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. De nombreuses questions se posent à propos de l'évangile de saint Jean; nous les groupons sous trois chefs qui les englobent à peu près toutes : 1° l’auteur du IV®° évangile; 2° sa composition; 3° sa valeur historique.
[. Dans son travail, Bacon ! touche à ces diverses questions, mais il les traite à un point de vue tout particulier : il déclare qu'un examen attentif des témoignages externes et internes, directs et indirects sur l’origine et l’histoire du IV° évangile l’a conduit à une conclusion opposée à celle de latradition. A ses débuts, cet évangile rencontra de l'opposition, mais la surmonta, grâce à son intérêt doctrinal et à son avantage pratique. Le témoignage de la tradition se résume en deux séries : d’abord des citations qui s'adaptent au IV° évangile et quelquefois l’attribuent à Jean; de celle-ci il n’y en a aucune qui soit antérieure à l’an 170. Ensuite, des échos du IV° évangile ou des passages influencés par lui ne se retrouvent qu’en Asie Mineure et aussi à Rome vers l'an 250. Rien ne suggère qu'on tenait l'ouvrage comme d’origine apostolique. Il était anonyme et les trois épîtres johanniques ont été écrites pour le recommander. Son but était une interprétation de la tradition évangélique dans le « sens spirituel », c’est-à-dire à la lumière de la doctrine paulinienne de l’incarnation et de la vie éternelle par l'union mystique des croyants, avec Dieu le Père au moyen de la communication de l’esprit du Christ. Il veut présenter la carrière de Jésus comme une incarnation rédemptrice du Logos divin. Sur certains points ses renseignements sont meilleurs que ceux des synoptiques. L'évidence indirecte nous induit à supposer qu'il a été écrit à Éphèse par un chrétien paulinien d'origine