‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 67 sur 142 · Grégoire de Tours, Hist. Franc., II · texte numérisé non relu

Grégoire de Tours, Hist. Franc., II

2, Grégoire de Tours, 1bid, Cf. G. Kurth, Clovis, t. I, p. 214, note.

3. G. Kurth, ibid. Sur ces campagnes du roi des Francs nous n'avons fait que résumer le chapitre consacré à Childéric par M. Kurth, dans son Clovis, t. I, p. 197-221,

prépondérante dans le gouvernement de la Gaule romaine. Ÿ remplit-il, comme on l’a dit, les fonctions de maître des milices? Du moins il paraît certain qu'il exerça pendant quelque temps à Paris et dans le nord de la Gaule l’autorité souveraine ?.

Geneviève avait accès auprès de lui, et il ne fut pas sans éprouver le sentiment de vénération que la vierge parisienne inspirait à tous ceux qui l’approchaient. Sans être catholique, Childéric se montrait plein de déférence pour l'Eglise %. Geneviève profitait de ces excellentes ‘dispositions pour lui arracher des grâces en faveur de ceux qu’elle patronnait. Et tous les malheureux étaient ses clients. Un jour, nous dit-on, elle se mit à la poursuite du roi des Francs qui entrait dans Paris, accompagné d’un certain nombre de prisonniers auxquels il avait résolu d’ôter la vie. Avisé sans doute de sa démarche, Childéric fit fermer les portes de la cité, afin de lui barrer le passage et d'échapper ainsi à ses importunités. Mais Geneviève ne s'arrêta pas devant l'obstacle qu'on lui opposait. La vie des prisonniers lui tenait au cœur. Pour l'obtenir, elle força les portes, qui s'ouvrirent d’ailleurs comme d’ellesmêmes, à l'étonnement de tous, nous dit l’hagiographe. Parvenue auprès de Childéric, elle plaida

4. C’est le sentiment de Dubos et de Pétigny, que ne partage pas M. Kurth, 2bid., p. 245, note 3.

2. Euric, roi des Wisigoths, traite avec ce barbare du Wahal comme avec le vrai monarque de la Gaule septentrionale. Lettre de Sidoine Apollinaire à Léon de Narbonne : « Ipse rex inclitus (Euric) modo corda terrificat gentium transmarinarum, modo de superiore cum barbaris ad Vachalin trementibus foedus victor innodat. » Epist., VI, 3,

3. On a même prétendu, probablement à tort, qu’il lui avait accordé des immunités pour ses sanctuaires et pour son clergé. Cf. G. Kurth, Clovis, t. I, p. 216, note 3.

si bien la cause des condamnés qu'elle obtint du moins qu'on ne leur tranchât pas la tête!.

A quelle époque Chidéric exerça-t-il ainsi à Paris une domination incontestée ? Tout ce qu’on peut dire, c’est que ses rencontres avec Geneviève doivent être fixées entre 468 et 481, date de sa mort. De lui onne sait rien autre chose durant cette période. Comme il revint terminer obscurément sa carrière à Tournai ?, il est vraisemblable que des événement politiques dont nous ne saurions reconstituer la trame, le contraignirent à abandonner les bords de la Seine pour regagner l'Escaut, qui était le centre du territoire que lui avaient légué ses aïeux Clodion et Mérovée.

M. Kurth essaie d'expliquer comment les choses se sont passées. « Égidius, mort, nous l’avons dit, en 494, avait laissé un fils, du nom de Syagrius, que nous trouvons vers 486, en possession d’une partie de la Gaule. Il ne portait pas, comme son père, le titre de maître des milices, moins encore celui de duc ou de patrice qui lui est donné par des documents peu dignes de foit. Nulle part on ne voit qu’il ait tenu d’une délégation impériale le droit de diriger les destinées de la Gaule. » Aussi bien, à partir de 475, il n'y eut plus d'empereur en Occident. Le gouvernement de Syagrius peut donc être considéré

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