L*IMPÊT1G0 CONTAGIEUX ET L*INSPECTION DES ÉCOLES
mais les enfants atteints d'impétigo, d'ecthyma, même d'eczéma impéfcigineux, soient éloignés momentanément des écoles, et qu'ils ne puissent y rentrer que munis d'un certificat du médecin-inspecteur constatant leur complète guérison (1).
(1) Après la lecture de ce rapport, Je Conseil d'hygiène, dans sa séance du 22 juin 1888, vota la proposition suivante :
« Le Conseil appelle l'attention des médecins-inspecteurs des écoles sur la contagiosité possible de l'impétigo et de l'ecthyma chez les enfants qui fréquentent les asiles et les écoles communales ; et sur l'opportunité d'exclure des asiles et écoles les enfants atteints de cette affection. »
SA DIFFUSION ÉPIDÉMIQUE A PARIS EN 1887. — SES CAUSES. — SA XATI7BE. — MESUBES PBOPHTLACTIQURS A PRENDRE CONTRE SON DÉYELOPPEM ENT.
Dans le cours de Tété 1887, une épidémie de choléra infantile enlevait par semaine, à Paris, près de 125 enfants âgés de moins de deux ans. Chargé par vous d'étudier les circonstances qui avaient accompagné le début de cette épidémie et de chercher les moyens de prévenir, autant que possible, le développement ultérieur d'épidémies de même nature, j'ai l'honneur de vous communiquer les résultats de mon enquête (1).
Voici l'ordre que je compte suivre :
1® J'exposerai la relation pure et simple de l'épidémie, j'indiquerai sa durée et les causes que j'ai pu relever ;
2"* Je discuterai la nature de la maladie à l'aide des documents que j'ai recueillis et de ceux qui existent dans la science, car cette discussion est indispensable pour servir de base à rétablissement de mesures prophylactiques rationnelles :
3<> Enfin, je proposerai les mesures que me paraît
(1) Bapport présenté au GonseU d'hygiène et de salubrité du département de la Seine, le 11 mai 1888.
nécessiter la fréquence véritablement effrayante de cette maladie dans notre grande cité.
Si j'ai attendu aussi longtemps pour présenter ce rapport, c'est que je tenais à le faire aune époque de Tannée voisine du moment où la diarrhée des enfants a son maximum de fréquence et, par conséquent, où l'urgence de mesures prophylactiques paraît le plus frappante.
§ l®^ — L'épidémie qui avait débuté dans les premiers jours de juillet finit avec le mois de septembre.
Sur les graphiques dont je parle plus loin, el qui montrent, pour chaque année depuis 1881, la marche du choléra infantile à Paris, il est facile de voir que c'est tous les ans à peu près la même chose; il y a tout au plus des variations de quinze jours dans Tépoque du début, c'est-à-dire que celui-ci a lieu parfois vers le 15 juin au lieu du 1" juillet ; il est probable que la moyenne de la température ambiante joue un rôle importaîit dans cette particularité.
Les Bulletins de la. Statistique municipale accusent :
Pour l'année 1881 un nombre total de 4,926 décès.
A partir de 1881, on aurait pu croire, jusqu'en 1886, la maladie régulièrement en décroissance. Or, Tété de 1886
fut exceptionnellement ohaiid, malgré les pluies fréquentes d'une partie du mois de juillet et du commencement d*août. La température resta constamment élevée, surtout à partir du 15 août jusqu'au milieu de septembre.
Gomme les Bulletins de la. Statistique municipale parlent exclusivement d'athrepsie et de gastrorontérite, il est possible que des maladies chroniques du tube digestif, distinctes du choléra infantile tel qu'on le décrit aujourd'hui, aient été rangées sous cette rubrique ; mais la môme cause d'erreur existe pour toutes les années mentionnées, elle ne saurait donc modifier notablement les proportions. Les courbes que nous donnons montrent d'une manière saisissante l'élévation du nombre des cas.
C'est le 10 juillet 1877 que je fus invité, par avis officiel, à faire une enquête sur la diarrhée cholériforme alors régnante, et le dernier bulletin que j'ai reçu est du 30 septembre de la môme année. Dans le cours de ces trois mois, la maladie a enlevé près de 1,500 enfants. Je n'ai pu faire une enquête minutieuse qu'à propos des cas qui m'ont été nominativement signalés : il y en a eu 88. Ce nombre doit être diminué de deux unités, parce que deux enfants qui avaient, disait-on, succombé à la diar«rhée saisonnière étaient morts de toute autre cause. Une fillette de six ans fut prise, après avoir mangé beaucoup de fruits, d'une diarrhée glaireuse, puis sanguinolente ; malgré tous les soins qui lui furent donnés, elle succom-» ba au bout de quatre jours. Tout fait supposer qu'il s'agis* sait d'une dysenterie grave et non d'un choléra saisonnier. L'autre enfant était un petit garçon de quatorze mois qui avait présenté du strabisme, des convulsions et desi
paralysies partielles. La diarrhée ne s'était montrée chez lui qu'après Tadministration de deux purgatifs. Les premiers symptômes sont ceux d'une méningite ; la diarrhée n'était qu'un épiphénomène dû au traitement.
Restent 86 cas. D'après les renseignements que j'ai pu recueillir près des parents, on avait observé chez tous les malades une diarrhée profuse, d'une durée variable, verte d'abord, puis séreuse, s'accompagnant de vomissements alimentaires, bilieux et séreux, d'une soif inextinguible, d'une suppression des urines, d'une altération profonde des traits, enfin, de refroidissement, de convulsions, de coUapsus. Parfois ces phénomènes étaient apparus brusquement et avaient tué les malades en quelques heures. Il est facile de reconnaître dans ce tableau clinique les caractères classiques des affections réunies sous les noms génériques de gastro-entérite, athrepsie foudroyante, diarrhée cholériforme, choléra infantile.
Il eût été préférable, sans aucun doute, de faire porter l'enquête sur l'ensemble des cas. Pour une seule personne c'était matériellement impossible. En second lieu, l'Administration n'était pas toujours avisée en temps utile ; le plus souvent, elle ne Tétait pas du tout. Faut-il conclure de là que les renseignements fournis par les 86 faits que j'ai réunis ne permettent de tirer aucune conclusion ! Je ne le crois pas. Ces faits ont été pris au hasard, dans presque tous les quartiers, sans idée préconçue. Il me semble qu'on peut admettre qu'ils donnent une image réduite de l'épidémie entière. Leur nombre relativement faible m'a permis de noter, à propos de chacun d'eux, une foule de particularités intéressantes pour le médecin et et pour l'hygiéniste.
§ 2. — Nous allons examiner la répartition des cas suivant les arrondissements, suivant le sexe et Tâge, et signaler quelques particularités de la maladie ; puis nous discuterons son étiologie.
Répartition des cas suivant les Arrondissements.
, ^ ^ . { des Enfants-Rouges, 1.
III® arrond*. 2 cas. Quartier ] , . v
( des Archives,!.
IV^ — 1 — — Sainte-Marie,
du Val-de-Grâce, 4.
Ve 8 —
du Jardin-des-Plantes, 2. Saint- Victor, 1.
delà Sorbonne,!.
Vie — 1 — de rOdéon.
VI I« — 1 — — Saint-Germain.
Saint-Martin, 1.