‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 48 sur 142 · Lesêtre, op. cit., p · texte numérisé non relu

Lesêtre, op. cit., p

2, « Une tradition fort accréditée de nos jours veut que, pendant son séjour à Nanterre, elle ait été bergère. Il est sans doute possible que ses parents, gens aisés, semble-t-il (cf. Vita B 47), possédassent des troupeaux et que la jeune fille élevée avec une simplicité toute rustique n'ait pas craint de suivre aux champs les serviteurs de la maison. Toujours est-il que l’hagiographe n’en dit rien. Selon les auteurs du Gallia christiana (t. VII, éd. 1744, col, 766), cette tradition ne remonterait pas au delà du commencement du xvi° siècle. » Pierre du Pont l’Aveugle, de Bruges, l’aurait mise en cours en 1512. Le P, Cahier émet sur l’origine de la légende deux hypothèses. Peut-être, dit-il (Caractéristique des saints, t. 1, p.136), aura-t-on pris pour une houlette le cierge que Geneviève porte souvent à la main dans l’iconographie : peut-être aussi l’erreur vient-elle de ce qu'on n’a pas saisi le sens d’une ancienne estampe. Cette estampe, « voulant faire entendre que la sainte avait rassuré les Parisiens contre la frayeur

mentet solennellement profession de virginité. L'âge requis pour cette cérémonie était, à l’origine, indéterminé. [l variait suivant l'appréciation de l’évêque, ou suivant l'usage des différents pays. Au v° siècle il semble que les jeunes filles n'étaient pas admises régulièrement à la « vélation » avant vingt-cinq ans !. Toutefois on considérait que « la vertu des vierges leur tenait lieu d'années ». C'était l'avis de saint Ambroise?. Sa sœur Marcelline était encore jeune quand elle fut consacrée par le pape Libère, en 352. Le discours que l’évêque de Milan met, à cette occasion, dans la bouche de Libère suppose que les vierges romaines recevaient d'ordinaire la consécration à un âge peu avancé. Îl y a tout lieu de. croire que l'Église des Gaules s’inspirait de cet exemple. Comme on le voit par une décrétale du pape Innocent I°", adressée en 404 à Victrice, évêque de Rouen *, Rome recommandait de propager partout les règles de discipline qui lui étaient propres.

que répandaït Attila et les avait empê chés d’aller se livrer aux Huns en abandonnant la ville, montre Geneviève priant Dieu sur les murailles de Paris transformé en une sorte de bercail qui entoure et protège des brebis. Au dehors, la fureur de l'invasion barbare est représentées par une bande de loups qui brûlent de forcer l’entrée, » Cahier, Caractéristique des saints, t. 1, p. 195. Sur tout ceci, cf. Ch. Kohler, op. cit., P. VIII-XVIT.

4. Cf. conciles de Carthage de 397, can. 1; de 448, can. 126, dans Mansi, Concilia, t. XII, p. 919 et 822; t. IV, p. 508; voir notes à l’épitre IH du pape Innocent I*' dans P. L.,t. XX, col. 478. Vers le milieu du v® siècle, on exigea quarante ans d’âge pour la prise du voile. Voir la Novelle VI de Majorien de 453 et la constitution que le Lyber pontificalis ou plutôt l’Epitome cononien attribue à saint Léon le Grand. Cf. Mommsen, Das Nonnenalter, dans Neues Archiv, 4897, t. XXII, p. 545-547; Duchesne, Origines du culte chrétien, 2° éd., p.407. A noter que le concile de Saragosse en 380, can. 8 (Mansi, t. III, p. 635), exigeait déjà le même âge. Mais c’est là une exception en Occident.

2. « Non virtute aetatis appendicem dicimus, sed virtutis aetatem. » De virginitate, lib. I, cap. vu, n° 40.

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