‹ Études de critique et d'histoire religieuseChapitre 81 sur 142 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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conduisant à sa prison », que le duc de Bedford connaissait fort bien, pour l'avoir pratiqué‘.

Aussi « le peuple eut bientôt soupçon de la vérité. De l'évasion savamment et longuement préparée, il avait dû transpirer quelques bruits... Des explications diverses furent données. On y mêla l'intervention surnaturelle; des légendes prirent naïssance, dérivant toutes de l’idée primitive d’une substitution. C’est ainsi que le Bourgeois de Paris dit qu'après le supplice, « y avait maintes personnes qui estoient moult abuzées d'elle, qui croyaient fermement que, par sa sainteté, elle se feult eschappée du feu et que on eust arse une aultre, cuidant que ce feust-elle ». Le manuscrit n° 11542 du Bristish Museum confirme cette croyance : « Finalement la firent ardre publiquement, ou aultre femme en semblable d'elle, de quoi moult de gens ont été et encore sont de diverses opinions. » C’est à peu près ce que répète Symphorien Champier, dans sa Nef des Dames, publiée à Lyon en 1503 : « Fut baïillée aux Anglais qui, en dépit des Français, la bruslèrent à Rouen, ce, disentils, que les Francais le nient ?. »

L'opinion populaire ne se trompait point. En 1436, la Pucelle d'Orléans réapparaît dans l’histoire. Un document de tout premier ordre en fait foi : le voici dans toute sa teneur * :

« Icelle année (1436), le xx° jour de may, vint la Pucelle Jehanne, quiavaitesté en France, à la Grangeaux-Hormes, près de Saint-Privey, et y fut amoinné

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