‹ Études de critique et d'histoire religieuse (volume 2)Chapitre 9 sur 168 · Cf. BatilTol, loc cit., note précédente · texte numérisé non relu

Cf. BatilTol, loc cit., note précédente

« Craignant que toute l'Ég-lise ne tombât dans 1 hérésie, nous, les douze apôtres, nous nous sommes réunis à Jérusalem, et avons examiné ce qu'il y avait à faire, et il nous a plu à tous d'écrire d'un commun accord cette Didascalie catholique, pour la confirmation de vous tous , et nous avons établi et décidé que vous prieriez Dieu tout-puissant et Jésus-Christ et le Saint-Esprit, et que vous useriez des saintes Écritures, et que vous croiriez à la résurrection des morts, et que vous jouiriez de toutes les créatures avec actions de grâces ^ . »

Nous tenons dans ce récit une des formes les plus anciennes de la croyance à l'origine apostolique d'un Credo ecclésiastique. Le lecteur voudra bien remarquer qu'elle est empruntée à un ouvrage apocryphe.

Déjà au II'' siècle circulaient des œuvres du même genre. La plus célèbre qui prétend se rattacher aux Apôtres est la Didachê, découverte par Briennyos : AiS*"/'/) Kupi'ou oià Ttov ôcoSexa àTrouToXoiv, OU AiSayr, xwv SwSexa (XTCouTÔXojv. On n'y trouverait rien qui ait trait au Symbole ^. Mais ce qui est à considérer, c'est l'emphase du titre. A l'époque où il fut composé, on tenait à faire croire que les Apôtres avaient laissé

4. Zahn, Neuere Beilràge zur Geschichte des aposlol. Symbolum, p. 23; Eurn, ouv. cité, Appendix K, p. 310-317; Hahn, p. 14-13. A noter que saint Paul fait ici partie des Apôtres, dont le nombre s'élève de la sorte à treize.

2. Sur la Didachê, cf. Batifîol, ouv. cité, p. 71-72. Le chapitre VU réslemente l'administration du sacrement de baptcmc. Voir le texte avec Commentaires dans Harnack, Die Lelire der zwOlf A/jostel, Leipzig, 1884 et 1893. A consulter C C. Holzlicy, Die Abhdndiykeit der st/rischen Didaskalia von dcr Didacite, dans Compte rendu du 4" congrès scienli/ique international des calholiques, Fribourg, IS'JS, t. I, p. SiQ et seq.

après eux un enseignement autre que celui qui est contenu dans les épîtres ou évangiles. On voulait aussi que cet enseignement fût leur œuvre commune. De là à imaginer qu'ils avaient composé un Credo en commun, la transition était facile. La formule la plus ancienne que nous possédions de cette légende est la Didascalie, d'origine orientale comme les Constitutions apostoliques (qui en dérivent pour une partie). Il y a donc tout lieu de penser que la tradition invoquée par Rufin, iradunt majores nostri, provient de l'Orient^.

Est-il bien sûr que Rufm n'a pas embelli ou du moins amplifié la légende, en la transcrivant? Nous n'oserions le garantir. Ce qui est certain, c'est qu'après lui elle reçut des accroissements considérables. Saint Maxime la transmet encore à peu près dans la même teneur que le prêtre d'Aquilée-. Mais lorsqu'elle eut passé les Alpes et les Pyrénées, elle prit avec le temps une forme beaucoup mieux arrêtée. Cassien (7 vers 425) et Fauste de Riez (f après 485) insistent sur le caractère inspiré du Credo, sur son origine apostolique et sur son autorité comparable

i. Notons cependant que saint Cyrille de Jérusalem ne la connaît pas ou, du moins, n'y fait jamais allusion.

i. Saint Maxime [Homil. 83, Migne, P. L., t. LVII, p. 433 et seq.) explique aussi le mot ■< symbole » par signtim, mot d'ordre ; allusion au mot d'ordre que donnaient les chefs de partis dans les guerres civiles : « ut quos una armorum faciès confundebat, secretioris sacramenli distinguerat sacramentum.Quod beati apostoli, ut ego reor, exemplum sequentes... mysterlum symboli tradiderunt ». Kaltenbuscli incline à attribuer encore à saint Maxime un sermon de Je- Juniis Quadra(jesiinae, publié par Balleriiii dans son édition des Œuvres de saint Ambroi«e, VI, ni et seq., où on lit : « Arbitrer illam (clavem = lidem) duodecim artificum operatione conllatam; duodecim enim apostolorum symbolo fides sancta concepta est, » etc. Katlenbusch, ouv. cité, t. I, p. 81; t. II, p. 8, note 4.

