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2. Cf. Thurston, op. cit., p. 454, note. Cf. une autre version dans Doellinger, op. cit., p. 25-26.
3. Citons encore Martin le France, secrétaire des papes Félix V et Nicolas V, qui vers 1450, introduit la papesse dans son poème fran-
siècle, ni au xrve siècle, à contester l'existence de la papesse ; on songeait plutôt à la confirmer par des preuves en quelque sorte matérielles et palpables. C’est ainsi que sur la légende principale se greffa la légende de la chaise stercoraire.
On prétendit que pour rendre impossible le scandale de l'élection d’une autre papesse, l'usage s'introduisit de vérifier, en se servant d’une chaise percée, ‘ le sexe du pape élu. Ici on saisit sur le vif l’origine de la légende. Le cérémonial voulait qu'après son élection le souverain pontife se rendit en procession à Saint-Jean de Latran. Une chaise de marbre, placée sous le portique de l’église, l'attendait. Îl s'y asseyait ; les deux plus anciens cardinaux le prenaient sous le bras et le soulevaient au chant du Suscitans a terra inopem et de stercore erigens pauperem. De là le nom de chaise stercoraire. Cette chaise n'était pas percée, et le symbolisme de la cérémonie ressort assez du verset du psaume pour qu'on ne soit pas obligé
çais intitulé le Champion des Dames (Paris, 4530, fol, 335). I1 marque d’abord son étonnement :
Comment endura Dieu, comment Que femme ribaulde et prestresse Eut l’Église en son gouvernement
Mais il fait voir que Dieu sait tirer le bien du mal :
Or laissons les péchés, disans Qu’elle était clergesse lettrée, Quand devant les plus suffisants De Rome eut l'issue et l’entrée, Encor te peut être monstrée Mainte préface que dicta
Bien et saintement accoutrée Où en la foy point n’hésita.
Que la papesse ait composé des Préfaces, c’est ce que racontent nombre d’auteurs, et dans un manuscrit d'Oxford, de Martin Polonus, nous lisons : « Hic (Johannes Anglicus) primus post Ambrosium multas prefationes missarum dicitur composuisse, quae modo omnes sunt iuterdictae. » Cf. Dœllinger, op. cil., p. 26-27 et notes,
de recourir à l'explication réaliste que nous en offre Platina : « Dans une si grande dignité, dit-il, le pape ne devait pas oublier qu’il n'était pas un dieu, mais un homme, et, comme tel, sujet à tous les besoins de la nature, y compris celui dell’evacuare d’où cette chaise fut justement appelée stercoraire!. » Le pape, après son élévation, était conduit au baptistère de Latran; il s’asseyait sur un siège de porphyre et recevait les clefs de la basilique, comme signe de son pouvoir. Puis, assis sur un autre siège de porphyre, il rendait les clefs. Ces deux chaises étaient percées ; il n’y faut voir que des sièges antiques qui avaient servi à des bains publics et qu'on utilisait pour la cérémonie pontificale, non à cause de leur forme, mais à cause de leur prix ?. La légende, confondant toutes choses, ne parla que de la chaise « stercoraire », dont elle fit une chaise percée, et
prêta à l'usage qu'on en faisait le caractère d’un con=
trôle sexuel.
Cette tradition ridicule et grossière avait cours dès la fin du xrr° siècle; on la rencontre dans les Visions du dominicain Robert d'Uzès qui mourut à Metz en 1296. « En 1291, nous dit-il, je fus transporté en esprit jusqu'à Rome près du palais de Latran devant ce siège de porphyre où l’on dit que se vérifie le sexe du nouveau pape : ubi dicitur probari papa
an sit homo®.» Même légende dans la Chronique
que Robert de Courlon, bénédictin de l’abbaye de
Saint-Pierre le Vif près Sens, rédigea jusqu’à l’année.