VIX. AN. XVI
EQVO PVBLICO
TRANSVECTVS. EST.
(2) Dion, 54,2(3. Sut-toiio ï^e coiilrodit lui-môme, car il nous montre Claude l'iicore chevalier à l'âge de quarante-six ans et dclcguc de l'ordre équestre. Or Claude était évidemment equo puhUvo. Cal. 15. Claud. G.
(3) Orell. 3052. Comp. Corp. X, 72n5. Suprà p. 198.
Quant à ceux qui étaient nommés chevaliers, à litre pour ainsi dire de retraite, ils étaient déjà d'un âge mur ; mais leur nombre devait être bien restreint, comparé à celui des chevaliers de naissance ou de ceux qui Tétaient devenus à l'âge normal, c'est-à-dire à dix-huit ans (1), de façon à pouvoir en tirer tous les avantages. On s'explique fort bien dès lors que le corps des chevaliers soit appelé la t jeunesse des deux ordres », leur place au théâtre < le coin des jeunes gens» leur chef, le «prince de la jeunesse». Caries chevaliers qui figuraient dans les turmes, soit comme soldats, soit comme officiers, étaient en immense majorité des jeunes gens. On n'a pas besoin pour comprendre ces formules de faire encore une hypothèse et d'admettre que les jeunes gens seuls font partie des turmes (2).
Mais n'y a-t-il pas une différence plus profonde encore entre l'armée et ses cadres? J'ai montré tout à l'heure que les sévirs et les chevaliers du rang avaient une origine différente ; ne faut-il pas aller plus loin et dire que la séparation entre les deux était tellement marquée que les premiers ne pouvaient être comptés parmi les simples équités"! Telle est la conclusion qui découle des inscriptions : jamais on ne voit un membre de l'ordre sénatorial porter le titre de chevalier equo publico ; il ne prend que celui de sévir.
(Ij C'est ràite auquel Mécène recommande à Auguste de choisir les chevaliers. Dion, 52, 20.
(2) Madvig. Verf. I, p. 175. liirschMd lioemlticJicVent!. J, p, 243, note 1. Naudet, De la noblesse, p. 81, n* 2. D'après ces savants, les seniores seraient rangés dans les centuries. Mais où sont ces centuries? Elles ne sont nulle part mentionnées avec certitude ni dans les auteurs, ni dans les inscriptions.
Dans les vers d'Horace {Art poétique, Bit.) :
Centuriae senioi'um agitant experlia frmjis, Celsi praetereunt avMera poeniata Rhamnes. on ne peut voir qu'une opposition entre les jeunes, c'est-à-dire les chevaliers, et les vieux [centuriae senioruni), ce qui est conforme à ce que nous savons de l'âge des chevaliers à cette époque. Il m'est impossible de découvrir comment on a pu voir dans ce passage que le poète ait voulu désigner i^s.r centuriae seniorum àa chevaliers romains. Cola paraîtra d'autant plus singulier que jamais, à notre connaissance du moins, les centuries équestres ne se sont divisées, comme les autres, en seniores eljuniures.
COMPOSITION DES TURMES 209
En voici une nouvelle preuve :
VALERI. CKESCENTIA
EQVITI. ROM. EQV, PVBL
VAL. MATERNVS. G. I. FRATER
COiNTRA. VOTVM (1).
Ainsi, voilà deux frères dont l'un, Valerius Crescentianus (?) s'intitule chevalier equo publico tandis que l'autre Valerius Maternus au lieu de ce titre prend celui de c(larissimus) i(uvenis). Pourquoi celte différence ? Tout simplement parce que ce dernier par cela seul qu'il a reçu le laticlave ou a été allectus in amplissimum ordiyiem, comme l'indique sa qualité de clarissime, cesse dès lors, et avant d'avoir exercé une charge sénatoriale, de faire partie de l'ordre équestre.
Donc, de deux choses l'une : ou un tel personnage n'a jamais été simple chevalier et l'on comprend parfaitement alors qu'il n'en prenne point le titre, ou bien d'après la règle établie par M. Mommsen cette lacune s'expliquerait tout naturellement par l'usage constant d'abandonner tout litre de l'ordre équestre lorsqu'on est parvenu aux honneurs de l'ordre supérieur.
Laquelle de ces deux explications faut-il adopter? A mon avis, c'est la première, et je vais en donner les motifs. On a vu que l'étude des inscriptions nous a conduits à ce double résultat : 1" que jamais un personnage d'ordre équestre n'occupe le poste de sévir ; 2° que jamais inversement un personnage d'origine sénatoriale ne s'intitule chevalier equo publico. Que conclure de là, sinon que le langage épigraphique confirme d'une façon éclatante l'opposition si nettement formulée par les auteurs classiques entre la jeunesse des deux ordres ou entre les membres du bataillon et les jeunes gens d'origine sénatoriale ? (2) Rien n'est plus exact, puisque chaque catégorie a une place distincte dans les lurmes, la première dans les rangs, la seconde dans le commandement.
(1) C. I. L. V, 5729. Comp. VI, 1421, infrà.
{2) Notamment par Dion Gassius, 55, 2 : (Voy. suprà).
Misp. Éludes, H
Voilà à quoi se réduit dans la pratique cette classification des chevaliers romains sous l'Empire que l'on est allé chercher si loin. Les jeunes gens d'origine sénatoriale sont, comme je l'avais déjà dit, plutôt au-dessus de l'ordre équestre qu'au dedans de cet ordre ; voilà pourquoi les auteurs les mentionnent à pari et les inscriptions ne leur accordent point le titre de chevaliers eqiio publico qui ne leur a jamais appartenu.
Cette explication n'est-elle pas plus satisfaisante que celle que M. Mommsen a voulu tirer d'une règle qui, ainsi que je l'ai démontré, n'existe point, puisque ni les principes juventutis, ni les seviri n'y sont soumis ?
Ceci va nous permettre d'expliquer une inscription qui a un peu embarrassé M. Mommsen, car elle est tout à fait en opposition avec le principe dont je viens de parler (1) :