CHAPITRE II
LES ÉPITRES JOHANNIQUES.
R, Law, The tests of Life; À study in the first Epistle of St. John. Edinburgh, 1909. ST
Suitk, Epistles of St. John, dans Éxpositor's Greek Testament. London, 1911.
À. E. BROOKE, À critical añd éxegetical Commentary on the. Johannine Epistles. Edinburgh, 1912.
I. Dans l'introduction de son travail Brooke ! étudie tout d'abord les rapports qui éxistent entre le IV* évan- . gile et les épiîtres. D'une comparaison minutieuse dés termes, des expressions, et des phrases employées, il conclut que l'évangile et les épitres ont été écrits par le même auteur, bien qu’il y ait entre eux des différences marquées. Mais lés ressemblances l'emportent sur les différences, 11 est impossible d’accépter l'hypothèse d'un imitateur qui aürait reproduit dans les épîtres les expressions ét lés enséignements de l'évangile. On ne peut rien conclure dé ce que, dans les épitres, l'auteur s'élève moins haut, parce que là il avait eu surtout un but pratique. Quel à donc été son but? Il nous l'a dit trés nettement à la fin de la première épitre, V, 13 : « Je vous ai écrit ces choses afin qué vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous, les croyants aû nom du Fils de Dieu. » Mais il
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voulait aussi mettre en garde ses lecteurs contre les adversaires du Christ, contre ceux qui nient que Jésus soit le Christ, qu'il soit venu en chair. Brooke cherche à déterminer quels sont ces adversaires. Ce ne sont pas les judaïsants, comme l'ont supposé Wurm et Clemen, mais des gnostiques et très probablement les Cérinthiens, qui disaient que l'élément divin s'était uni à Jésus à son baptême, et l’avait abandonné à sa mort. C’est l'opinion que nous avons présentée dans l'Histoire des livres du Nouveau Testament, t. IV, p. 291.
La première épître a été écrite à une église déterminée ou à un groupe d'églises et Brooke affirme qu'il n’a rien à objecter à l'opinion traditionnelle qui les rattache à Éphèse ou tout au moins à l'Asie Mineure. Quant à la suscription « ad Parthos » qu'on relève en Occident, elle provient ou d’une erreur ou d’une mauvaise interprétation. La composition des épîtres ne peut être placée après la première décade du second siècle. Sur la question d'auteur, Brooke ne s'exprime pas très nettement : « Nous avons, dit-il, toute raison de croire qu'un « presbytre » a eu une position prédominante en Asie Mineure vers la fin du r°" siècle. Il y a de solides raisons pour l’appeler Jean. Ses rapports avec Jean, fils de Zébédée, sont un mystère, qu'à présent, du moins, nous ne pouvons pas éclaircir complètement. La conjecture de Harnack que ce pres- bytre était un pupille de Jean l’apôtre et, dans un certain sens, un disciple du Seigneur est celle qui laisse le plus petit nombre de difficultés non résolues. La tradition externe et la probabilité interne semblent s’accorder à le désigner comme l’auteur de la Ile et de la IIT° épitres. La théorie qui lui attribue tout au moins une part comme écripain de l'évangile et de la première épître est la plus probable que nous pouvons
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faire pour le moment. Beaucoup des difficultés que tout historien doit éprouver pour établir l'attribution de l’évangile (dans sa forme actuelle) et l’épitre (moins grande que pour l’évangile) au fils de Zébédée, sont modifiées, quoiqu'’elles ne soient pas mises de côté par l'hypothèse qu'un disciple est responsable de la rédaction finale de l’enseignement de son maître. »
II. Les trois épîtres de Jean ont été écrites par l’auteur du 1V° évangile, lequel n’est pas Jean l’apôtre d’après Windisch!. Le texte des trois témoins célestes, I Jn, V, 7, 8, a été trouvé pour la première fois dans Priscillien, mais il doit l’avoir emprunté. et son origine doit être recherchée en Espagne ou en Afrique.
4. Die katholischen Briefe, dans LierzManx, Handbuch zum Neven Testament. Tübingen, 1911.