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DES HONNEURS ET DES FONCTIONS

En premier lieu, ils se distinguent du reste du peuple {plebs dans le sens nouveau de celle expression) par des marques extérieures : l'anneau d'or et l'angusticlave (1). A cet égard il est impossible de trouver dans les auteurs le moindre ves- , tige d'une différence entre les deux prétendues classes de chevaliers, les simples équités et les équités equo publico. Il faut en dire autant du privilège qui leur a été accordé de siéger au théâtre et au cirque aux premiers rangs (2).

Deux fois par an, à la transvectio (IS juillet) et à la fête des Lupercales (15 février), ils sont appelés à figurer dans un brillant cortège, ornés delà trabée (3). En outre ils paraissent dans d'autres cérémonies exceptionnelles, telles que les funé" railles des empereurs et des princes de la famille impériale (4).

Mais ce n'est point simplement un corps de parade. Les chevaliers, sous l'Empire, ont été appelés à un rôle bien plus considérable. S'ils ne sont plus, comme sous la République, une institution politique et militaire, en revanche, c'est l'administration presque tout entière de l'Empire qui va leur échoir en partage. En effet les attributions nouvelles, si nombreuses, qui appartiennent au chef de l'État, ne pouvant être exercées' personnellement par lui, c'est parmi les chevaliers qu'il recrutera ses auxihaires : les procurateurs financiers, les chefs de l'administration centrale, les gouverneurs des provinces procuraloriennes, etc., en un mol tous les employés de cette nouvelle carrière, la carrière équestre, que j'ai étudiée ailleurs (5).

(1) Plin. 33, 1. Ovide, Trist. 4, 10, 3r,. Dion Cassius, 38, 14; 56, 31, etc., vita Alex. Sev. 27.

(2) Plut. Cic. 13, Dion Cass. 60, 7. Suét. Claud. 21. Nér. 11. Dom. 8. Martial, passim.

(3) Val. Max. 2, 2, 9 : Equestris vero ordinis juvcntus omnibus annis bis urbem speclaculo sui suhniagnis aucloribus celebrabat die LupereaUum et cquituin probalione. Exemple: honueiirs accordés à Dmsu.s, fils de Tibère, à ces deux dates ; C. J. L. Vi, 912. D'après le calendrier de Philocalus, il semble qu'il y avait encore une fête du mémo genre au 29 mai, jour ainsi désigné : Honor et virtits. Cf. Dion Cassius, 54, 18 et le commentaire de M. Mominscn.

(i) Tac. Ann., 2, 83 ; 3, 71. Dion, 5."), 2; 56, 42 ; 58, 2, etc. iô)Iiist. polit. I., p. 292 et II, p. 205 et s.

En même temps, ils conservent les fonctions dejudîces dans les procès privés et même pendant deux siècles dans les affaires criminelles (1). Le nombre de ces jurés augmente considérablement, par suite de l'extension, dans tout l'Empire, du nombre des citoyens romains ; au lieu de trois décuries, il yen aura désormais cinq. Dans les rangs des Judices, il n'y aura plus que des chevaliers.

On voit donc que les attributions des chevaliers romains se sont beaucoup multipliées dans cette période; on s'explique bien dès lors que leur nombre se soit si considérablement accru.

(1) Inst. polit. II, 474.

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