Œuvres de Descartes, 1. 1, p
2. Ibid., t. I, p. 281. En ce qui concerne la théologie, Descaites professe ne vouloir en parler [Ibid., p. 133) ; mais il observe qu'on l'a tellement assujettie à Aristote qu'il est presque impossible d'expliquer noe autre philosophie sans qu'elle semble d'abord contre la foi {Ibid., p. 85). Ailleurs il s'élève contre « ceux qui meslent Aristote avec la Bible et veulent abuser de l'autorité de l'Église pour exercer leurs passions, j'entends ceux qui ont fait condamner Galilée et qui feraient bien condamner aussi mes opinions, s'ils pouvaient, de même sorte. » Lettre à Mersenne, 31 mars 1641. Ibid., t. ni, p. 349-
ver le mouvement de la terre sont fort bonnes, dît-il; mais il me semble qu'il ne les estale pas comme il fault pour persuader^. » Un homme qui parle de ce tonne ratifiait sûrement pas dans son for intérieur la sentence doctrinale du Saint-Office^ Un peu plus tard, il essaie de se tirer d'embarras en établissant le mouvement de la terre, non d'après Copernic, « mais en suivant le système de Tycho ^ ».
Grâce à ce subterfuge, par lequel il maintenait les droits de sa raison, le philosophe français était en règle avec l'autorité ecclésiastique. Les théologiens, en effet, le tiennent quitte de toute autre marque de respect. Ils reconnaissent volontiers qu'on ne saurait imposer « une adhésion intérieure au savant qui a la certitude scientifique de l'erreur contenue dans une décision faillible de l'autorité » enseignante. « En ce cas, dit l'abbé Jaugey, non seulement le savant n'est pas obligé d'adhérer soit intérieurement soit extérieurement au décret, mais il ne peut pas le faire sans pécher ; il ne peut qu'observer un respectueux silence^. »
Tous ne gardèrent pas cette attitude un peu forcée. Le P. Mersenne, au grand étonnement, presque au scandale de Descartes, entreprit de réfuter un ouvrage intitulé Contra motum terrée^ que l'auteur (probablement J.-B. Morin) avait dirigé contre la
\. Œuvres de Descartes, 1. 1, p. 30a.