Maassen, Concilia meroving.,^^. 2 et
lii ÉTUDES DE CRITIQUE ET D'HISTOIRE.
de mettre un frein à l'arbitraire des princes, l'épiscopat maintint avec fermeté le droit électoral du peuple et du clergé.
La mémoire de Clovis échappe au reproche de simonie ; mais, sous le gouvernement de ses fils, il n'est pas rare de voir des clercs ou même des laïques obtenir à prix d'argent les sièges épiscopaux qu'ils ambitionnent. Grégoire de Tours remarque expressément que ce germe abominable de la simonie prit naissance et fructifia sous Thierry 1"^ Si au siècle précédent Sidoine Apollinaire pouvait dire que le siège de Bourges n'avait pas été acheté parce qu'il n'y avait pas eu de vendeur ^, son fds trouva malheureusement un vendeur dans le roi, lorsqu'il se présenta à la cour pour acheter le siège de Clermont ^. Les sages considéraient cette pratique comme un abus et une iniquité. Gall de Clermont se félicitait de n'avoir dépensé au palais qu'un tiers de sou, par manière de pourboire, à l'occasion du dîner que Thierry avait donné en son honneur'*. Vers le même temps les conciles commencent à sévir contre la simonie. Le second concile d'Orléans s'ouvrit le 23 juin 533. La cité appartenait à Childebert; mais nombre d'évêques des deux autres royaumes y assistèrent. C'est là que la simonie fut condamnée pour la première fois^. L'année d'après, Thierry mourait. Le 8 novembre 535
i. « Jam lune germen iniquum coeperatfructificarc, ut sacerdotium aut venderetur a regibus aut conipararetur aclericis. » Vitae Palrum, VI, 3. Cf. ce que nous avons dit de la nomination d'Apollinaire de Clermont.