Mansi, Concilia, t. III, col
LE CELIBAT ECCLESIASTIQUE. 91
trine des Apôtres, autant qu'on la peut connaître, consiste dans la recommandation de saint Paul à Timothée et aux Corinthiens ; c'est un éloge du célibat qui n'exclut pas positivement l'usage des droits conjugaux; une interprétation plus sévère dans le sens de la continence absolue est l'effet du développement de la discipline durant les quatre premiers siècles. Et c'est sans doute ce que voulait dire l'évêque de Bulla regia. S'il entendait faire allusion à une loi apostolique du célibat des prêtres, il lui eût été impossible de justifier son opinion par le moindre document historique ^ .
Non seulement rien n'appuie cette opinion, mais de nombreux textes la contredisent plutôt. Nous laisserons de côté ceux dont le sens peut être plus ou moins discutable, par exemple le passage d'un poème où saint Grégoire deNazianze donne à entendre que, lorsqu'il fut engendré, son père était déjà évêque^; l'histoire du prêtre Novat de Carthage qui par ses violences fit avorter sa femme, au dire de saint Cyprien ^ ; le droit que revendique Synésius de cohabiter avec son épouse après son sacre ^ ; l'allusion que saint Athanase fait aux évêques mariés et pères de famille, dans sa lettre au moine Dracontius^. Il reste assez d'autres témoignages pour éta-