‹ Études d'institutions romainesChapitre 47 sur 87 · III. VIRO. A. A. A. F. F. QVAEST. AVG · texte numérisé non relu

III. VIRO. A. A. A. F. F. QVAEST. AVG

TRIBVNO. PLEBIS. DESIGN ATO

CANDIDAÏO. AVG.

EQ. PVBL

L. Fulvio C. fil(io) Popin(iatribu) Aburnio Valent! pontifici praefecto urbi feriaruin Lalinarum facto ab imp(eratore) Hadriano Augiisto, ii c(on)s(ul), iiiviro a(ere) a(rgenti) a(uro) f(lando) f(eriando), quaesl(ori) Augusti, tribuno plebis designalo candidate Aug(usli), equo publico, c(larissimus) i(uvenis). D(ecreto) D(ecurionum).

On voit que ce personnage Fulvius Aburnius Valens, un

(1) C. J. L. VI, 1421. La dernière ligne doit se lire decreto decurionum, clarissimo iuveni. Ces derniers mots paraissent avoir été ajoutés après coup.

COMPOSITION DES TURMES 211

jurisconsulte dont les écrits ont été insérés au Digeste, bien qu'étant entré dans la carrière sénatoriale et tribun désigné n'en prend pas moins le liire equo publico, c'est-à-dire le titre de simple chevalier. Au lieu d'y voir une méprise des auteurs ignorants de ce monument honorifique, cette mention nous paraît toute naturelle et conforme à nos explications.

On sait en effet que les fils de sénateurs n'étaient pas les seuls qui arrivassent aux magistratures sénatoriales. Les jeunes gens d'origine équestre possédant le cens sénatorial y parvenaient aussi, soit après avoir reçu le laticlave, soit au moyen de Valleclio ou nomination au Sénat par décret de l'Empereur. Jusqu'à la réception du laticlave, ou jusqu'à Vallectio, ces personnages étaient évidemment dans les rangs des simples chevaliers equo publico. Rien de plus naturel dès lors que de voir figurer ce titre dans leurs inscriptions, tandis qu'on ne le trouve jamais quand il s'agit de personnes d'origine sénatoriale.

Mais pourquoi cette mention n'est-elle pas plus fréquente dans les inscriptions relatives aux personnages de rang équestre devenus sénateurs ? C'est parce que, devenus sénateurs, ils étaient bientôt nommés sévirs (l), et l'on conçoit fort bien qu'ayant obtenu ce titre, ils n'aient point conservé celui d'equo publico qui rappelait leur origine. Mais jusqu'au moment où ils devenaient sévirs, la règle rigoureuse (quoique violée souvent) du cursus honorum devait exiger la mention du titre de chevalier pour bien marquer les divers degrés parcourus. Telle est précisément la situation d'Aburnius.

On ne saurait donc reprocher aux décurions de la cité qui lui a élevé ce monument d'avoir commis une inexactitude. Ils n'ont eu qu'un tort, c'est de rappeler, contrairement à l'usage, l'origine équestre d'un sénateur. On parait s'en être

(1) Wilin. 1169 : L. Aemilio L. f. Pap. Arcano Irib. milit. alleclo in a»Jplissi»iu»i oniniem ab. imp. Caesare Hadriano Auij. IllIII vir equiluiii romanor. De même des allecti inler quacslorios ont été ensuite nommés sévirs. C. J. L. VI, 1530, Orell., 2242.

aperçu plus tard et c'est pourquoi on a ajouté après coup les lettres c. i. pour montrer que ce personnage n'élait plus un simple chevalier comme pouvait le faire supposer les mots equo publico, mais bien un membre de l'ordre sénatorial.

Enfin, je ferai remarquer que pour les allecti d'origine équestre, leur qualité de simples chevaliers est implicitement contenue dans les emplois de cet ordre qu'ils ont remplis (1).

— Telle était la composition et l'organisation de l'ordre équestre. J'ajoute que cet ordo pas plus que celui des libertini ou des tribuni aerarii ou des sénateurs n'avait en aucune façon une constitution autonome, comme celle dont jouissaient les collegia. S'il est question dans les auteurs de décisions prises par l'ordre équestre, cela doit s'entendre de vœux exprimés parles chevaliers réunis régulièrement pour telle ou telle cérémonie et non d'un décret valablement rendu par une corporation. Nous verrons bientôt qu'à la différence des collegia le corps des chevaliers ne choisit point sas membres, pas plus les équités que les sévirs ou le prince de la jeunesse. Ce choix est réservé à l'empereur succédant ici aux anciens censeurs de la période républicaine.

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