LA CLASSIFICATION DES MANUSCRITS
e D' Bruno Krusch a établi, au tome III des Rerum erovingicarum scriptores, une classification des manus-
is du Vita Genovefae qui peut servir à tous de point de
» repère. Ilrange ces manuscrits en quatre séries ou recensions différentes, désignées par les lettres À, B, C, D.
, M. Krusch publie le texte À avec ses variantes ; le texte #3 se ue dans le 48° fascicule de la ne de l'École
Re à savoir A de ces recensions représente le mieux le texte primitif, Pour MM. Krusch et Narbey c’est contestablement la recension À; pour MM. Kohler et esne la -recension B; pour ] M. Künstle la recension
Ta recension Ca pour elle l'avantage d’être représentée par les témoins les plus anciens que nous possédions Vita Genovefae. « L'un de ces manuscrits est un Passionnaire de la bibliothèque de Karlsruhe ; il provient de abbaye de Reichenau et fut écrit à la fin du vire ou mmencement du1x® siècle (entre 784 et 846). L'autre
eil., l'auteur y publie deux textes de la Vie. Cf. p. 67, note LU
256 PEN UTAPPENDICE IL
est un Passionnaire de la bibliothèque de Vienne en
Autriche, provenant de Salzbourg ; il est de la fin du vine siècle et pourrait avoir été apporté dans ce pays par Arn, devenu archevêque de Salzbourg, en 785. » Aucun autre manuscrit du Vita n'offre une aussi haute antiquité !.
Mais, comme on l’a remarqué, il ne suffit pas que des manuscrits soient plus anciens pour qu'on puisse dire qu'ils représentent mieux que les autres la tradition du” texte primitif. « Il peut arriver souvent qu'un manuscrit de date récente soit la reproduction directe du texte original et que la multitude des manuscrits plus anciens contienne en réalité une recension plus jeune?. » La question reste donc entière : C offre-t-il vraiment, plutôt que À ou B, le texte authentique du. Vita Genovefae ?
M. Godefroid Kurth ne le croit pas. Et les raisons qu'il donne de son sentiment nous paraissent décisives. « La langue de 4 et de B contient des expressions que l’on retrouve sous la plume de Grégoire de Tours et de ses contemporains et qui sont propres au vi® siècleÿ. » Or ces termes caractéristiques ne se trouvent plus dans C:
Tel est par exemple dans À 25, le mot judicare dans le
sens de mouvoir. Le biographe note qu’une paralytique «ne pouvait mouvoir aucun de ses membres », wl nequi-. verit cujusquam judicare compagem membrorum. Dans G, le judicare disparait pour faire place à cette phrase incorrecte : ut ad nullum prorsus possit membrorum:compagem; le copiste avait sans doute perdu le sens de l’expression mérovingienne qu'il trouvait dans son texte. Il en est de même des mots natale calicis qui désignent. anciennement le jeudi saint. À 34 et B 32 portent:
À die sanclo epyphanie usque ad natalem calicis, quodiest Dominicoena. Le copiste de C traduit : À sancto. Énise ll
nie die usque in Pascha, id est coena Domini, ce qui me
un contresens ou du moins prouve l’inintelligence d’un
texte précis et caractéristique. Dans À 43 et B 41, nous 4%
lisons encore : Servum reddidit excusatum : ce sont les”