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Il y a toujours eu , il y aura toujours des spécialités; ce n'est pas du fait, mais de l'abus qu'il faut se plaindre; ce n'est donc pas à les détruire , mais à les organiser , que doivent s'attacher les gouvernements. Us trouveraient en elles, en les popularisant, le moyen de supprimer la médecine ambulante , la médecine illégale et certains genres de charlatanisme. Ils y trouveraient encore une source d'économies que la charité administrative, si dénuée de moyens d'action dans toutes nos grandes villes , ne doit pas dédaigner. Cette question est trop sérieuse pour être traitée en quelques lignes, et nous allons l'étudier sous ses divers aspects.
A toutes les époques de prospérité scientifique, Ton a vu s'établir dans les études graves, cette division du travail qui assure le succès et la perfection des arts industriels. A peine les califes avaient-ils fondé la ville de Bagdad, qu'aussitôt des savants de toute espèce s'empressaient d'aller habiter la cité musulmane. Des hospices , des pharmacies , des dispensaires , s'élevaient à l'envi , pour fournir aux besoins divers des différentes classes. Ici , l'internat du malade et la
surveillance continue; ailleurs, les soins externes avec don des médicaments; sur d'autres points , des officines réservées aux riches, et préparant sous la surveillance la plus sévère et d'après le codex du temps. Puis les médecins eux-mêmes se divisaient l'étude et la pratique : à celui-ci la philosophie médicale, à cet autre la physiologie; quelques-uns abordaient toutes les opérations de la chirurgie; d'autres seulement les opérations des yeux ou des voies urinaires. L'ancienne Rome avait eu quelque cbfc|e d'analogue , mais c'est en Egypte seulement que l'histoirJnous montre, dans le passé , une complète et parfaite divï^Jon du travail intellectuel. Ici, parmi les médecins, les uns se livrent exclusivement au traitement des maladies de l'urètre et de la vessie; l'un d'eux, le célèbre Ammonius, proposa même de broyer la pierre au lieu de pratiquer l'opération de la taille; d'autres ne soignent que les maladies de la peau ; d'autres que les maladies des yeux, Les affections mentales formaient encore une spécialité.
Si Rome et le moyen-âge sont restés bien en arrière, la cause en est facile à trouver: à Rome, la médecine et les sciences n'étaient cultivées que par des esclaves ou des étrangers. Pendant le moyen-âge la société chrétienne , abusant du spiritualisme, comme les payens avaient abusé du principe contraire , répétait avec Saint-Augustin : La chair, c'est le péché; prémisse incomplète dont elle se servait logiquement ensuite, en voulant guérir toutes les maladies avec des exorcismes et des oraisons. Lorsque les princes croyaient tromper Dieu en s'enveloppant au lit de mort de la robe de pieux moines, ne devaient-ils pas , pendant leur vie, donner à leurs sujets les plus déplorables exemples , sous le rapport des préjugés scientifiques? Le moyen-âge a cependant eu quelques exceptions, comme l'ancienne Rome peut rappeler les Hérophile, les Philon , les Démosthènes, les Evel-
pide , les Cléon, les Dionysius , et tant d'autres qui brillèrent dans l'exercice des spécialités.
Quoi que l'on puisse dire , les dictatures médicales et chirurgicales disparaissent de jour en jour pour faire place aux spécialités. L'Allemagne a ses médecins accoucheurs et ses médecins oculistes, munis d'un brevet particulier; l'Angleterre a créé , en dehors de ses hospices , des infirmeries consacrées aux maladies des yeux ; et la France , malgré son adoration pour l'unité , sous quelque forme qu'elle se présente , subit peu à peu , par la force des choses , la division du travail médical , pour la théorie comme pour la pratique. Civiale rappelle la lithotritie , Ricord, les maladies vénériennes ; Guérin , Duval et d'autres, l'orthopédie; Cazenave, les maladies de la peau; Moreau , les accouchements. Si Velpeau , si Bérard jeune, l'héritier par concours delà chaire de Sanson, si Rognetta, s'occupent beaucoup d'oculistique, tout en se livrant au reste de la chirurgie, noustrouvous Sichel, Desmarres, Solkaski , Cafife, Bourgeot, Saint-Hilaire , Caron, Duvillars, Bernard, Duval (d'Argentan) et quelques autres qui semblent en faire leur étude spéciale, et les départements n'ont d'autre moyen de rivaliser avec une capitale qui s'en rapproche chaque jour par les chemins de fer, avec une vitesse de dix lieues à l'heure, qu'en suivant son exemple et subissant la division du travail. Nous appellerons surtout l'attention des médecins de province sur ce point : que deviendrons-nous si nous devons subir la concurrence des plus habiles spécialités de Paris, sans avoir organisé préalablement nos moyens de défense et de lutte?
