‹ Études d'institutions romainesChapitre 34 sur 87 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les chevaliers romains, pendant les premiers siècles, sont tout simplement les cavaliers de l'armée romaine. Une seule et même expression les désigne, les uns et les autres, c'est celle d'cquites romani. A l'époque incertaine où l'armée romaine compta d'autres cavaliers, ceux-ci n'étaient point des chevaliers.

La loi Sempronia de G. Gracchus (G31 -4 23) créa une nouvelle catégorie de chevaliers beaucoup plus nombreuse que la pr^'mière, car elle comprenait tous les citoyens romains possédant une fortune déterminée et justifiant d'ailleurs de certaines conditions de naissance et d'honorabilité. Dès ce moment il fallut bien trouver des désignations nouvelles pour chacune des deux classes de chevaliers, et l'on appela les premiers cqiiites equo publico (ou centuriae equitum) ; les nouveaux gardèrent le nom primitif û'equites romani. Un terme nouveau, ordo equesler servit a désigner l'ensemble des chevaliers. C'est à cette époque que l'on dut aussi employer pour la première fois l'expression census equesfer. .l'ajoute que dès que le cens équestre fut établi, il n'est pas douteux

* Los deux pioiiiit-rs chapitres de ce mémoire ont clé lus à VAiadainic des Tui^n-iiilimis et Ih'lli-s-Lelli'es, dans la séance du 2 aviil 188(i,

qu'il n'ait été appliqué aussitôt aux deux catégories de chevaliers. Du moins, sous l'empire, ainsi qu'on le verra plus loin, les chevaliers qui s'intitulent equo publico, doivent le posséder.

Telles sont, brièvement résumées, les conclusions auxquelles j'ai abouti dans une étude récemment publiée (1).

Il n'y avait donc à Rome que deux classes de chevaliers et encore la seconde ne date-t-elle, suivant moi, que du dernier siècle de la République. Pour les désigner, il y a des termes distincts et précis que je viens de rappeler et que les écrivains latins ne manquent jamais d'employer avec le dernier soin, surtout quand il s'agit d'opposer ces deux classes lune à l'autre (2). Nous allons voir que ces expressions ont changé de sens après la chute de la République.

Pour la période de l'empire, cette terminologie est loin d'être aussi exacte et aussi simple. Elle se complique singulièrement ; aux expressions : équités romani, équités equo publico ou centuriarum, qui jusque-là avaient suffi pour marquer la différence entre les diverses espèces de chevaliers, s'ajoutent les dénominations les plus variées, nouvelles pour la plupart et dont on n'a pas pu, jusqu'ici, déterminer exactement le sens. 11 'est donc indispensable de passer en revue ces nouvelles désignalions.

Les écrivains latins de l'empire mentionnent les équités romani, les équités splendidi, illustres, dignitate senatoria, les auteurs grecs oî Inmlç, ol -/a)>oùaîvot mmiç, les chevaliers du bataillon ou de l'ordo (toû d/ou;) et les autres, les chevaliers d'origine sénatoriale; les inscriptions, les équités equo publico les allecti in turmas, transvecti, in dignitatem equestrem tfanslati, etc.

Dans ces diverses sources, on trouve encore le terme

(1) Voyez mon article sur les « Equités equo privato » dans la Revue da Philologie, avril 1884 (Siqjrà).

(2) Par exemple Cicéron, Phil., 7, 6, 16 : patronus centuriarwn eguitum romanonun, 6, 5: altéra ab eqiiitihus romanis equo publico, Q. Cicéron [de pet. cens., 8): equituin centuriae. Comp. ad. Att., 1, 16: nostri equites' equestrem ordinem, c'est-à-dire les simples chevaliers, les publicains.

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