à celle de l'Écriture sainte ^ . Saint Isidore (-]- 646) se borne encore à transcrire le texte de Rufm, qu'il commente d'après Nicétas de Remesiana ^. Saint lldephonse de Tolède (f 669) se contente de l'imiter ^. Mais les auteurs d'un ouvrage contre Elipand, Etherius, évêque d'Osma, et le prêtre Beatus expliquent la légende de la manière suivante : « Pour donner à l'Église une foi ferme, le Christ a choisi douze apôtres. Bien qu'il fût leur chef, saint Pierre n'osa composer seul le Symbole, qui fut rédigé par les douze apôtres avec le plus grand soin et remis aux croyants. Douze étaient les disciples du Christ et les docteurs des nations : comme tous ils ne faisaient qu'un, ils composèrent aussi un seul symbole ; chacun d'eux dit son mot, et ces mots s'accordèrent en une seule foi, et il n'y eut que douze mots ou articles^. » Suit un commentaire sur le nombre douze. Ceci s'écrivait en 784.

A cette date, la légende s'était encore mieux précisée en Gaule ^. Certains commentateurs du Sym-

1. « Symbolus...ex collatione nomen accepit... Collatio autetn quia collata in unum ab apostolis Doniini tolius catholicae legis lide, quidquid per universum divinoruni voluminum corpus immensa l'unditur copia, tolum in symbole colligitur bievitate perfecta... Nihil in symbole deest, qui ex scriptis Dei i)er Apostolos Dei conditus, • etc. Cassianus, De Incarnatione Domini, YI, 3 et 4, éd. Petschenlg, t. I, p. 3"27 et seq. CI. Kattenbuscii, op. cit., t. il, p. 14-15. Sur Fauste de Riez, cf. Kattenbuscii, Ibid., p. 15-lG; Hahn, p. 70, note loi.

2. Isidorus, De Of'/iciis ecclesiasticis, lib. II, cap. xxiii. Il emprunte à Nicétas cette pensée : De Scripturis hacc brevitatis causa collecta sunt, en y interpolant les mots « ab apostolis ».

3. Liber adnolalionum de cocjnitione baplismi, cap. xxxn-xxxui, Migne, P. L., t. XC\ I, col. 12lj.

4. Hetcrii et S. Beati ad Elipandum Epistola, lib. II, cap. 99 ; Migne, P. L., t. XCVI, col. 10-20.

5. La légende ne prit guère d'extension en Afrique. Augustin n'y fait jamais allusion. Kulgence de nusi)e (f 535) rapporte seulement que le Credo est d'origine apostolique : ab apostolis ordinalum, per apostolos in symboli brevitatc perfeclum. Cf. Kattenbuscii, op. cit.

bole avaient entrepris d'assigner à chaque apôtre sa part dans la composition du Credo. Cette combinaison fut appliquée non seulement au Symbole romain primitif, tel que le transmettait Rufin, mais encore au texte amplifié déjà en cours, et devenu depuis le Textus receptus, comme nous l'expliquerons plus tard. On connaît plusieurs manuscrits de sermons qui suivent ainsi la liste des Apôtres dans l'ordre indiqué par saint Matthieu, x, 2-4, plaçant en regard de chaque nom un article déterminé du Credo romain. Tels sont les manuscrits cotés Sangallensis, 40; Vatican. Palat., 220; Sessorianus 52 (B)^. Saint Pierre y est censé proclamer le premier article ; saint André, le second; saint Jacques, le troisième ; saint Jean, le quatrième; saint Philippe, le cinquième; saint Barthélémy, le sixième ; saint Thomas, le septième; saint Matthieu, le huitième; saint Jacques, fds d"Alphée, le neuvième; saint Thaddée, le dixième; Simon le Cananéen, le onzième; saint INIathias, le douzième. Le nombre des commentaires consacrés de la même manière au Textus receptus est plus considérable. Les uns, notamment le pseudo- Augustin (serm. 241) et saint Pirmin, ne suivent plus l'ordre de saint Matthieu, x, 2-4, mais celui des Actes, i, 13^.

t. n, p. 1", note 15. Au v" siècle vigile de Thapse invoquait pareillement rorigine apostolique du Credo romain : « Sed Komae et autequam Nicaenasynodusconvcniret, a teinporibusapostolorum usquead nunc, et sub bealae memoriae Celestino, cui iste (Eutyches) rectae fidei testimoiiium reddidit, ita fidelibus symljolum traditur. » Contra Eiitychen, IV, 1, Migne, P. L., t. LXII, col. 111». Cf. Kattenbuscli, Ibid., note 15.

