‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 18 sur 162 · Der Wortschalz des Apostels Pautus · texte numérisé non relu

Der Wortschalz des Apostels Pautus

nous en donne la préface qui résume les conclusions qu'il a déjà dégagées. Le but de sa dissertation est de préciser les sources où l'Apôtre a puisé les mots de son vocabulaire et de fixer par l'examen des mots de chaque épître paulinienne l’authenticité de celle-ci.

L'auteur semble avoir atteint des résultats que nous connaissions déjà; son mérite consiste surtout à les avoir appuyés sur des faits précis. Paul écrivait dans la langue courante à son époque en Asie Mineure; il n’est débiteur des écrivains classiques que dans la mesure où leur vocabulaire avait passé dans la langue du 1°" siècle. Il n’a d’autres hébraïsmes que ceux qui lui viennent des Septante, lorsqu'il traduit le texte des Écritures. Pour les quelques mots qu'on relève pour la première fois dans Paul, ils sont formés sur le modèle des mots que l’on trouve dans les écrivains du temps; ils'sont dérivés de racines de mots classiques; ils unissent deux mots connus, ou ajoutent une terminaison ou une aflixe à des mots usités.

Si l’on examine les épîtres pauliniennes au point de vue de la langue, on constate que les épîtres aux Corinthiens présentent le mieux la langue ordinaire de l’Apôtre; l’épître aux Galates est moins soignée et le style se rapproche davantage de la langue de la conversation. Les épîtres aux Romains, aux Thessaloniciens, les épîtres de la captivité présentent des caractères linguistiques nettement pauliniens. Il n’en est pas de même des épitres pastorales; elles n’ont pas les mots et les tournures caractéristiques des épîtres authentiques et contiennent au contraire bon nombre de formes ou de mois étrangers à Paul. Nägeli ajoute sagement que l’on ne doit pas décider de l'authenticité d’un écrit du Nouveau Testament uniquement sur l'examen de la langue de ce livre, laquelle ne peut être qu'un des facteurs de la conclusion.

VI. La neuvième édition du Dictionnaire de la grécité théologique du Nouveau Testament par H. Cremer !, la dernière qu’il a publiée, étant épuisée, il y avait lieu d’en établir une nouvelle, dans laquelle il serait tenu compte des récents travaux sur le grec du Nouveau Testament. Cremer n'avait jamais voulu entrer dans cette voie; les recherches de Deissmann et ses conclusions ne lui paraissaient d'aucune importance ou même d'aucune utilité pour l'intelligence des divers sens des termes néotestamentaires. Il les expliquait par la comparaison avec les mêmes termes employés dans les Septante, par Philon, Josèphe et les écrits post-bibliques de la synagogue. Chaque terme était examiné dans son origine et sa signification dans les écrits classiques ; les sens, qu'ils prenaient dans chacun des écrits néotestamentaires, étaient déduits d'après les méthodes de la sémantique. On avait ainsi non seulement le développement de leur signification, mais aussi l’évolution de l'idée que chacun présentait.

Cremer ne s’occupait d'ailleurs que des termes théo-

logiques, de ceux qui avaient reçu du christianisme une signification particulière. L'étude en était disposée d'une façon très scientifique. Le terme était donné dans sa forme simple, sa racine, puis dans ses dérivés et ses composés. Ex. dlxn, dlxaos, Gixalwc, dixatooüvn, Otxaden, dxalua, dxaiworx et ses composés au nombre de seize; c'est un véritable traité sur le concept de justice dans le Nouveau Testament, éclairé par le sens qui lui est donné dans l'Ancien Testament.

J. Kügel qui a publié la dixième édition n'a pas laissé de côté les travaux de Deissmann, mais les a utilisés à un certain degré. Pour s'en rendre compte, il suffira de comparer les articles éyopdtu, auveyoyf,

4, Biblisch.-theologisches Wôürterbuch der neutest. Gräzität.

. alwv, vos, dans cette nouvelle édition avec les mêmes

dans les éditions précédentes. La plupart des articles ont subi d’ailleurs des modifications plus ou moins importantes, tantôt des additions, tantôt des suppressions. Les études exégétiques les plus récentes ont été signalées et mises à profit. Certains articles tels que dyyshos, edayyéhiov, duñv, ont été presque entièrement renouvelés. D'autres, äperf, domayuds, mapabohñ, Buorheix, voi, ont reçu des développements intéressants. De ce fait l'excellent travail de Cremer a été renouvelé et mis au point.

La sixième livraison a paru en 1913. Remarquons les articles zeifw, xioru et ses dérivés, très développés, 54 pages, en raison de l'importance de l’idée que représentent ces termes.

L'ouvrage a été continué et a été terminé en 1918. Nous n'avons pas les derniers fascicules.

VII. Le Vocabulaire du Testament grec dont Moulton et Milligan ‘’ont publié trois fascicules, À — wpoë, n’est pas un dictionnaire de tous les mots que l’on relève dans les écrits du Nouveau Testament, mais seulement un recueil de ceux dont la signification peut être expliquée à l’aide des papyrus et des autres documents non littéraires. Les auteurs ne se dissimulent pas que leur recueil ne peut être complet pour le moment, car l’on découvre chaque année de nouveaux papyrus et d’ailleurs on en possède encore beaucoup qui n’ont pas été publiés. Ils compléteront leur travail autant qu'il sera possible dans un appendice qui fera suite au Vocabulaire.

