‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 163 sur 177 · Dans Grisar, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Dans Grisar, ouv. cit., p

congrégations romaines rendent leurs décisions en vertu des pouvoirs généraux qu'elles tiennent du Souverain Pontife, cela est plus incontestable encore lorsque le pape intervient personnellement dans les décisions, soit en présidant lui-même la séance et en rendant le décret dans le sein de la congrégation, soit -en l'approuvant, hors de la séance, et en ordonnant qu'il soit mis à exécution. Or c'est ce qui est arrivé pour la doctrine du mouvement de la terre et de l'immobilité du soleil. Les preuves I abondent ^ »

Les registres du Saint-Office marquent, en effet, le 25 février 1616, que ce fut le Souverain Pontife qui enjoignit au cardinal Bellarmin de mander Galilée pour lui faire abandonner l'opinion copernicienne, censurée c(5mme hérétique par les théologiens consulteurs ^. C'est encore le pape Paul V qui présida, le 3 mars, la séance de la Congrégation et qui, après le rapport sur le décret de condamnation de l'Index prohibant et suspendant les écrits de Copernic, « ordonna au maître du Sacré Palais de publier ce décret ^ » . Le certificat remis à Galilée, le 26 mai suivant, par le cardinal Bellarmin atteste également l'intervention du Souverain Pontife dans la condamnation du système copernicien : « On lui a seulement notifié (à Galilée ) la déclaration faite par Sa Sainteté et publiée par par la Congrégation de l'Index dans laquelle il est

1. Jaugey, ouv. cit., p. oS. Le P. Grisar partage ce sentiment, ouv. cit., p. 360.

2. • Relata censura... Sanctissimus ordinavit, » etc. Von Gebler, DieActen, p. 48; ms. du Procès, fol. 378.

,3. Sanctissimus ordinavit publicari edictum. » Gherardi, Il processo di Galileo riveduto sopre documenta di nuova fonte, p. 29.

dit que la doctrine attribuée à Copernic est contraire aux saintes Écritures et par conséquent ne peut être défendue ni soutenue : solo gl'èe stata denuntiata la dichiaruzione fatta da Nostro S ignore et publicata dalla sacra congregazione deW Indice, nella quale si contiens che la dottrina attrihuita alCopernicOj etc. *. Le Préfet delà Congrégation de l'Index, dans la lettre d'envoi du décret aux nonces et aux inquisiteurs, disait : « La Sacrée Congrégation de l'Index a, sur l'ordre même de Sa Sainteté, d'ordine anco di Sua Santità, condamné quelques livres que l'on considérait comme très dangereux, et porté là-dessus le décret ci-joint 2. » En 1633, les mêmes scènes se reproduisent ; c'est le pape Urbain VIII qui ordonne au Saint-Office « d'interroger Galilée sur son intention » , c'est-à-dire sur l'assentiment qu'il a pu donner à la doctrine copernicienne considérée comme hérétique ^. C'est encore le Souverain Pontife qui lui fait interdire « de traiter jamais, de quelque manière que ce fût, la théorie du mouvement de la terre, sous peine d'être condamné comme relaps-'' ». C'est Urbain VIII enfin qui donne l'ordre de prohiber l'ouvrage de Galilée intitulé Dialogo et d'envoyer des exemplaires de la sentence à tous les nonces apostoliques et à tous les inquisiteurs de l'hérésie ^. Que faut-il de plus pour prouver que la condamnation de Galilée et la censure officielle de la théorie copernicienne en 1616 et

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