‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 15 sur 142 · VA · texte numérisé non relu

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12951. En 1405, Jacopo d’Agnolo racontant, en qualité de témoin oculaire, l’intronisation du pape Grégoire XII, fait allusion à cette « fable » populaire, qu'il déclare « insensée ? ». D’autres chroniqueurs moins scrupuleux ajoutèrent foi à la prétendue vérification du sexe du pape: tel William Brevin, vers 1470, qui affirme que cette vérification se faisait par deux clercs qui en proclamaient le résultat à haute voix, après quoi toute l’assistance, le clergé et le peuple, répondait : Deo gratias*; tel le Milanais Bernardino Corio qui, après avoir décrit le couronnement d'Alexandre VI en 1492, prétend que la cérémonie se termina par l'épreuve de la chaise percée‘; tel Valeriano Bolzani, l’un des courtisans de Léon X, qui dans un discours adressé au cardinal Hippolyte de Médicis déclare ingénument que la scène de la vérification se passait à la porte de l'église du Latran devant le peuple assemblé, et qu’on en dressait un procès-verbal officiel. « C’est seulement alors, ajoute-t-il, que nous considérons l’élu comme pape légitime Ÿ. » On ne s’étonnera pas que l’anonyme de Dœllinger, qui était étranger à Rome, rapporte la même légende. En plein xvni siècle, le Suédois

4, Ibid., t, XXI, p. 40. « Unde dicitur quodiRomani in consuetudinem traxerunt probare sexus electi per foramen cathedrae lapideae. »

2, « Juxta hoc (sacellum) Sylvestri geminae sunt fixae sedes porphiretico incisae lapide, in quibus, quod perforatae sint, insanam loquitur vulgus fabulam quod Pontifex attrectetur, an vir sit. » Cité par Dœællinger, op. cit.,p. #1.

3 « Clamabant alta voce :t.. habet. Et reclamabant clerus et populus : Deo gratias. » Cité par Dœællinger, op. cit., p. 32, note 2.

4, Cité par Dœllinger, 1bid., p. 32, note 2.

ÿ. « Resque ipsa sacri paerconis voce palam promulgata in Acta mox refertur, legitimumque tum demum pontificem nos habere arbitramur, cum habere illum quod habere decet oculata fide fuerit contestatum. » Cité par Dœllinger, aré, cil., p. 33,

6, Dœllinger, p. #3, note,

Laurent Banck, décrivant les cérémonies de l’intronisation d'Innocent X (1644), raconte encore que la fin de la solennité consista dans la vérification du ‘sexe de l’élu!.

Tant de témoignages (on pourrait en ajouter d’autres ?), surtout ceux des chroniqueurs qui habitaient Rome, devaient forcément accréditer au loin la légende de la « chaise stercoraire ». Si grotesque qu’elle fut, cette fable fut une bonne aubaine pour les réformateurs protestants. Aussi s’en servirent-ils comme d'une arme avantageuse contre l'Église romaine, jusqu'au jour où les critiques en démontrèrent l’inanité.

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