Commentarius in epistolas catholicas
LES ÉPITRES CATHOLIQUES. 857
des trois témoins est discutée dans le détail. La conclusion est qu’il est d'origine espagnole et que Priscillien est un des premiers écrivains qui le rapportent, mais sous une forme hérétique.
Jude est le frère de Jacques, évêque de Jérusalem; rien ne s'oppose à ce qu'il ait été apôtre. Il a dû écrire un peu avant l’an 64 (65), probablement en Palestine. Il a cité une prophétie qu'il attribue à Enoch. Or, cette prophétie provient d’un écrit apocryphe, mais cette fausse attribution n’attaque en rien l'inspiration de cette épiître, car en faisant cela l’auteur a parlé suivant l’usage du temps et n’a pas voulu authentiquer cette prophétie.
IT. Windisch! ne croit pas que l’épître de Jacques ait été écrite par Jacques, évêque de Jérusalem. Celuici était un Juif trop strict pour avoir parlé d'une loi « de liberté », réduite aux seuls principes moraux. Ce n'est pas contre Paul, mais contre ceux qui avaient mal compris l’enseignement de l’Apôtre qu'est dirigé le passage sur la foi et les œuvres. Windisch n'accepte pas l'hypothèse de Massebieau et de Spitta que cette épitre est un écrit juif, auquel on a ajouté en deux passages le nom du Christ; il reconnaît cependant que quelques-uns des arguments mis en avant pour soutenir cette hypothèse ont une certaine valeur. Pour lui cette épître présente les mêmes caractères que la Didachè et l’épitre de Clément.
L'épître de Jude ne peut, d'après Windisch, être attribuée au frère du Seigneur qui porte ce nom. Il est possible qu’il y ait eu un Jude, que nous ne connaissons pas et qui a écrit cette épiître. L'auteur de la seconde épître de Pierre, qui est d’ailleurs un pseudépigraphe, lui a emprunté ce qui concerne les libertins