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d'autres circonstances , nous pouvons constater le fait de la guérison , sans avoir à présenter, sur la manière dont elle s'est opérée, de démonstration satisfaisante.
Dans le ptérygion , sous l'influence du caustique, la pointe du mal est détruite , tandis que la base du triangle vasculaire se gorge de sang et devient plus facile à saisir avec des pinces et à exciser ensuite.
Dans l'ophtalmie purulente, les cautérisations arrêtent la production du tissu anormal, de manière à transformer une maladie des plus graves en une ophtalmie simple; mais si nous ajoutons que cette transformation a lieu par la destruction des prolapsus gonorrhéiques , ne rentrons-nous pas un peu dans les explications données par Molière, sur la cause des propriétés soporifiques de l'opium?
Il est naturel de penser que le nitrate d'argent agit de deux manières sur les pustules de la conjonctive ; que, d'un côté, il les amoindrit , en diminuant , par son action astringente , la circulation des vaisseaux qui s'y rendent; que de l'autre, il en diminue encore le volume, en établissant un véritable cautère à leur sommet.
Si nous disons maintenant que, dans les ulcérations diverses de la cornée, le nitrate d'argent rétablit la tonicité des parties, qu'il facilite la production de cette lymphe, nécessaire à la cicatrisation des plaies , les esprits positifs ne nous accuseront-ils pas de chercher à les payer de mots ?
Ce que nous avons observé maintes fois , c'est que le nitrate d'argent , dans les ulcérations perforantes , favorise singulièrement le rapprochement des parties. Aujourd'hui , la cornée est fracassée ; demain , le trou produit est presque oblitéré ; après-demain, il n'existe plus : bientôt il ne reste qu'un infondibulum plus ou moins considérable, selon la gravité primitive du mal ; enfin , le jour arrive où la perforation est remplacée par un leucome. Sous l'influence de la pierre
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infernale , les premiers temps du travail de Cicatrisation se font mieux et plus vite que sous l'influence de tout autre agent , ou seulement de la nature abandonnée à ses efforts.
Le sulfate de cuivre agit à la manière du nitrate d'argent , mais il est plus difficile à manier, parce que ses cautérisations sont plus profondes et pénètrent plus avant dans les tissus. Je croirais conduire les praticiens à des insuccès certains, en leur en conseillant l'usage. Une preuve à l'appui.
Mlle N. est atteinte d'oplitalmie vésiculeuse ; la muqueuse est très-enflammée , il y a photophobie , et cinq à six grosses vésicules entourent chaque cornée. Une cautérisation imprudente est faite sur les vésicules : l'une des cornées, fortement atteinte , est détruite et devient staphylomateuse ; l'autre guérit avec des leucomes qui , du reste , ne gênent en rien la vision. Le cas n'était pas des plus graves, et je crois qu'il eût guéri infailliblement , si l'on avait employé le nitrate d'argent.
Le sulfate de cuivre, se décomposant moins vite dans l'œil que le nitrate d'argent , nous nous en servons après ce dernier remède , lorsqu'il a produit le résultat désiré ; mais en ayant soin de n'en mettre , dans nos pommades et nos collyres secs , que des doses très-minimes. On en jugera par les formules suivantes :
Pommade : — Sulfate de cuivre 1/2 grammes.
Axonge . 20 —
Huile 5 —
Collyre sec : — Sulfate de cuivre, 5 à 10 décigrammes. Sucre 60 grammes.
4 vrai dire , il y a long-temps que nous n'avons employé le sulfate de cuivre pur dans les collyres socs ; depuis quatre ans, nous lui avons associé, dix-neuf fois sur vingt, et peut-
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être plus souvent , le sulfate de morphine , de la manière
suivante :
Sulfate de morphine. 2 décigrammes.
Sulfate de cuivre ... 5 à 10 — Sucre 60 grammes.
