Mandat. I
lisons-nous, est notre mère à tous, qui nous a engendrés dans la sainte Eglise, à qui nous avons fait serment d'allégeance. » Le mot « repromittere » £:TaYY£À>.eaOai, est caractéristique; saint Ignace s"en était déjà servi pour indiquer sa profession de foi. Les termes « sainte Eglise » ne sont pas moins dignes de remarque. M. Zahn en conclut, et M. Burn après lui, que l'article « sainte Eglise » était contenu dans le Credo baptismal de Marcion, et par là même dans le Credo romain de l'an 145^.
Nous serart-il donné de recueillir de plus amples renseignements dans les œuvres de saint Irénée? Ce docteur relie en quelque sorte l'Orient à l'Occident, et marque la transition entre l'âge apostolique et le iii'^ siècle. Il naquit en Asie Mineure, et fut disciple de saint Polycarpe. Jeune encore, il vint en Gaule et reçut la prêtrise à Lyon. Une importante mission qu'il remplit à Rome lui fournit l'occasion de connaître le Credo de cette église. Il était naturel que ses écrits contre les hérésies du temps renfermassent sa profession de foi. On y lit un Credo qui se rappi'Oche, plus que tous ceux que nous avons étudiés jusqu'ici, du Symbole romain^. Par exemple, les formules « un Dieu le Père tout-puissant », « le Christ Jésus qui a souffert sous Ponce-Pilate », sont caractéristiques du romain. Par contre, « créateur du ciel et de la terre et de la mer », et quelques autres traits montrent, à l'évidence, que le Credo de Rome, à supposer qu'il ait été déjà fixé, n'a pas fourni à saint Irénée tous les éléments de sa profession de
1. Z^\\n,Das Apostol. Symbol, p. 3-2 et seq.; Burn, ouv. cité, p. 57.
a. Contra Haeres., lib. I, cap. ix, n° 4. Voir le texte et d'autres passages parallèles dans Hahn, p. 6-8; Burn, p. 41-44; Kattcnbusch, t. II, p. 2a-o3.
foi. De son temps, l'Eg-lise était néanmoins fortement organisée, et, à l'en croire, les diverses communautés chrétiennes, la Germanie, l'Ibérie, les Celtes, l'Egypte , la Libye , avaient reçu la même foi^. Mais il faut entendre cette assertion dans le sens d'une réelle unité de doctrine et non dans celui d'une rigoureuse uniformité de formule.
Au iii^ siècle, le Credo romain est en plein usage. Les témoignages abondent en faveur de son texte. Citons notamment Novatien à Rome, saint Cyprien et Tertullien en Afrique.
Novatien, qui s'éleva contre le pape Corneille et entreprit de le supplanter, écrivit vers 260 un traité De Trinitate, où percent très visiblement les allusions au Credo de l'Afrique et de Rome. Il s'inspire de Tertullien et lui emprunte son expression : « régula veritatis » . Les principaux articles du Symbole romain sont cités par lui en termes reconnaissables ; nous les donnons en note^.
Dans les lettres 69 et 70 de saint Cyprien, qui sont des environs de 255, nous lisons les formules suivantes : « Credis in remissionem peccatorum et vitam aeternam per sanctam ecclesiam? » et « Credis in vitam aeternam et remissionem peccatorum per sanctam ecclesiam? » L'emprunt au questionnaire baptismal est manifeste. A noter les mois « vitam aeternam », qu'on ne lit pas dans le Symbole romain.