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Arthrite fongueuse nu poignet droit

Traitement préliminaire par la tuberculine. Résection du poignet.

Hercule C..., 34 ans, entré le 26 décembre 1890, salle Malgaigne, n° 14. Ce malade avait déjà été opéré six ans auparavant par M. Nicaise pour une synovite à grains riziformes du poignet et de la main. Récidive depuis six mois, mais actuellement ce sont les articulations carpiennes qui sont atteintes: fongosités abondantes sur la face dorsale, s’étendant jusque sur le dos de la main, œdème, empâtement, douleur vive, impotence fonctionnelle. Les lésions sont telles qu’on songe à l’amputation. Il existe, en outre, au sommet gauche des signes de tuberculose au second degré.

Les injections de tuberculine sont proposées au malade et acceptées. Le poignet est maintenu par une gouttière plâtrée.

8 déc., 0ms,5 (1/2 milligramme). Aucune réaction.

13 déc., 0ms,6. Pas de réaction.

19 déc., 0me,7. Quelques douleurs dans la main, T. 37°, 6.

24 déc., 0mg,8. Céphalalgie, coliques, vomissements.

30 déc., 0mg,8. Lourdeur de tête, douleurs gastriques, abattement.

10 janv., 0mg,9. La température monte à 38 degrés.

21 janv., t milligramme. T. 38», 2.

26 janv., lrag,2. T. 38 degrés.

L’amélioration du côté du poignet permet de songer à une inter-

(1) Bien que ces ipjections de tuberculine aient été entreprises sur sept à huit malades, nous ue donnons ici que les observations de quatre d’entre eux. les autres s’étant soustraits au traitement après une ou deux injections.

INJECTIONS DE TUBERCULINE

venlion chirurgicale conservatrice. Il n’est plus question d’amputation et le 6 février on pratique la résection typique du poignet. Les fongosités restantes sont grattées à la curette; réunion immédiate sauf au niveau d’un drain dont le trajet demeura fistuleux pendant deux mois.

A partir de l’opération, l’état général s’améliora considérablement, et la guérison un an après paraissait encore définitive.

55. — Tuberculose osseuse du tibia. Abcès froid d’origine costale.

Injections de tuberculine. Amputation de la cuisse.

Célestin A..., 25 ans, entré le 21 janvier 1891, salle Malgaigne, n° 28.

Ce malade a déjà eu une pleurésie il y a trois ans. Il y a deux ans, je lui fis à l'hôpital Saint-Louis un évidement de l’extrémité supérieure du tibia à la suite duquel persista un trajet fistuleux.

Actuellement, ce trajet conduit sur une dénudation du tibia et de la tête du péroné. En outre, il existe au niveau de la septième côte droite sur la ligne du mamelon, un abcès froid ayant les dimensions de la moitié d’une orange.

Le malade accepte les injections de tuberculine.

20 janvier: 0mg,5 le matin. Le soir à dix heures, température 88 degrés, vomissements, céphalalgie, douleurs lombaires et au niveau de l’abcès froid.

Les jours suivants, le malade ressent encore quelques phénomènes douloureux. L'abcès froid a diminué.

4 février: 0me,7. Le soir, température 38°, 1, céphalalgie, abattement.

Diminution marquée de l’abcès les jours suivants. Gonflement et rougeur au niveau de la fistule du tibia

7 février: 1 milligramme. Le soir, 38 degrés, vomissements, douleurs dans l’abcès.

10 février: lrab',3. Réaction violente, douleurs dans les reins et dans 1 abcès. Vomissements bilieux qui persistent les jours suivants, ainsi que 1 abattement. L abcès froid augmente, le genou se tuméfie et on constate les signes d’un poussée d’arthrite dans le genou voisin de la fistule.

28 février : 11 s’est formé un nouvel abcès froid à la base du thorax en arriéré du côté droit. Le genou est envahi par les fongosités, extrêmement douloureux, la température s’élève, l’état général s’affaiblit au point que quatre jours plus tard ou dut pratiquer l’amputation de la cuisse. Réunion primitive, le malade guérit.

RECUEIL J) E FAITS CLINIQUES

56. — Arthrite tuberculeuse sternale. Abcès eroid u’origine costale ET ADÉNITE CERVICALE SUPPURÉE. INJECTIONS DE LYMPHE DE Kocu. Guérison.

Jules L..., âgé de 45 ans, entré le 29 octobre 1890, salle Malgaigne, n° 48. Pas d’antécédents personnels. Un de ses enfants a dû subir une amputation de jambe pour tumeur blanche tibio-tarsienne. Depuis six mois, cet homme a beaucoup maigri (15 kilogr.) ; il a des sueurs nocturnes et tousse fréquemment. Il porte au niveau de l’articulation des deux premières pièces du sternum une tumeur violacée du volume d'un œuf, en partie tluctuante, en partie formée de fongosités. Elle est incisée immédiatement. Sur le bord axillaire de l’omoplate droite, il existe un abcès froid bilobé du volume du poing ; enfin, sur la partie latérale gauche du cou, une chaîne de ganglions dont l’un, du volume d’une noix, est suppuré. Il existe des lésions pulmonaires non douteuses : submatité au sommet droit en arrière, respiration rude, retentissement de la voix et de la toux.

On fait le 5 novembre une ponction dans l’abcès froid dorsal qui évacue 25Ü grammes de pus, et on injecte 30 grammes d’éther iodoformé. L’abcès se reproduit peu à peu et 10 jours plus tard a repris le même aspect.

8 décembre : avec l’assentiment du malade on entreprend des injections de tuberculine de Koch. Première injection de 1 milligramme.

Le soir, frissons; température, 39°. Céphalalgie. Pas de réaction locale, pas de modifications de l'urine.

13 décembre (1“*,B). Le soir, céphalalgie, frissons, douleurs, lombaires, rien dans l’urine. Quatre jours plus tard, on constate que le ganglion cervical suppuré est devenu plus dur et plus petit.

19 décembre Le soir, violent frisson, 39 degrés, courbature,

douleur dans le ganglion cervical. Ictère très accusé qui avait débuté déjà avant l’injection.

20 décembre . Les urines des 24 heures ont atteint .1 litres. Pas d’albumine.

21 décembre. L’état ictérique diminue ; urines, 4 litres.

31 décembre. La polyurie a persisté. Diminution très marquée de l’abcès ganglionnaire et de l’abcès thoracique.

L’amélioration suit une marche progressive aussi bien du côté de l’état local que de l’état général. Le malade engraisse et le 31 janvier l’ulcération qui avait fait suite à l’abcès du sternum était a peu près complètement cicatrisée, l’abcès ganglionnaire était entière-

INJECTIONS DE TUBERCULINE

ment disparu, et l'abcès thoracique réduit à un cercle de noyaux d’induration, sans trace de liquide.

Le malade a été revu depuis à plusieurs reprises, l’abcès du sternum est resté fîstuleux environ deux mois, puis s’est totalement cicatrisé et la guérison paraît définitive.

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