Die Apostelgeschichte des Lucas, I-XII
2, The Beginning of Christianity. Part I : The Actes of the Apostles. Vol. I, Prolegomena I.
Dans la préface, lés auteurs déclarent qu'il devient de plus en plus certain que le christianisme au r°* siècle a accompli une synthèse entre les religions grécoorientales et la religion juive dans l'empire romain. La prédication de la repentance et du royaume de Dieu commencée par Jésus s’est transformée en culte sacramentel du Seigneur Jésus-Christ. De ces affirmations noùüs devons conclure que les auteurs voient dans le christianisme une religion syncrétique où se trouvent mélangées les doctrines juives et les doctrines, des religions de mystères, réagissant les unes sur les autres. Nous croyons qu'ils font fausse route. A la base du christianisme nous trouvons, il est vrai, des doctrines juives, mais transformées, élevées par Jésus- Christ. Les doctrines des religions de mystères en sont totalement absentes. On n'a trouvé aucune trace de celles-ci dans les évangiles. Quelques-uns ont essayé de les retrouver dans les épîtres pauliniennes, mais il a été démontré que Paul dans ses enseignements doctrinaux en est indépendant.
XX. Le 12 juin 1913 la Commission pontificale « De Re biblica » a porté le décret suivant :
De auctore, de tempore compositionis et de historica veritate libri Actuum apostolorum :
Propositis sequentibus dubiis Pontificia Commissio de Re biblica ita respoundendum decrevit.
L. Utrum perspecta potissimum Ecclesiae universae traditioné usque ad primaevos ecclesiasticos scriptores assurgente, attentisque internis rationibus libri Actuum sive in se sive in sua ad tertium Evangelium relatione considerati et pracsertim mutua utriusque prologi * affinitate et connexione, Le, I, 4-4; Act, IL, 1-2, uti certum tenendum sit velamen, quod titulo Actus apostolorum, seu Ipdéets ‘Amostéluy, praenofatüum, Lucam Evangelistam habere auctorem ?
Resp. Affirmative.
IT. Utrum criticis rationibus, desumptis tam ex lingua et stylo, tum ex enarrandi modo; tum ex unitate scopi et doctrinae, demonstrari possit librum Actuum apostolorum uni dumtaxat auctori tribui debere ; ac proinde eam recentiorum scriptorum sententiam, quae tenet Lucam non esse libri auctorem unicum, sed diversos esse agnoscendos ejusdem libri auctores, quovis fundamento esse destitutam ?
Resp. Affirmative ad utramque partem.
IIT. Utrum, in specie, pericopae in Actis conspicuae, in quibus, abrupto usu tertiae personae, inducitur prima pluralis (Wirstücke), unitatem compositionis et authenticitatem affirment; vel potius historice et philologice consideratae eam confirmare divendaë sint?
Resp. Negative ad De partem; aflirmative ad secundam.
IV. Utrum, ex eo quod liberipse, vix mentione facta biennii primae romanae Pauli captivitatis, abrupte clauditur, inferri liceat auctorem volumen alterum
deperditum conscripsisse, aut conscribere intendisse,
ac proinde tempus compositionis libri Actuum longe possit post eamdem captivitatem differri; vel potius jure et merito retinendum sit Lucam sub finem primae captivitatis romanae apostoli Pauli librum absolvisse ?
Resp. Negative ad primam partem, affirmative ad secundam.
V. Utrum, si simul considerentür tum frequens ac facile commercium, quod procul dubio habuit Lucas cum primis et praecipuis Ececlesiae Palestinensis fundatoribus nec non cum Paulo gentium apostolo, cuius et in evangelica praedicatione adjutor et in itineribus comés fuit; tum solita eius industria et diligentia in exquirendis testibus rebusque suis oculis observandis ;
tum denique plerumque evidens et mirabilis consensus libri Actuum cum ipsis Pauli epistolis et cum sincerioribus historiae monumentis; certo teneri debeat Lucam fontes omni fide dignos prae manibus habuisse eosque accurate, probe et fideliter adhibuisse : adeo ut plenam auctoritatem sibi jure vindicet ?
