Angiome profond situé sur le trajet du nerf tibial
POSTÉRIEUR ET DONNANT LIEU A TOUS LES SYMPTÔMES d’üN NÉVROME.
Fillette de 9 ans entrée le 22 novembre 1890, salle Lenoir, n° 26. Début par de la gêne dans la marche il y a deux ans; progressivement, le pied s’est mis en équinisme. Un traitement, par l’immobilisation dans un plâtre (six semaines), il y a un an, a été sans résultat.
Actuellement, on trouve dans le tiers supérieur de la jambe droite une petite tumeur allongée du volume d’un haricot qui parait
RECUEIL DE FAITS CLINIQUES
située sur le trajet du nerf tibial postérieur. Elle est très douloureuse à la pression ainsi que le trajet du nerf dans le mollet. On diagnostique un névrome et on l’extirpe. Immobilisation dans un appareil plâtré, puis dans un silicate. Retour complet des fonctions.
Toutefois, un an plus tard, l’enfant était ramenée avec un certain degré de contracture des fléchisseurs du genou; on réveillait un peu
c, Cavités irrégulières de l’angiome remplies de globules sanguins et tapissées d’endothélium. — l, Cloisons conjouctives séparant ces cavités. — f, Tissu fibreux dense. — fi , Noyaux des cellules de ce tissu. — M, M', Fibres du soléaire dissociées et atrophiées. — g , Ilot de tissu adipeux.
de douleur par la pression au niveau de la cicatrice. Ces phénomènes paraissent cesser sous l’influence de pulvérisations de chlorure de méthyle.
L’examen histologique a montré les faits suivants :
Sur des coupes des fragments enlevés, on constate la présence de cavités de dimensions variables, remplies de sang et tapissées d’en-
TUMEURS
dothélium. Ces cavités irrégulières ne sont séparées que par des cloisons souvent très minces, parfois incomplètes, de tissu conjonctif (fig. 18).
11 s’agit donc d’un angiome caverneux.
Un fait intéressant, c’est, dans le voisinage de ces cavités, la densité qu’acquiert le tissu conjonctif: on se trouve en efïet en présence d'un tissu fibreux extrêmement serré, pauvre en cellules, à faisceaux entre-croisés. Au milieu de ce tissu fibreux, on voit les fibres du soléaire dissociées, éloignées les unes des autres, mais surtout remarquables par le degré d’atrophie considérable qu’elles présentent (fig. 18, M, M').