Pour ce qui est des collyres liquides , nous mettons 2 grammes de sulfate de cuivre clans 400 grammes d'eau, et nous faisons baigner l'œil dans de l'eau fraîche , aiguisée de quelques gouttes de ce liquide. — Si nous employons le sulfate en fomentations astringentes, nous mettons une cuillerée à bouche du collyre, quelquefois deux à trois dans un demi-verre d'eau , et ce mélange nous sert à imbiber nos compresses. Nous n'attachons point la même importance qu'un grand nombre de praticiens, à l'emploi des collyres liquides : nous les regardons simplement comme le moyen de soumettre fréquemment l'œil à des lavages hygiéniques ; aussi les nôtres , d'après cette donnée , sont-ils très-légèrement astringents. C'est aux médicaments eux-mêmes employés purs , ou mêlés soit à de l'axonge, soit à du sucre, que nous demandons une modification active des tissus malades. Au point de vue de la thérapeutique oculaire, l'alun ne nous a jamais paru autre chose qu'un diminutif du sulfate de cuivre. Trituré avec du blanc d'œufs et appliqué sur l'œil, au moyen d'étoupe ou de coton , il forme un collyre populaire qui ne s'emploie qu'à l'extérieur et que les praticiens dédaignent trop , eu égard à l'énergie de son action et à la facilité de son emploi. Nos lotions de l'œil les plus habituelles sont faites avec une ou deux gouttes du collyre suivant, dans une cuillerée d'eau ; nous les faisons répéter de dix à vingt fois le jour.
Sulfate de cuivre 1/2 gramme.
Alun 2 grammes.
Eau distillée , ... 120
Le sulfate de zinc diffère essentiellement du sulfate de cuivre et de l'alun, par son action médicamenteuse, c'est un simple astringent dont les hautes doses seraient plutôt irritantes que caustiques. Nous l'employons souvent en pommade, en collyre sec et en collyre liquide.
Administré une fois le jour, par l'introduction entre les paupières de gros comme un grain d'avoine de pommade, il nous a donné de bons résultats dans les brûlures et dans les ophtalmies simples ; il nous sert souvent à terminer la cure des ophtalmies pustuleuses et vésiculeuses , et des ophtalmies purulentes , lorsque l'œil a été suffisamment modifié par I'emoloi du nitrate d'argent.
Voici une formule de pommade que nous avons souvent expérimentée :
Axonge, 20 grammes.
Sulfate de zinc 2 —
En collyre sec , il donne exactement les mêmes résultats ; mais l'expérience nous a montré qu'il est bon de tenir compte de la nature différente de l'excipient; c'est d'après cette indication que nous formulons ainsi :
Sulfate de zinc 1/2 gramme.
Sucre 20 —
Nos collyres liquides, au sulfate de zinc, ont le même usage et les mêmes doses de substance active que ceux qui précèdent.
Le sulfate de cadmium ne donne rien de plus que le sulfate de cuivre-, aussi peut-on hausser les épaules de pitié, lorsqu'un consultant vous propose gravement de remplacer l'un par l'autre. Il m'est arrivé plusieurs fois de les essayer comparativement , et je n'ai jamais vu que le sulfate de cadmium eût quelque légère supériorité ; son seul avantage est donc d'être moins populaire et d'avoir, pour certains malades , ce
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quid ignotum qui flatte leur esprit. A ce dernier point de vue, son emploi peut être préconisé. Traitons scientifiquement les hommes positifs, mais soyons convaincus que les autres iront demander ses prétendus secrets au charlatanisme, si nous ne savons entourer nos remèdes de quelque prestige, si la médecine ne se présente pas à leurs yeux comme un sacerdoce qui ne dévoile ses mystères que dans le sanctuaire.
L'oxide rouge de mercure est l'un des médicaments qui rendent le plus de services dans la thérapeutique oculaire. En pommade à dose élevée , il convient dans les conjonctivites aiguës, et même dans l'iritis, surtout si l'on y ajoute, dans ce dernier cas, un peu d'extrait de helladone à dose minime; il favorise singulièrement la guérison des blépharrites , lorsqu'elles sont accompagnées d'inflammation des glandes de Meibomius ; mais alors, il est très-convenable de l'associer au calomel et au carbonate de plomb. On associe encore avec avantage l'oxide rouge au sulfate de zinc, au camphre, au cyanure de zinc et à tous les médicaments usités en oculistique, son insolubilité et ses propriétés chimiques ne facilitant point les doubles décompositions, qui ont si souvent lieu pour d'autres substances. On peut encore administrer l'oxide rouge entre les paupières, sous la forme de poudre, en le triturant avec du sucre. Voici quelques formules qui ont pour elles la sanction de l'expérience :
Poudre pour les taches et les légers ulcères de la cornée.
