‹ Etudes d'oculistiqueChapitre 36 sur 38 · CÉCITÉS PRODUITES PAR DES LEUCOMES · texte numérisé non relu

CÉCITÉS PRODUITES PAR DES LEUCOMES

Dans les leucômes, situés à la partie externe de l'œil, et dans les staphylômes, nous préférons la distention forcée de la pupille ou enclavement dans un trou fait à la cornée par un emporte-pièce à toute autre méthode. S'il faut opérer du côté

du nez, il devient extrêmement difficile avec des pinces d'aller saisir l'iris par une incision faite au côté interne de la cornée , parce qu'on s'expose dans les mouvements de l'œil à blesser la capsule du cristallin ou à froisser le corps iridien. Au contraire pour peu que l'on ait pratiqué à la cornée une incision de quatre à cinq millimètres, il est assez facile de porter dans cette incision la portion plate de notre emporte-pièce et de faire subir à la cornée une perte de substance ovalaire ou presque circulaire , selon le désir de l'opérateur ou l'exigeance de la situation. Cette ouverture établie, l'action de la belladone aidant la pression des muscles de l'œil, l'iris se trouve poussé mécaniquement et forcément dans la perforation faite à la cornée avec l'emporte-pièce à deux branches dont nous faisons usage, et il suffit de quelques cautérisations pour l'y maintenir. Ce procédé, au dire de M. Deval, serait plus mauvais que ceux d'Hymly et d'Adams. Pourquoi donc? Serait-ce parce qu'il nous a donné constamment d'assez bons résultats , tandis que les procédés d'enclavement d'Hymly et d'Adams qui ne peuvent servir que très-difficilement à pratiquer des pupilles artificielles à la partie interne et à la partie supérieure de l'œil, échouent une fois sur trois. Serait-ce encore parce que notre procédé met à l'abri de toute lésion de la capsule en opérant mécaniquement ladistention de la pupille, tandis que Hymly, Adams, Tyrrell et autres étaient obligés de saisir l'iris avec des pinces ou une érigne. Serait-ce, enfin, parce que les plaies de la cornée qui contiennent une portion lacérée de l'iris guérissent plus difficilement qu'une perforation à l'emporte-pièce , perforation bien moins grave que celles produites par les coups de capsule, les affections scrophuleuses , syphilitiques et rhumatismales.

MM. Sichel et Rognetta ont agi autrement à notre égard sans daigner lire le mémoire que nous avions eu l'honneur de leur adresser , l'un et l'autre nous ont accusé de plagiat, c'est-à-dire, de vol scientifique.

IRITIS. 141

Le premier l'a fait, en 1841 , avec quelque réserve et quelques formes, nous lui avons répondu dans la Gazette Médicale de Montpellier, et depuis, M. Cimier, dans son supplément aux annales de 1842, s'est prononcé contre M. Sichel, après avoir employé notre emporte pièce pour produire une distension forcée de la pupille. Mais tout récemment dans un ouvrage publié en 1844, voilà que M. Rognetta nous accuse à son tour , de plagiat. Cette fois ce n'est plus Hymly, c'est Adams , dont nous nous sommes attribué l'invention , ce sont Gibson et Tyrrel dont nous imitons la manière d'agir; notre procédé n'est autre que le leur , et c'est sans doute par inadvertance que nous nous en croyons l'inventeur.

Nous avons suffisamment prouvé par ce qui précède , la différence qui existe entre les enclavements de nos prédécesseurs et celui que nous avons proposé d'abord en 1835, (Lettre à Ribes de Montpellier.) puis en 1841. Nous laisserons donc cette question de côté ; mais nous dirons à M. Rognetta , que la critique a ses obligations de convenance, d'honneur, déloyauté, obligations qu'il a complètement oubliées à notre égard.

Un point très-important lorsque l'on opère du côté du nez, c'est de mettre en pratique l'excellente innovation du docteur Cunier, en coupant le droit interne pour produire un étrabisme artificiel.

Nous avons apporté à notre méthode d'enclavement une amélioration très-utile lorsque l'on peut s'en servir. Si après l'incision de la cornée, l'iris fait une hernie sous le lambeau de cette membrane légèrement soulevé, nous excisons d'un seul coup , à l'emporte pièce , la hernie et un petit morceau de la cornée. Dans ce cas, la partie de l'iris qui tient au cercle ciliaire vient boucher l'incision de la cornée ; il n'y a pas d'hémorragie à cause de la nature de l'instrument qui coupe en contondant et nous n'avons jamais

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