Resp. Affirmative.
VI. Utrum difficultates quae passim objici solent tum ex factis supernaturalibus a Luca narratis; tum ex relatione quorumdam sermonum, qui, cum sint compendiose traditi, censentur conficti et circum- Stantiis adaptati; tum ex nonnullis locis ab historia sive profana sive biblica apparenter saltem dissentientibus; tum demum ex narrationibus quibusdam, quae sive cum Actuum auctore sive cum aliis auctoribus sacris pugnare videntur; tales sint ut auctoritatem Actuum historicam in dubium revocare vel saltem aliquo modo minuere possint?
Resp. Negative.
De ce décret il résulte : 1° que Luc, qui a écrit le troisième évangile, est aussi l’auteur des Actes des apôtres; 2° qu'il n’y a pas eu plusieurs auteurs des Actes, mais que Luc en est l'unique auteur; 3° que les parties où la première personne du pluriel est introduite n’infirment pas l’unité et l'authenticité de l'écrit; 4° que Luc a écrit les Actes à la fin de la première captivité romaine de l’apôtre Paul; 5° qu’il a employé des sources dignes de foi et que son livre possède, par conséquent, une pleine valeur historique ; 6° que toutes les objections qu’on a soulevées contre sa véracité historique sont dénuées de valeur.
XXI. Dans son ouvrage : les actes des apôtres et la Commission biblique, Pirot développe ces conclusions. Il relève le témoignage du canon de Muratori, d’Irénée, de Tertullien, de Clément d'Alexan-
drie, Eusèbe et Jean Chrysostome, déclarant tous que Luc est l’auteur des Actes. Il discute le passage où Chrysostome affirme qu’il en est qui attribuent les Actes à Clément, d’autres à Barnabé, d’autres à Luc. Si ce passage est authentique, ce qui est douteux, il y a eu confusion entre les Actes et l’épitre aux Hébreux, laquelle est, en effet, attribuée à Clément, à Barnabé ou à Luc. Le Nouveau Testament et les écrivains ecclésiastiques établissent que Luc était d’origine païenne, qu’il fut médecin, donc un homme «cultivé, compagnon et disciple de Paul. Or, de l'étude du livre des Actes, il ressort que Luc était un Grec cultivé, issu de la Gentilité, qu’il était médecin ou tout au moins au courant des termes médicaux, qu'il était compagnon et disciple de Paul. De la comparaison avec le troisième évangile et les Actes il ressort que ces deux livres ont le même auteur. :
Au point de vue philologique et doctrinal il est évident que les « fragments-nous » ont été écrits par l’auteur qui a composé le reste de l'ouvrage. Ils ont été rédigés par un compagnon de Paul et ce compagnon n’a pu être que Luc. Malgré les opinions des critiques qui rejettent la composition des Actes à la fin du r°" siècle, Pirot soutient que la conclusion brusque des Actes, la façon dont il y est parlé de Pierre, des Juifs et de l’autorité romaine, la non-utilisation des épîtres de Paul prouvent que les Actes ont été écrits vers la fin de la première captivité de Paul à Rome. Pour renvoyer la date de composition des Actes à la fin du si" siècle, des critiques soutenaient que Luc s’était servi des œuvres de Josèphe. Il n'en est rien. Luc est indépendant de Josèphe.
La valeur historique des Actes est incontestable. Et d'abord, Luc s’est adressé pour écrire son récit à des témoins des événements; il était très soigneux dans
la rédaction de son œuvre. Les Actes sont en parfait accord avec les épîtres de Paul, avec les monuments historiques, les inscriptions. Les discours des Actes sont substantiellement authentiques. Enfin, toutes les objections soulevées contre la véracité historique des Actes peuvent être résolues.
XXII. À Loisy va publier un commentaire sur les Actes des apôtres, analogue à celui qu’il a donné sur les évangiles synoptiques. 1
LT
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