Ibid., p
. 8. Spitzen, Nouvelle défense de Thomas à Kempis, 1884, p. 8, Les ouvrages antérieurs de Spitzen sont: Thomas a Kempis als Schrib-
jner der Navolging von Christus, 1880; Nalezing op mijn Thomas &
Kempis, 1881.
« On peut faire toucher du doigt aux Gersénistes le véritable auteur de l’?Zmitation », écrit Spitzen. Le livre est inspiré par des auteurs de la congrégation de Windesheim; il a été pensé par un hollandais ; on possède un manuscrit autographe qui porte la signature de Thomas à Kempis; enfin la chronique de Windesheim, rédigée par un contemporain de Thomas {+ 1471), Jean Busch (41479), lui attribue la paternité de l’{mitation.
Reprenons l’une après l’autre ces différentes assertions, sauf celle qui regarde les hollandismes, d’une appréciation trop délicate pour être ici discutée !.
La Hollande vit naître, à la fin du xiv° siècle et au commencement du xv°, une école religieuse dont l’action se fit bientôt sentir au loin. Gérard de Groote fut le père de deux associations, connues sous le titre de « Frères de la vie commune » et de « Chanoïnes réguliers de Windesheim ». Cette renaissance de la piété prit le nom de « Dévotion moderne » : Magister Gerardus magnus, à dit Busch, primus fuit hujus nostrae reformationis pater et totius Modernae Devotionis origo. Gérard mourut en 1384. Parmi ses disciples, il faut distinguer Florent Radewyns (1350-1400); Jean Vos de Huesden (1388-1427); Gerlacus Petri (+ 1411) ; Henri de Mande (+ 1415), tous écrivains auxquels les pensées exprimées par l’auteur de l’/mitation de Jésus-Christ étaient familières?,
4. Sur ce point ef, Spitzen, Les hollandismes de l'Imitation de Jésus- Christ et trois anciennes versions du livre, 4884; Veratti, Degli assortineerlandismi nel libro de Imitatione Christi, 1881, et Controversia Gerseniana, replica alla riposta di Mons. Spitzen, 1884; Denifle, Verlaüfige Glossen zu Spitzens Schrift für Kempis, dans Zeit-
schrift für katolische Theologie, t.1IX, 1885. 2, Sur tous ces personnages, cf. Becker, L'auteur de l’'Imitation et
Thomas à Kempis, à la fin de la biographie de Florent, a inséré deux spécimens de la spiritualité de ce maître : « Epistola ad quemdam Regularem in Windesem » et « Quaedam notabilia verba domini Florentii presbyteri. » [l n'y a pas là les éléments d’un chef-d'œuvre. Mais l’auteur de l’/mitation de Jésus-Christ a pu y puiser quelques pieuses pensées!.
Jean Vos de Huesden est un inspirateur de plus haute puissance. Son épitre De vita et passione Domini Nostri Jesu-Christi et aliis devotis exercitiis suit (M‘' Puyol le reconnaît) le même ordre d'idées que l’/mitation. On y remarque notamment le début du livre I°' et la fameuse phrase : S£scires totam Bibliam, développés sous une forme un peu différente. Dans un Recueil de Maximes de Huesden on retrouve pareillement une analyse ou le schéma de l’admirable chapitre de l’/mitation de Jésus- Christ : De occultanda : gratia sub humilitatis custodia (II, vu). De pareilles rencontres ne sauraient être l'effet du hasard ?. L'auteur del'/mitation, instruit à l'école des Windésémiens, a dû emprunter à ses maîtres leurs meilleures inspirations.
« Parmi les productions de l'École d’où est sorti Thomas à Kempis, il en est qui ne sont pas beaucoup inférieures peut-être à l’/mitation de Jésus-Christ ni pour la forme ni pour le fond : par exemple le
les documents néerlandais, La Haye, 1882, p. 145-195. On a, du même auteur, Les derniers travaux sur l'auteur de l'Imitation, extrait des Précis historiques, 1889.
4. Par exemple, Radewyns disait : Nullo modo sis specialis alicui Mmulieri. L'auteur de l’Imitation répète : Non sis specialis alicui mulieri. Becker, L'auteur de l'Imitation, p. 233, cf. p. 168.
Soliloque enflammé de Pierre Gerlac, qui avait pris l’habit religieux à Windesheim en 1403 et y mourut en 1411. Dans ce Soliloque, comme dans l’?mitation, le ton est celui du monologue intérieur ou de l’entretien avec Dieu, et laisse à peine entrevoir l’intention didactique. » L'ouvrage, écrit en langue vulgaire, fut traduit en latin par le confesseur de Gerlac, Jean Scutken, et souvent copié et imprimé. Il méritait de l’être, car on y sent {c’est la remarque de M“ Puyol) « la doctrine et l’éloquence de l’/m1tation de Jésus-Christ! ».
Henri de Mande est encore plus plein de cette doctrine. Il composa quatorze ouvrages sur la vie spirituelle et la contemplation, entre autres : un livre sur la manière de dépouiller le vieil homme et de s'unir à Jésus-Christ (en neuf chapitres); un livre de la préparation de notre habitation intérieure ; un livre de la vie spirituelle ; un livre de la vie contemplative; un dialogue ou colloque de l'âme dévote avec son bien-aimé et la réponse du bien-aimé, etc. Or, il est certain que Mande, dans l'un de ses ouvrages composé avant 1415, offre des textes absolument semblables à ceux de l’/mitation. Becker en cite quelques exemples. Ils sont décisifs*. D'où provient cet accord si ce n’est d’un emprunt ? L'auteur de l’Zmitation a pillé Mande.
Ce plagiat est plus manifeste encore quand on compare le livre I* de l’Zmitation à une épître de Jean de Schoonhoven datée de 1383 environ. « Jean de Schoonhoven était disciple de Ruysbroeck et sous-prieur du couvent de Groenendael, lequel se