1. Ces mss. sont décrils par Burn, oiiv. cit., p. 237-238. LeCod. Sessorianus 52 a été étudié spécialement par dom Morin, Revue bénédictine, 1897, p. 481; il comprend [ilusieurs formules du Credo.

2. Cf. Burn, ouv. cit., p. 233-238. J,e texte de saint Pirmin se litdans son Scarapsus de singulis libris canonicis, Migne, P. L,, t. LXXXIX, col. 1034; celui du pseudo-Augustin, Ibid., t. XXXIX, col. 2190.

D'autres, par exemple le pseudo-Augustin (serm. 240) , reproduisent l'ordre du canon romain de la messe'.

VALEUR DE LA TRADITION QUI ATTRIBUE AUX APOTRES LA COMPOSITION DU Credo BAPTISMAL ROMAIN

Les accroissements que la légende rufînienne a reçus, en cours de route, à partir du iv*^ siècle, sont évidemment des conceptions arbitraires ; il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Nous écartons pareillement sans discussion la date indiquée par Rufm (jour ou environs de la Pentecôte ^) pour la composition du Credo, en raison du peu d'importance de cette donnée légendaire.

Mais il est un point de son récit qui, avant tout, veut être examiné; c'est l'appellation que, d'après lui, les Apôtres auraient donnée au Credo. Les Apôtres, ditil, « voulurent que le résumé de leur future prédication s'appelât Symbole ».

Cette assertion ne supporte pas l'épreuve de la critique. Aucun Père de l'Eglise primitive, invoquant le Credo qu'il considère comme une règle de foi, ne songe à l'intituler Symbole. Harnack, qui a examiné à ce point de vue toute la littérature ecclésiastique

\. Le sermon 240 du pseudo-Augustin, dans Migne, P. L,, t. XXXIX, col. 2189. l.e Cod. Augiensis CCXXIX (de 8'il), bit)liotli. de Karlsrulie, et le Cod. Sessorianus 52 A, sont apparentes au prccédenl. A noter (|ue le Sessorianus maniue saint Paul au second rang des Apôtres et omet saint Matliias à la lin ; les deux autres ne connaissent pas saint Paul. Cf. Buri), ouv. cit., p. 2;{8.

2. Saint Pirmin (Migne, P. L., t. LXXXIX, col. 1034) précise la pensée deRufin et dit nettement : /jjsa di'e (Pcntecostcs), hord tertid.

des deux premiers siècles, n'a pas rencontré ce mot une seule fois. « Régula fidei », « doctrina », « traditio, » sont les termes les plus souvent employés dans ce sens^ On trouve, par exemple, dans saint Irénée, « règlede vérité », « tradition des Apôtres^ ». Bien que Tertullien se serve du mot Symbole kT^vopos de ce qu'il faut croire, cette expression n'a pas encore chez lui de sens bien défini^. Le grand docteur africain emploie de préférence le terme Tessera pour désigner la règle de foi qui est commune aux églises d'Afrique et de Rome '. 11 faut descendre jusqu'à saint Cyprien pour trouver le mot Symbole appliqué au Credo baptismal, dans une discussion contre les Novatiens "•. Et encore il n'est pas sûr que la lex symboli qu'il invoque soit le Credo complet; peut-être se réfère-t-il tout simplement au Credo plus bref contenu dans les interrogations que le ministre du

\. MateriaUen zur Geschichle und Erkldrung des alten rômischen Symbols, aus der chrisllichen Lilteralur der ziuei ersten Jahrhunderte, dans Hahn, ouv. cité, p. 366-369.

-2. Irénée, Contra Haeres., I, 9, 4 ; I, 22, 1 ; ni, 3, i. Cf. Harnack, ouv. cité, note précédente.

3. Par exemple Adversus Marcionem, X, 1 : « Quosymbolo susceperia apostolum l'aulum. » Kattenbusch remarque que dans ce passage le mot Symbolum a quelque afOnité avec les termes sacramentutn et régula [ouv. cité, t. Il, p. 80, note 13). Voir tout le chapitre consacré à Tertullien par Kattenbusch {Ibid., p. 33-102) et par Burn {ouv. cité, p. W-.'.?, et 283).