Que chaque école secondaire ou préparatoire se hâte donc de donner signe de vie par la fondation de son journal ; que la médecine philosophique, les maladies internes, les maladies de la peau , les accouchements, les maladies vénériennes ,
les maladies de la bouche et des dents, l'oculistique et les affections mentales soient confiés , dans ces publications , à des hommes spéciaux. Comment croire que deux ou trois individus puissent lutter seuls sur toutes les parties de l'art de guérir, avec des médecins qui s'exercent chaque jour à en perfectionner l'une des branches ?
La médecine ne saurait faire exception à la règle générale. L'étude des sciences naturelles se divise aujourd'hui entre les physiciens, les chimistes, les anatomistes , les botanistes, les minéralogistes et les géologues. L'étude des mathématiques elle-même a eu toujours et possède encore ses spécialités. Les faits parlent d'ailleurs plus haut que tous les raisonnements, et nous y aurons recours; mais nous allons établir d'abord que des motifs d'humanité, de science, de bonne administration , demandent l'organisation en France de la division du travail , organisation sans laquelle la médecine des provinces doit être avant peu complètement subalternisée.
L'humanité veut que le pauvre reçoive partout les soins médicaux qui peuvent adoucir sa misère en allégeant ses souffrances; les services internes de nos hospices de province sont la conséquence de ce besoin, mais ils ne suffisent pas. L'indigent dont la noble fierté recule devant la pension de l'aumône; le père de famille qui pourrait encore, malgré la maladie, gagner sa vie et celle de ses enfants ; les paresseux enfin, qui voudraient, en \ivant au sein des hospices, donner le scandale de la fainéantise, ont tous besoin de trouver dans un service purement externe et de simple consultation , mais avec don des médicaments pour les plus indigents, les conseils et les secours que leur état réclame. Ainsi diminuerait le chiffre des pensionnaires des hospices; ainsi seraient conservés les sentiments religieux qui portent le fils à soigner son vieux père à domicile, la mère à conserver son enfant chez elle plutôt que de l'abandonner à des
DliS SPÉCIALITÉS. 7
soins étrangers, quelque dévoués qu'ils puissent être. Les siècles derniers sont d'ailleurs accomplis ; la charité se modifie : son rôle n'est plus de donner au jour le jour à manger à celui qui a faim , à boire à celui qui a soif. Cette pieuse mère des indigents comprend aujourd'hui qu'elle doit être une prévoyance sociale, organisant les secours mutuels et régularisant les dons de telle manière, que chaque homme puisse subir son épreuve ou remplir sa vie selon le but de la Providence, recevant de l'éducation dans l'enfance, des secours en cas de maladie quand il est homme fait, une retraite lorsqu'il ne peut plus travailler.
Au point de vue de la science , nous devons appuyer sous deux rapports, les cliniques spéciales : pour les médecins faits et pour les étudiants. La création de spécialités formant dans chaque ville où elle s'établit, les éléments d'une Académie de Médecine , cette ville devient un centre vers lequel convergent aussitôt tous les cas graves de sa circonscription ; le chiffre des opérations s'y multiplie , parce que des besoins qui n'étaient pas satisfaits songent à réclamer en leur faveur : chacun s'empresse de demander les secours de celui que l'on croit plus apte à guérir ses souffrances. — Chaque spécialité exige aussi le concours d'un élève , et fait vivre un étudiant dans l'intimité d'un homme susceptible de lui être trèsutile ; il n'est pas indifférent non plus pour la jeunesse si laborieuse de nos écoles, de voir créer des fonctions nouvelles , car aujourd'hui les rangs sont serrés à désespérer les plus ardents au travail.