Sucre 20 grammes.
Oxide rouge 3 décigrammes.
Calomel 3 —
Pommade pour les conjonctivites violentes.
Axonge 60 grammes.
Oxide rouge 6 —
Sulfate de zinc 1 —
Pommade pour les blépharritcs.
Axonge 15 grammes.
Oxide rouge 5 centigrammes.
Calomel 1 décigramme.
Carbonate de plomb. . . 3 décigrammes.
L'action de l'oxide rouge est difficile à expliquer physiologiquement, mais ses effets sont palpables. Pierre Tharé, tailleur de pierres, est atteint d'une opbtalmie intense, depuis douze heures. On lui introduit entre les paupières une pommade à l'oxide rouge ; la douleur augmente et devient vive ; le malade souffre beaucoup pendant près d'une heure , puis les douleurs se calment; six heures plus tard il est mieux , et le lendemain une seconde application termine la cure.
Mieux vaudrait encore, pour notre satisfaction, savoir le pourquoi et le comment de la guérison qui précède. Mais le fait n'est- il pas beaucoup en lui-même? Savons-nous donc expliquer physiologiquement l'action du quinquina , l'action de l'émétique et celle du musc , employés dans des cas spéciaux? Le premier devoir du médecin n'est-il pas d'ailleurs de faire une bonne thérapeutique au lit du malade? Pour moi, je répugne singulièrement à présenter ici , comme doctrine , mes soupçons sur la manière d'agir de médicaments dont je connais le dosage et les effets , sans pouvoir expliquer cependant avec précision leur action sur l'économie. Les demidémonstrations habituent trop à se payer de mots ; elles écartent la science du positivisme vers lequel elle doit tendre, par la facilité merveilleuse avec laquelle elles vont à notre paresse.
Le deutoiodure de mercure ne m'a point réussi dans les inflammations de l'œil ; je l'ai cependant employé à dose très-réduite : plusieurs fois il a augmenté le mal j aussi je n'en fais plus usage.
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Le deutochlorure ne m'a donné qu'exceptionnellement de
bons résultats. Introduit dans l'œil, sous forme de pommade, il est trop irritant. Je l'ai essayé six fois le même jour , après avoir lu un article du journal de Médecine et de Chirurgie pratique, dans lequel il était préconisé; mais le lendemain , mes six malades étaient moins bien que la veille. Il peut servir en solution comme caustique, surtout si on l'emploie, soit avec un tortillon de papier, soit avec un pinceau véritable, pour toucher des ulcères et des points ramollis de la cornée.
Le protoiodure de mercure m'a paru, dans son action interne , inférieur au deutoiodure : c'est un médicament à étudier, comme médicament externe.
Le calomel insufflé, ou versé dans l'œil, produit beaucoup de douleur, sans grand résultat; il faut de toute nécessité l'envelopper de poussière de sucre ou d'axonge , et alors il devient peu actif. Cependant , il paraît avoir une action marquée dans les blépharrites glanduleuses.
L'iodure de plomb est beaucoup plus irritant qu'on ne le croirait d'un médicament aussi insoluble. Je l'ai employé dans l'ophtalmie scrofuleuse , dans les blépharrites , et j'y ai renoncé. L'acétate de plomb, à très -petite dose, et le carbonate, à dose plus élevée, voilà les seules préparations de plomb dont je me serve aujourd'hui pour produire une très-légère action astringente, et diminuer les sécrétions des glandes de Meibomius.
En résumé, il est souvent utile de changer une muqueuse qui suppure en une muqueuse enflammée, de détruire l'envahissement du tissu de la conjonctive par une production anormale, en supprimant ce qui est envahi déjà. L'on peut encore croire avantageux d'ajouter à une inflammation oculaire , lorsque l'écoulement de larmes , qui en sera la suite, sera suivi d'une rémission dans les symptômes. L'on peut