'<. « Si autem Italiae adjaces. habes Romam, unde nobis quoque auctoritas praesto est... Videamus quid didicerit, quid docuerit. quid cum Alricanis quoque ecclesiis contesseravil. l'num Deum novit... et carnis resurrectionem. » De Praescripl.. cap. xxwi. Allusion à la tessera hospitalitatis, sorte de morceau de bois oblong sur lequel on inscrivait les noms des deux hôtes; en se séparant, chacun gardait la moitié de celte pièce, qui servait de reconnaissance et qui donnait le droit respectif à chacune des deux familles de recevoir l'hospitalité.

:i. « Symbolum et lex symboli et quaestiones. » Ep. '6, ad Magnum, Migne, p. L., t. III, col. 1143.

baptême adresse aux catéchumènes avant de leur administrer le sacrement ^ .

Au IV® siècle, le terme Symbole a définitivement cours en Occident; saint Ambroise, saint Augustin, Rufm, le Sacramentaire gélasien (s'il est vraiment de cette époque), l'identifient avec le Credo romain -. Les diverses interprétations que l'on donne alors à ce mot prouvent qu'il n'était pas tout à fait nouveau. De toutes, la plus singulière, destinée à traverser les âges, reposait sur la confusion de aufxêoXov avec ffU[xêoXii ■= collatio. Nous ne connaissons personne avant Rufm qui ait proposé cette étymologie. Elle a sa source dans l'idée que les Apôtres s'étaient réunis pour composer ensemble un résumé, un epitome de leur doctrine ; c'est ce qui devait la rendre plus tard si populaire.

Rufm est plus près de la vérité quand il explique le mot symbole par indicium ou signum ; le Credo est, en effet, un gage de l'orthodoxie pour les fidèles, le mot d'ordre du chrétien. De même, dit-il, que dans les guerres civiles, les soldats d'un parti ne se reconnaissent et ne se distinguent de leurs adversaires que par le « symbole », en latin signum, on mot d'ordre, indicium, ainsi, quand vous doutez de l'orthodoxie d'un homme qui se présente à vous, il vous suffit de

1. Le doute provient de ce (juc Firmilien de Cappadoce, dans sou épître à Cyprien sur le baptême (Migne, P.L., t. Hl, col. dl68), emploie le mot Symbohnn Trinitalis à propos du quesiionnaire baptismal, qui est ainsi conçu dans les cpîlres 70 et "(J de saint Cyprien : « Credis in Deum Patrem, in Filium Clirislum, in S|iiritum sanctum? — Credis in vitam aeternam et remissionem peccatorum per saiietam Ecclcsiam? »

2. Nous avons cité les textes de tous ces auteurs, sauf de saint Augustin. Voir les Sermons (de ce dernier) aiâ-'SU, In Traditione Symboli, et le De Symbolo ad catechumenos. Migne, P. L., t. XXXVIII, col. •1033 seq. Dans le sermon !il2, Augustin explique ainsi le mot symbole : . Symbolum... nuncupatur a siinililudine quadam, translalo

l'interroger sur le Symbole [Credo baptismal) pour savoir s'il est un ennemi ou s'il est des vôtres ^ .

Le titre « Symbole des Apôtres » se rencontre pour la première fois dans saint Ambroise ; il se lit dans la lettre du concile de INIilan au pape Sirice. Saint Jérôme écrit pareillement : symbolum fîclei... quod ah apostolis traditum. Dans quelques manuscrits, on rencontre la forme symbolum apostolicum, qui est beaucoup plus rare.

La forme plus simple Symbolum continua d'être usitée quelque temps encore, aussi bien que les précédentes. Nicétas de Remesiana, à la fin du iv® siècle, ne connaît que celle-là, et il l'explique dans le sens d'un pacte sacramentel que le fidèle fait avec le Seigneur, un sommaire des mystères contenus dans la sainte Ecriture'^.

En résumé, le mot Symbole appliqué au Credo ro. main ne paraît pas remonter plus baut que le iii^ siècle, et c'est à tort que Rufin en attribue l'invention aux Apôtres eux-mêmes.

Mais cette question de mot est sans importance. Le seul point vraiment grave, est de savoir si la formule même du Credo romain fut composée par les Apôtres.

L'aifirmative ne paraît pas soutenable.

vocabulo, quia symholum inter se faciunt mercatores, quo eorum socielas pacto lldei teneatur. • Cf. Kallenljusch, ouv. cité, t. I, p. 51-53; t. Il, p. 11 et seq.

