièvre typhoïde à Paris et faire disparaître l'infériorité véritablement humiliante où nous nous trouvons à l'égard de

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS 145

cette maladie par rapport aux autres grandes villes d'Europe (1).

(1) Après la lecture de ce rapport, le Conseil renouvelle, dans la séance du 13 avril, le double vœu suivant émis déjà à plusieurs reprises :

1° Hâter l'exécution des travaux qui doivent amener à Paris les eaux de source acquises par la villo ;

5» Rendre obligatoire l'abonnement aux eaux de source pour les propriétaires possédant des immeubles dans la rue où existe la canalisation de ces eaux.

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L'IMPÉTIGO CONTAGIEUX

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