‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 82 sur 142 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Quicherat, Le procès de Jeanne d'Arc, t, V, p. 321; Grillon

de Givry, op. cit., p. 9.

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pour parler à aucuns seigneurs de Metz, et se faisait appeler Claude, et le propre jour y vinrent veoir ces deux frères, dont l’un était chevalier et s appeloit ‘messire Pierre, et l’autre Petit Jehan, escuier, et cuidoient qu'elle fust ars, et tantost qu'ils la virent, ils la congneurent, et aussi fist-elle eux, et le lundy xxi° jour doudit mois, il anmoinont ler suer avecq eux à Bacquillon, et l'y donnaist le sire Nicolle Lowe, chevalier, ung roussin du pris xxx francs, et une paire de houzelz, et seignour Aubert-Boulay ung chapperon, et sire Nicole Groingnait un espée, et ladite Pucelle saillit: sur ledit cheval très habilement et dict plusieurs choses au sire Nicolle Lowe, dont il entendit bien que c’estoit celle qui avait été en France, et fut recongneu par plusiours enseignes pour la Pucelle Jehanne de France qui amoïnat sacrer le roi Charles à Reims, et voulrent dire plusiours qu’elle avait esté ars à Rouen en Normandie, et parlait le plus de ses paroles par paraboles, et ne dixoit ne fuer ne ans de son intention, et disoit qu’elle n'avait point de puissance devant la Sainct- Jehan-Baptiste. Mais quant ses frères l'en orent moinnée, elle revint tantost en les festes de la Pentecoste enla ville de Marieulle, en chien Jehan-Quenast, et se tint la iusques environ trois sepmaines, et puis se partist pour aller en Nostre Dame de Liance, ly üij: et quans elle volt partir, plusiours de Metz l’allont veoir à ladite Marieulle, et l’y donnont plusiours juelz, et la recogneurent ils que c'estoit proprement la Pucelle de France, et adoncq ly donnait Joffroy Dey ung cheval, et puis s’en alloit à Arelont, une ville qui est en la duchié de Lucembourg.

«Item,quandelle f uta Arelont, elleestoit tousiours

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de costé Madame de Lucembourg et y fut grant pièce iusques à tant le fils le comte de Warnenbourg l’emmoinoit à Collongne, de costé son père le comte de Warnenbourg, et l’'aymoit ledit comte très fort, et tant que, quand elle en volt venir, il ly fist faire une très belle curesse (cuirasse) pour elle armer ; et puis s’en vint à ladite Arelont et la fut faict le mariage de messire Robertdes Harmoises et de ladite Jehanne la Pucelle, et puis après s’en vint ledit siour des Harmoises, avec sa femme la Pucelle, demeurer en Metz, en la maison ledit sire Robert qu’il avoit devant saincte Segoleine; et se tinrent là iusques tans qu'il leur plaisit. »

L’authenticité du mariage de la Pucelle avec messire Robert des Harmoises, que rapporte ainsi la Chronique du Doyen de Saint-Thibault de Metz, se trouve confirmée par leur contrat de mariage même, que Jérôme Vignier affirme avoir tenu entre ses mains !, et par un contrat de vente où Jeanne figure avec son mari, le 7 novembre 1436 : « Nous, Robert des Harmoïses, chevalier, seigneur de Thichiemont et Jehanne du Lys, la Pucelle de France, dame dudit Thichiemont, ma femme... Nous Robert des Harmoises et Jehanne du Lys, Pucelle de France,nostre femme dessus nommée, avons mis et appendu nos propres scels en ces présentes lettres », etc. ?.

Que Jeanne ait été reconnue par ses frères, ce n'est pas seulement le doyen de Saint-Thibault de Metz qui l’affirme. Les Comptes de la ville d'Orléans en témoignent copieusement pour cette même année

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