‹ Études d'institutions romainesChapitre 76 sur 87 · TESTAMENTO · texte numérisé non relu

TESTAMENTO

Ici, aucun doute possible. Aquilius Rufus a eu deux enfants dont l'un, G. Aquilius Florus, placé le premier est légitime ; le second, Maria Pieris, est né du concubinat et a pris le nom de la mère, Maria Slacte.

Co?7?.,X, 4246.

EX • TESTAMENTO • CN • NVMIDI • BERVLLI L • ALLIO • L • F • QVARTINO • FILIO • SVO VIXIT • ANNIS • VII • ET • MENSES • V • ET ALLIAE NYSAE • GONGVBINAE • SVAE • ET • SIBI • ET etc.

L. AUius, fils de Gn.Numidius et d' Allia sa concubine prend le nom de celle-ci. On remarquera que L. Allius se dit L. F. c'est-à-dire Lucii filius, alors qu'il devrait s'appeler SP. F. (Voy. l'inscription citée plus haut, Fahret. 2o9). Au lieu de prendre son véritable nom, il a préféré se donner une filiation imaginaire, comme le faisaient la plupart des novi cives, notamment les soldats, en recevant le droit de cité (1). Mais ce qu'il faut surtout retenir, c'est qu'il se garde bien de se dire fils de Cneius, preuve manifeste que celui-ci, quoique concubin de sa mère, n'était pas son père aux yeux de la loi.

Après la lecture de ces inscriptions, il nous paraît impos-

(1) Voy. la liste des soldats dans l'inscription de Coptos et le commentaire de Mommsen^ Ephem. epigr. V, p. 5 sq.

NOM PROPRE DE l'eXFAXT NATUREL 287

sible qu'il puisse s'élever le moindre doute sur la nature du concubinat et sur les effets qu'il produit relativement aux enfants .

Si ces documents ne sont pas plus nombreux, c'est que la plupart de ceux qui mentionnent le concubinat ne peuvent être utilement cités ici (1). En effet, le plus souvent, la concubine est l'affranchie de son amant ; elle porte donc le nom de celui-ci, et il est impossible de savoir duquel de ses auteurs l'enfant lire son nom. D'autre part, comme le titre de concubine n'était guère honorable, on peut supposer qu"il a été omis à dessein dans les inscriptions où nous avons vu des Spurii portant des noms différents de celui du père. En revanche, les exemples que nous avons rapportés nous paraissent d'autant plus décisifs, qu'il est impossible d'en trouver un seul contraire à notre conclusion.

Je ne vois qu'une inscription qui, au premier abord, pourrait paraître faire exception à notre règle. La voici :

Corp., V, 41 o3 ;

P . MVCIVS . BIRACI . F SIBI . ET , NAEVIAL . SP . F (sw)

TERTVLLAE . CONCVBIN ET . MVCIAE . VERAE . F

Mucia Vera, fille de P. Mucius porte le gentilice de son père et non pas celui de la concubine, Naevia TertuUa. Ce résultat est dû soit à ce fait que Mucia est peut-être la fille légitime de Maevius, soit à un abus qui, en pratique, n'était pas sans exemple (2).

(1) On pourrait ajouter à cette liste les inscriptions qui nous ruonli-ent les enfants dont le père et la mère sont nommés et qui prennent le nom de celioci. Il s'agit vraiscrnblalilcment alors du concubinat. Voy. Co»'p., VI, 5487. 504G. 105 ila. 11758 ; VIII, 95T2. Ilerzog, Gai. Narh. 528; Corp., X, 5947^ C:J97.

(2) Suet. Cees. 52 : adpellan noinine suo passtis est, à propos de Cansarion né des relations de César avec Cléôpàtre. Octave fait le même reproche à Antoine. Dion Cass., 50, 1.

Arrêtons-nous un instant sur cas conclusions auxquelles aboutit notre théorie du nom propre des bâtards.

Des exemples que nous venons de parcourir, il résulte qu'aucun enfant naturel, quelle que soit la catégorie à laquelle il appartienne, ne prend le nom de son père et ne peut se rattacher à celui-ci par une filiation officielle. C'est ainsi que l'on remarque : 1° des enfants qui s'intitulent SP. F. et ayant un père qui porte un prénom autre que Spurius ; 2" particulièrement un enfant issu du concubinat, L. Allius L. f., dont le père est Cn. Numidius ; 3' enfin aucun des enfants naturels dont le père et la mère sont désignés, ne prend le gentilice du père, lorsque ce nom est différent de celui de la mère.

Que conclure de là sinon qu'il n'y a aucune différence, aux yeux de la loi romaine, entre les diverses catégories d'enfants? Par ce seul fait qu'ils sont nés hors du mariage, ils sont soumis à cette loi commune qu'ils ne peuvent se rattacher, par une filiation officielle, à leur père. Celui ci pourra bien, sans doute, inscrire sur les monuments qu'il est le père, comme le bâtard pourra de son côté se dire fils d'un tel, mais ces expressions qui constituent, je le veux bien, une sorte de reconnaissance privée, n'ont pas pour résultat de rattacher juridiquement le bâtard à son auteur. En un mot, légalement, aucun bâtard, quelle que soit son origine, n'a de père.

Ai-je besoin de montrer l'importance de ce résultat? Si aucun bâtard n'a de père certain, nous avons eu raison de rejeter la prétendue distinction que l'on fait généralement entre les naturales llberi d'une part et les spurii ou. vulgo concepli, d'autre part. En outre, notre conception du concubinat se trouve par là pleinement justifiée, puisque l'effet essentiel, — l'attribution d'un père certain à l'enfant qui est né de cette union — qui sert de base à la théorie contraire ne peut être accordé.

Nous arrivons ainsi à la formule suivante qui résume toute celte discussion : « l'enfant naturel à Rome, est celui qui n'a

DÉNOMIXATIOX DE l'eXI ANT NATUREL 289

pas de père légalement certain » (I). C'est de cet enfant que nous allons nous occuper dans le chapitre suivant, en abandonnant la classification inexacte qui a prévalu jusqu'ici.

(I) Si on lit sans prévention les textes juridiques, on se convaincra facilement de celte vérité, car ils opposent toujours auxjustifilii non pas plusieurs, catégories d'enfants, mais une seule. Les vulgo quxsiti ou spurii, c'est-àdire les enfants sans père légalement certain. Outre les textes déjà cités, voyez L. 19, Dig. 1. 5. L. 25, XLIX, 15, ilc.

Misr. Etitdis 19

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