Nous ne pouvons passer sous silence l'utilité des spécialités pour détruire la médecine ambulante et supprimer la médecine illégale. Dans nos campagnes , le médecin voyageur partage avec les sorciers et les rebouteurs la clientelle des cas graves. Rien ne lui coûte pour arriver au but : il est toujours professeur de clinique dans une ville dont le nom
reste inconnu, attaché à un ou plusieurs hospices; médecin d'un prince , au besoin même de plusieurs, décorés de divers ordres;J constamment il a fait des cures merveilleuses ; au besoin il transforme les insuccès en succès , ou mieux encore il s'approprie les guérisons d'autrui. Où le philosophisme domine, il est philosophe, où le protestantisme, il est protestant, où le catholicisme, il est catholique, et se présente comme chevalier de l'éperon d'or et médecin du pape, s 'annonçant au prône des grandes messes par la bouche des curés , auxquels il se fait recommander par leur évêque. C'est moi qui ai guéri telle aveugle-née, de L...., vous dit l'un, mais cette aveugle-née ne voit pas ; c'est moi qui ai opéré M. G. , de Châteaubriant , disait dans cette ville un impudent coquin diplômé, qui partit le lendemain de son arrivée, emportant l'argent qu'il avait reçu d'avance, pour prix de traitements à faire, et jamais il n'avait ni opéré ni même vu M. G.; c'est moi qui ai guéri Mounier d'Allaire, âgé de 30 ans, cataracte de naissance, disait à 80 kilomètres de distance un homme illettré, qui faisait de l'œil la plus belle organe du corps humain , sans s'inquiéter de savoir si ce mensonge pourrait être reporté au véritable opérateur de Mounier d'Allaire.
Les individus non diplômés qui exercent la médecine, s'attachent surtout aux spécialités. Les uns, comme les rebouteurs et les sorciers , n'exercent plus une grande influence. Nous avons eu toutefois , dans la Loire-Inférieure, un rebouteur assez instruit et d'une habileté consommée, qui employait traditionnellement des méthodes extrêmement simples, celle de Malgaigne, par exemple, pour guérir la luxation de l'humérus. Mais l'on ne saurait assimiler les corps religieux , du moins quant à l'influence , aux sorciers et aux rebouteurs, parce que leur médecine , bien qu'ignorante et illégale, n'en est pas moins très-recherchée par toutes
les classes de la société , toutes partageant les mômes préjugés et les mêmes erreurs; l'éducation ne faisant trop souvent que jeter un brillant vernis sur les individus qu'elle n'a pas réformés. Ici c'est un établissement sans médecin, très-irréguher, contenant 3 à 400 malades payants, qui attire les clients par une sorte de consultation gratuite; ailleurs, ce sont des frères et sœurs de divers ordres , mus par une charité très-dévouée le plus souvent, mais presque toujours dépourvus des connaissances nécessaires et constamment en opposition avec la loi, souvent même très-hostiles au pouvoir, qui a la faiblesse de tolérer de semblables abus. — Chose inconcevable, on augmente les difficultés du doctorat , l'on poursuivrait impitoyablement un étudiant qui, sans titre, se permettrait, même après trois ou quatre années d'études, de pratiquer la médecine avec connaissance de cause, et l'on tolère, au sein des plus grandes villes, les violations de la loi les plus dangereuses !
L'administration, dans la création des spécialités, doit trouver trois avantages : l'un , celui de s'aider de leur concours pour détruire par le fait, les abus que les lois ne peuvent atteindre; il n'est pas indifférent, en effet, de créer dans chaque ville de vingt à cent mille âmes et plus, des habiletés particulières , susceptibles de propager les bonnes pratiques et de répondre à des vœux qui ne sont point satisfaits partout. Le second avantage serait de donner à chaque ville possédant des spécialités un certain renom médical , qui contribuerait à en faire un centre plus important. En troisième lieu, ce serait un moyen de réduire les services internes des hospices, qui coûtent en moyenne un franc par homme , par la substitution de services externes qui ne reviendraient qu'à cinq ou dix centimes par jour et pour chaque malade. L'administration doit considérer encore et les intérêts de la science et les devoirs d'humanité qu'elle doit accomplir.
