Cf. Burn, p. 211--215 ; Halin, p
Victrice ^ et dans le Fides Romanorum '-. Le Credo de Victrice contient encore, pour Tarticle septième, la variante ad dexteram Dei Patris, au lieu de ad dexteram Patris, variante que nous apercevons pour la première fois dans la formule de Rimini rédigée par Phébadius d'Agen, et que nous rencontrons dans le Credo de Priscillien en Espagne et de Pelage en Grande-Bretagne ^. Cette parenté entre l'église de Gaule et celle de la Grande-Bretagne n'a rien de surprenant. Les communications étaient fréquentes à cette époque entre les deux pays. Victrice de Rouen traversa le détroit et séjourna quelque temps en Grande-Bretagne vers l'an 396'. Saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes suivirent ses traces quelque vingt ans plus tard. Les questions doctrinales n'étaient pas étrangères à ces déplacements épiscopaux. Les règles de foi des deux pays s'en ressentirent inévitablement.
Nous avons ainsi fait presque le tour de la Méditerranée, et nous avons consulté les Symboles des églises qui sont, si je puis m'exprimer ainsi, comme les satellites de l'Eglise romaine. Dès la fin du IV® siècle, chacune apporte sa variante au texte romain primitif et sa contribution au Credo qui sera le formulaire définitif de l'Église latine. Aquilée donne : descendit ad inferna; Nicétas de Remesiana fournit creatorem caeli et terrae^ et catholicam, et communionem sanctorum ^ ; le contingent
\. Le Credo de saint Victrice, tiré de son De Laude Sanctorum, cap. IV (édit. Tougard, Paris, 1895, p. •18), se lit dansBurn, p. 218, et dans Hahn, p.TO, 285.
•1. Sur le Fides Romanorum, cf. Burn, p. ilo-iîlS.
3. Le Credo de Pelage, dans Burn, p. 228, et dans Hahu, p. 288.
4. Cf. son De Laude Sanctorum, cap. i, n° 2, éd. Tougard, p. ii. b. Nicétas est-il l'auteur du Communionem Sanclo7-um, ou l'a-t-i'
de l'église d'Afrique consiste dans l'addition de <>/tam aeternam an dernier article; la Gaule modifie le quatrième article en y ajoutant passas, et le septième par l'apposition Dei; Priscillien offre 'déjà la forme qui sera plus tard adoptée pour ce septième article : ad dexteram Dei Patris omnipotentis. Qu'une église ramasse toutes ces variantes et les fonde dans son Credo^ et nous aurons, ou peu s'en faut, le formulaire qui constitue le Textus receptus.
IMais ce n'est pas là l'œuvre d'un jour ; il y faudra employer des siècles. La Gaule fut, à ce qu'il semble, le théâtre de cette lente élaboration.
Nous avons remarqué que la légende de Rufm reçut en Gaule sa forme dernière. Des documents assez nombreux font voir quel travail s'est accompli dans cette église autour du Credo. Nous ne nous attarderons pas à citer les formules de foi de Salvien ', de Leporius ^, de Bacchiarius ^, qui ne fournissent
emprunté et à qui ? Dom Morin étudie cette question dansiîei'ue d' Histoire et de Littérature religieuses (n° de mai-juin 1U04, p. 20;)-23o). Son opinion est que la formule est d'origine orientale, voire arménienne, et que Nicétas l'a empruntée à Cyrille de Jérusalem qui l'avait insérée dans son Credo.
i. De Gicbernatione Dei, VI, 6.
2. Leporius (v« siècle), né à Trêves, fut prêtre à Marseille; il tomba dans le nestorianisme, fut converti par saint Augustin et revint en Gaule. Sa profession de foi : Libellus emendationis sive satisfaclionis est adressée aux évêques de Marseille et d'Aix. Dans Migne, P. L., t. XXXI, col. 1224; Hahn, p. 299; Burn, p. 133.
3. Bacchiarius était Espagnol; il vint en Gaule, où il fut soupçonne de priscillianisme. Pour se justifier, il composa une profession de foi : fides Bacchiarii, dans Migne, P. L,, t. XX, col, 1023; Burn, p. 131; Hahn, p. 28U.
aucune lumière sur notre sujet. Mais, dès le v*^ siècle, on aperçoit dans le Credo de Fauste de Riez des variantes qui le rapprochent sensiblement du Textus receptus. « Creatorem caeli etterrae», « mortuus », u descendit ad inferos », manquent encore; mais les quatre derniers articles ont leur forme définitive ^ , SAwî obî^emissa peccatorum, au lieu de remissionem peccatoruin ( « obremissa » est probablement d'origine bretonne ou irlandaise; on le retrouve dans VAntiphonairede Bangor, fin du vii^ siècle -).
Saint Césaire d'Arles (f 542) fait un pas de plus que Fauste. Son Symbole n'a pas encore creatorem caeli et terrae; au septième article il manque Dei omiiipotentis. Mais, sauf ces lacunes, tous les éléments qui entreront dans la composition du Textus receptus se trouvent réunis; la forme seule est différente de celle qui prévaudra, par exemple ad inferna descendit au lieu de descendit ad inferos, etc. ^.
En regard du Credo de Césaire, nous pourrions placer celui de son contemporain, Cyprien de Toulouse, qui n'en diffère que par quelques mots, notamment l'omission de mortuus et la forme çenturus judicaturus au lieu de çenturusjudicare^. Une particularité plus intéressante à noter, c'est la triple répétition du mot Credo qui se trouve en tête de chacune des trois divisions du Symbole : Credo in Deum Patrem; Credo et in Jesum Christum ; Credo