‹ Études de clinique chirurgicaleChapitre 80 sur 99 · Aphasie hystéro-traumatique · texte numérisé non relu

Aphasie hystéro-traumatique

Auguste M..., charretier, âgé de 26 ans, étant en état d’ivresse, se prend de querelle avec deux camarades et reçoit sur la tête un coup de manche de fouet qui lui fait une blessure insignifiante (petite plaie cutanée toute superficielle, sans décollement ni thrombus siégeant au cuir chevelu à 6 centimètres au-dessus et en avant de l’oreille droite).

Aussitôt il se trouve dans l’impossibilité de parler ou de crier. Il n’est pas tombé, n’a pas eu de convulsions et est allé s’asseoir sur un banc du boulevard où des agents l’ont trouvé et amené à l'hôpital.

C’est un jeune homme de bonne santé, un peu pâle, blond, peu musclé pour son état. Pas de maladies antérieures, pas de crises de nerfs; il n’est pas d’un caractère emporté. S’adonne souvent à l’absinthe et s’enivre quelquefois. Aucun stigmate d’hystérie. Champ visuel intact. Motilité, sensibilité et réflexes partout normaux. L’intelligence n’est pas atteinte, le malade fait signe qu'il comprend ce qu’on lui dit. On voit manifestement qu’il fait les plus grands efforts pour parler, mais il ne se produit qu’une sorte de sifflement inspiratoire, la face se congestionne, il s’irrite et pleure. Il n’a jamais su écrire que son nom, et peut le faire.

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