1. Commentarius in Symbolum apostolorum, Migne, P. L., t. XXI, p. 338. Saint Maxime adopte cette explication, en la lortifiant par un exemple tiré du Livre des Juges, Migne, t. LVIII, p. 433.

•2. • Ketinete semper pactnm quod fecistis cum Domino, id est hoc symbolum... Pauca quideni sunt verha. sed omnia continent sacranienta. De totis enim scripturis haec brevitatis causa collecta sunt. » Mai, Nova CoUectio, p. 338.

D'une part, il est à remarquer que nombre de docteurs catholiques du iv*^ siècle ignorent ou affectent d'ignorer Forigine proprement apostolique du Symbole. Ce n'est pas seulement le cas des Pères de l'Eglise orientale, notamment de saint Cyrille de Jérusalem qui a composé de si nombreuses catéchèses sur le Credo baptismal de son église ^ . Plusieurs Pères latins, et des plus qualifiés de cette époque, notamment Nicétas, évêque de Remesiana^, et saint Augustin, ont eu maintes fois l'occasion de s'expliquer sur la composition du Credo; jamais ils n'ont eu l'idée de lui donner les Apôtres pour auteurs ^. Tout ce qu'on trouve de plus caractéristique à cet égard dans saint Augustin, c'est que le cérémonial du baptême a une forme fixe traditionnelle : série

\. Sur les Caléchéses de saint Cyrille, qui ont trait au Credo baptismal, cf. Kattenbusch, ouv. cité, t. I, p. 40-46.

"2. Nicétas, évêque de Remesiana en Dacie (aujourd'hui Bela- Palanka, sur la ligne ferrée de Nisch à Pirnt), est un des hommes les plus actifs de son temps (f vers 420). Il fut l'ami de saint Aml)roise, de Sulpice Sévère, d'Euclier de Lyon, de Paulin de Noie; il visita Rome à plusieurs reprises; il évangélisa les peuplades des Balkans, les Scythes de Dodrudscha, et les Gètes au delà du lianube. Sur Nicétas, cf. Kattenbusch, ouv. cité, t. I, p. d08 et seq., 403-40"; Rurn, ouv. cite, p. 252-2o5. Nicétas estime que les articles du Symbole : de lotis scripturis hacc brevilatis causa collecta sunt. Il a sur ce point les idées de saint Cyrille de Jérusalem, dont il s'inspire. Cf. Kattenbusch, t. II, p. 10.

3. Dans son sermon 214 qui est probablement de 391, Augustin dit en parlant du Symbole : « Quae accepturi estis... non nova vel inaudita sunt vobis. Nam in sanctis scripturis et sermonibus ecclesiasticis ea... soletis audire. Sed collecta breviter et in ordinem cerlum redacta... tradenda sunt vobis. ■> Migne, P. L., t. XXXVIII, col. lOoti. Rien de l'origine apostolique. Cf., sur les textes qui ont Irait à cette question, Kattenbusch, t. I, p. t>l-r)3 ; t. Il, p. H-13. En dehors de riialie, nous ne voyons guère que Priscillicn (f 385) en Espagne, qui liés le iv" siècle attribue au Symbole une origine apostolique ou même évangélique : « Symbolum opus Domini est... (Christus) qui A])ostolis suis symbolum tradens quod fuit et futurum erat in se et in symbolo suc monstrans. » Tractatus 111, éà. Schcps (Vienne, 1889), dans Corpus Script, eccles. latin., t. XVIII, p. 49.

traditionis scimus implenda^ . Quant au Credo, il n'est qu'un résumé de l'Écriture sainte : Ista verba quae cmdisLis per divinaa scripturas scripta siint, sed inde collecta et ad unum redacta -. Nous sommes loin de la légende de Rufin.

En second lieu, si les Apôtres avaient composé do concert une rèç>-le de foi uniforme, comment imaginer que le texte fixé par eux ne se soit pas conservé partout religieusement, pur et immuable? Les Pères de l'Eglise, les évoques et les prêtres, se sont de tout temps fait un scrupule de rien changer à FEcriture sainte. Comment la même règle n'aurait-elle pas été observée à l'égard du Credo, censé de même origine apostolique et inspirée? Or, il est incontestable que les Symboles des diverses Eglises, tant occidentales qu'orientales, offrent de notables variantes ^. Le Credo baptismal de Jérusalem, qui est devenu, avec quelques retouches de saint Cyrille, le Credo connu sous le nom de « Symbole de Constanlinople », différait déjà gravement du Symbole romain au iv^ siècle ^. Dira-t-on

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