DE LA MÉNINGO-ENCÉPHALOCÈLE ET DE SON TRAITEMENT
L’enfant que je vais opérer porte à la nuque une volumineuse tumeur congénitale dans laquelle il est facile de reconnaître à première vue une méningocèle. Je vais faire une étude détaillée de tous les caractères qu’elle présente, afin de justifier la tentative opératoire à laquelle je compte la soumettre.
L’enfant a trois mois et demi, il est robuste et s’alimente bien, et se trouve, par conséquent, dans de bonnes conditions générales. La tumeur, qui est pédiculée, s’attache à la partie inférieure de la région occipitale et se loge dans la concavité de la nuque. Elle dépasse aujourd’hui le volume du poing; son accroissement a été assez rapide depuis quelque temps ; toutefois, au dire de la mère, elle avait déjà, à la naissance, les dimensions d’un petit œuf. Elle est fluctuante et d’une transparence telle qu’il suffît, pour constater ce caractère, de la regarder à contre-jour. On serait donc tenté d’admettre qu’elle ne renferme que du liquide. Cependant, une légère pénombre près du pédicule m’impose quelque réserve à cet égard. Enfin, on constate un caractère important : lorsque l’enfant crie, la tumeur se tend, et on voit nettement se dessiner un sillon vertical qui la sépare en deux lobes latéraux. Elle est donc réductible et, par conséquent, en communication avec la cavité crânienne.
Je n ai pas voulu pousser trop loin cette réduction; elle