Pour le récit qui suit, Vita B
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ciel. L'office achevé, les prélats prirent leur repas. Geneviève et ses parents, sur un signe de saint Germain, rentrèrent ensuite dans leur demeure. Mais l’évêque leur demanda de revenir près de lui le lendemain matin avant son départ. À peine le soleil était levé que Sévère lui présentait sa fille. « Bonjour, Geneviève, » dit Germain et, sous le coup de la même préoccupation que la veille, il reprit : « Vous souvient-il, mon enfant, de la promesse que vous m'avez faite hier de vous consacrer au Seigneur ? » « Je m'en souviens, dit-elle, j'ai promis à Dieu et à vous de garder la chasteté, et Dieu aidant, j'espère observer fidèlement ma promesse. » Au même instant, l'évêque aperçut sur le sol une pièce de monnaie de cuivre, qui portait l'empreinte d’une croix. La rencontre était providentielle. Germain ramassa l'objet symbolique et dit à Geneviève « En souvenir de moi, suspends à ton cou cette pièce de monnaie percée ! et garde-la toujours. Ne souffre jamais qu'on mette à ton cou ou à tes doigts des bijoux d'or ou d'argent ni des perles. Si la moindre parure du siècle venait à séduire ton âme, c'en serait fait pour toi des éternels et célestes ornements. » Geneviève, tout émue, reçut la pièce de 4. « En fait de monnaie de cuivre (nummum aereum) portantle signe de la croix et pouvant avoir cours en Gaule à l’époque où vivait l’hagiographe, dit M. Kohler (op, cil., p. Lxx1, note 1), nous en £onnaissons de (deux) sortes : 4° des pièces des derniers empereurs d’Occident; quelques-unes, en effet, ont au revers une croix ou le monogramme du Christ (Cohen, Description historique des monnaies sous l'empire romain, t. VI, p. 491); 2 des pièces des empereurs d’Orient ou monnaies byzantines qui avaient pu pénétrer en Occident (Sabatier, Description générale des monnaies byzantines, t. I, p. 144, 484, 462, etc.). Il n’est pas rare de rencontrer des pièces romaines percées d’un trou, ce qui paraît montrer que l'usage de les porter soit iso-
lément, soit en collier ou en bracelet, était assez répandu (Lenormant, La monnaïe dans l'antiquité, t. I, p. 39 sq.). »
monnaie comme un gage de ses fiançailles avec le Christ. Germain lui dit adieu et se recommanda à ses prières. Puis il reprit, avec saint Loup, la route de la Grande-Bretagne.
Gérontia ne paraît pas avoir d’abord pris au sérieux la vocation de sa fille ; du moins n’en com= prit-elle pas, comme Geneviève, les engagements sacrés. Un jour qu’elle se rendait à l’église !, elle ordonna à Geneviève de rester à la maison, sans tenir compte de la solennité qui rassemblait tous les fidèles au pied des autels. L'enfant, scandalisée, s'attacha aux pas de sa mère en pleurant, et criant : « Je dois tenir la promesse que j'ai faite à Dieu et au saint évêque Germain. Il faut que je sois assidue à l'église pour mériter de devenir l’épouse du Christ, comme le bienheureux pontife me l'a assuré. » Gérontia répondit aux supplications de sa fille par un soufflet. Mais, ditl’hagiographe, à peine la pauvre femme avait-elle porté la main sur Geneviève, qu’elle fut privée de l’usage de la vue. « Par ce coup aussi sévère qu'imprévu, Dieu lui rappelait que les enfants lui appartiennent avant d'appartenir à leurs parents, que lui-même s’est réservé le droit de les choisir à son heure et que certains d’entre eux ont mission dès l'âge le plus tendre, à l'exemple de l'enfant Jésus, de s'occuper des affaires du Père céleste ?. »
Le coup qui frappait Gérontia affligea Geneviève autant que sa mère elle-même. L'épreuve dura vingt et un mois. Gérontia finit par comprendre que le
remède pouvait venir d’où le mal était venu. Un
jour, elle dit à Geneviève : « Ma fille, prends la