Désireux d'apporter des faits nouveaux dans l'étude de cette question, nous avons traité, en 1841 , de concert avec notre ami et beau-frère, M. Le Sant , pharmacien, cinquante indigents atteints de maladies cutanées, gale, teigne, prurigo, eczéma , et nous avons trouvé qu'en réduisant le prix des médicaments comme il doit l'être en pareille circonstance, la guérisonde chacun d'eux ne coûtait pas quatre francs. Depuis lors , nous avons fait une seconde expérience sur des vénériens syphilitiques, présentant des syptômes primitifs et secondaires : le résultat en a été le même. Quant à l'oculistique, les faits que nous allons exposer seront encore plus favorables à la thèse que nous soutenons.
Bourgeot Saint-Hilaire , dans sa lettre à un médecin de province (Paris 1836), nous donne quelques-uns des résultats des dispensaires d'outre-mer.
Le London-lnfirmary , nous dit il , eut d'abord pour siège une maison particulière, mais le montant des souscriptions permit bientôt de bâtir l'édifice actuel , qui fut ouvert au public en mars 1805 : il se compose d'une maison à deux étages, isolée, entourée sur la cour d'une belle grille, et ayant sur les derrières une vaste cour, faisant jardin; dans un bâtiment en aile existe un amphithéâtre capable de contenir vingt-cinq élèves, et servant aux leçons cliniques. Ce fut là que Lawrence donna ces lectures sur les maladies des yeux , qui , d'abord sténographiées et insérées dans le journal médical la Lancette, ont été transcrites dans notre langue par feu Billard.
Le personnel de l'établissement se compose de deux médecins consultants , de deux chirurgiens en chef et de deux adjoints ; le nombre des malades en traitement est de deux à trois cents par jour.
Il y a dans l'établissement trente lits formant un service interne.
En 1835, le Lôndon-Infirmary a reçu :
Consultants externes 5,332
internes 191
U». *>utre établissement du même genre, le dispensaire de Wesminster, a reçu :
Consultants externes 2,407
internes 84
Ensemble 8,014
M. Cuniera publié dans ses annales d'oculistique , les résultats remarquables obtenus à Bruxelles par le dispensaire qu'il a fondé avec le secours de quelques médecins et les dons volontaires de plusieurs pbilantropes. Son ouvrage étant entre les mains de toutes les personnes qui s'occupent d'ophtalmologie, nous y renvoyons nos lecteurs.
Nous ne connaissons pas assez les institutions ophtalmologiques d'Allemagne et d'Italie pour en parler ici; mais nous trouverions dans notre clinique privée de nouveaux arguments en faveur de la thèse que nous soutenons.
De 181 5 à 1840, si nous sommes bien informé, le nombre des opérations graves des yeux faites à Nantes , a donné une moyenne d'environ trente à trente-cinq. Nous avons commencé en 1832 à figurer dans ce chiffre pour quelque chose; en 1834 , nous avons pratiqué dix-sept opérations de cataracte et quatre de pupille artificielle; en 1840, vingt opérations de cataracte et cinq de pupille artificielle; de 1834 à 1840, nous avons soigné, année commune, cinq cents maladies d'yeux. En 1841 , fort de notre expérience, confiant dans quelques méthodes nouvelles , fruit de nos études , et désireux de nous créer une clinique véritable , nous transformons notre consulation en un dispensaire où les indigents trouvent gratuitement soins et médicaments. Aussitôt la question change de face; le nombre de nos maladies oculaires s'élève en
moyenne à cent vingt et plus par mois, environ mille quatre cents par année. Quant au chiffre de nos opérations graves , le voici ;
1841 . — Cataractes 34 \
Pupilles artificielles 35 V 80
Autres opérations graves ou curieuses. . 11 )
1842 . — Cataractes 58 i
Pupilles artificielles 22 \ 99
Autres opérations graves ou curieuses. . 19 )
1843 . — Cataractes 31 i
Pupilles artificielles 45/91
Autres opérations graves ou curieuses. . 15 j
Nous n'avons jamais enregistré nos sections musculaires pour strabisme , nos petites opérations pour l'ectropion , nos resections de muqueuses , nos dissections de paupières dans l'ankilo-blepharron , nos extractions de kistes,etc. , etc.
Si la moyenne des opérations graves des yeux a triplé à Nantes depuis trois ans, et si dans le chiffre actuel nous figurons pour près des huit dixièmes, quoique simple adjoint aux hospices, à quoi l'attribuer si ce n'est à l'institution de notre dispensaire? Il y a donc des besoins qui réclament aujourd'hui les secours de l'art et qui se taisaient autrefois. Notre dispensaire rend donc d'utiles services, et c'est une source abondante d'études , soit pour nous , soit pour nos élèves. Pourquoi de semblables institutions ne seraient-elles pas généralisées , pourquoi à Nantes et dans les autres grandes villes de France, n'y aurait-il pas aussi des consultations publiques et gratuites pour les autres maladies ?
N'avons nous pas honte d'abandonner à des ignorants et des charlatans la pratique des spécialités , quand , pour les exercer avec honneur, il faut y arriver avec des connaissances générales très-étendues. De toutes les maladies spéciales, ce
sont celles de la bouche et des dents qui répugnent le plus aux docteurs en médecine , et cependant les plus grands médecins et chirurgiens des temps passés les ont étudiées avec ardeur. Hippocrate , Celse, Scribonius, Galien, chez les anciens ; Haly, Abbas , Rhasès , Abulkasen , entre l'époque classique et le moyen-âge; Guy de Chauliac, Benedetti, Paré, André de la Croix, Pierre Foreest, Fabrice de Hilden, Dupont, Stultet, Highmore, Marschall, et plus tard Verduc , Ruysch, Meibomius , Heister , Garengeot , Le Dran , Planque , Bordeu , Plaff, Bordenave, Brunner, et tant d'autres, postérieurs à ces grands hommes, se sont occupés des maladies de la bouche et des dents , comme il conviendrait que nos élèves s'en occupassent bien plus spécialement, eux qui doivent pour moitié pratiquer la médecine dans les campagnes. Mais où les jeunes gens puiseront-ils mieux qu'auprès des hommes spéciaux les connaissances nécessaires à leur avenir ; faut-il donc les réduire à se faire les élèves d'officiers de santé fort ignorants, la plupart, ou les condamner à manquer d'habileté pratique dans l'une des branches de l'art de guérir?
Une fois ce qui précède accepté comme vrai , le ministre de l'intérieur pourrait trancher la question par une simple ordonnance ainsi conçue :
Art. 1er. Il sera créé auprès de chaque hospice un service externe pour les malades pauvres du dehors.
Art. 2. Les malades y recevront gratuitement soins et médicaments.
Art. 3. Ce service comprendra les consultations suivantes qui pourront se faire à des heures différentes :
Maladies générales internes.
Chirurgie générale.
Maladies des yeux.
Maladies de la bouche et des dents.
14 DE l'organisation dks spécialités.
Maladies de la peau.
Maladies vénériennes.
Orthopédie.
Art. 4. Dans les villes possédant cinquante médecins et au-dessus , chacune de ces spécialités devra être remplie par un seul ; dans les villes possédant moins de cinquante médecins, un seul pourra être chargé de deux ou de plusieurs services réunis.
Art. 5. Les préfets sont chargés de s'entendre avec les maires et les administrateurs des hospices , pour la prompte exécution de la présente ordonnance.
Que le gouvernement entre dans cette voie, et les spécialités , de nuisibles qu'elles sont aujourd'hui , deviendront un bienfait social.
Nantes, le 28 décembre 1843.