Voici comment les auteurs ont établi leur travail. La citation du passage des papyrus où se trouve un mot du Nouveau Testament est donnée dans son entier,

4, The Vocabulary of the greek Testament, illustrated from the papyri and other non-literary sources.

afin de montrer dans quel sens il est employé et d'éclairer ainsi le texte néotestamentaire. Les inscriptions sont aussi appelées en témoignage, ainsi qu'un certain nombre de textes littéraires, lorsqu'ils peuvent compléter la signification du mot traité, et qu'ils font ressortir l'emploi de ce mot dans le grec populaire.

La traduction de l’article sur &yéxn fera mieux saisir que toutes nos explications la manière dont MM. Moulton et Milligan ont traité leur sujet : « IL serait exagéré de prétendre que cet important mot biblique est « né dans le sein de la religion révélée » ; il est remarquable qu'il y a seulement trois exemples de son usage dans le grec profane, et encore deux d’entre eux sont lus autrement aujourd’hui et le troisième est douteux. Deissmann a cité tout d'abord comme exemple, P. Par. 49% (164-158 av. J.-C.), (Bibelstudien, p. 80 s.). Mais dans l'édition anglaise (B. S., p. 198) il a admis que la lecture tapayñy devait lui être substituée. D'autre part, Hatch, dans le Journal of biblical Literature, XX VIT, 2, p. 134 ss., cite une inscription de l’époque impériale, de Tefeny en Pisidie, où l’on donne la signification divinatoire de divers coups de dés : mévbe d elç dya[rn]v ce quouuedhc ’Appodeirn. Mais Deissmann appelle notre attention sur une dissertation de Breslau par F. Heïinevetter : Würfel-und Buchstabenorakel in Griechenland und Kleinasien (1912), où il semble prouvé (p. 10) qu'il faut lire, ei &yxGov, dans la ligne que nous avons citée. Il reste seulement la citation (Crôünert, Lex., s. v.) de ôv dà[ylémns élvaplyoës des papyrus d'Herculanum, de Philodemus l'Épicurien (I avant J.-C.) marquée de la note « (sicher ?) ».

« L'histoire de ce mot est si importante pour l'orientation du vocabulaire du grec biblique que nous devons la poursuivre un peu en détail. L'argument, tiré par

Deissmann de la citation d’éyarn dans Philon, faite par Thayer, est répété dans la traduction anglaise des Bibelstudien (p. 199) sans qu’il ait tenu compte de la critique de Ramsay (Æxp. Times, IX, p. 568). Et Deissmann paraît certainement avoir raison quand il affirme que dans le Quod Deus immut. (p. 283 M — Cohn-Wendland, ed. min., p. 69) Philon n’a pas pris ce mot dans les Septante, à moins que, Sagesse, III, 9 (l'amour envers Dieu) et VI, 18 (l'amour de la Sagesse) ne puissent être pris comme des modèles pour l'usage annobli du mot. Car dans les Septante il est employé 14 fois pour désigner l’amour sexuel (Jér., II, 2, au sens figuré), et deux fois en antithèse avec uioso. L'Ecclésiastique, XL VIII, 11, est la seule citation en dehors de celle de la Sagesse. Aristée (II-I avant J.-C.) a employé le mot ($ 229) au sens élevé et peut être regardé avec l’auteur de la Sagesse comme le plus ancien écrivain qui l'ait adapté à cet usage. Les Juifs alexandrins du 1° siècle avant J.-C. paraissent avoir montré la voie pour ennoblir le sens de äyärn et le substituer à l’archaïque ëcos. Le fait que son usage était très restreint a permis plus aisément de l’employer dans un sens spécial. Puisque le Cantique des Cantiques (où il se rencontre 11 fois) ne paraît pas avoir été connu des écrivains du Nouveau Testament, il n'y eut de fait aucune autre association d'idées devant leur esprit, et l'emploi de dyaräv et d’äyärn se poursuivit côte à côte. Comme la relation de leur usage dans Aquila, Symmaque et Théodotion le montre (Voir la concordance des Septante par Hatch et Redpath), le mot garda dans les cercles indépendants le sens que nous trouvons dans le Cantique et l’Ecclésiastique et devint lentement plus commun. Dans les papyrus chrétiens anciens nous le trouvons restreint comme notre « charité » : Crônert cite P, Gen. I, 147, ÉTUDES DE CRITIQUE, 6

(rve-ve siècle après J.-C.) et P. Lond. 7758 (vrn° siècle après J.-C.) (— I, p. 234). Sur l'emploi chrétien de ’Ayérn comme un nom propre, voir W. M. Ramsay, Cities and Bishoprics of Phrygia, W, p. 4925.

« On pourrait enfin remarquer qu’il n’y a pas de raison pour réclamer éyérn comme l’origine de dyaré, comme tu a produit rimdw, etc. *Ayérn est en tout cas une formation dérivée du verbe, remplaçant le terme plus ancien éyérnoux et provenant sans aucun doute d'un district dialectique restreint. Dans une note publiée dans The Expos. Times, déc. 1914,.p. 139, Moulton fait remarquer que le cas est de tout point le même pour ouvavriv et atuvriv, dérivés de ävrdw et remplaçant ouvévinotv et émévrnow. »

Relevons maintenant quelques citations des papyrus qui éclairent des passages du Nouveau Testament, où les mots sont employés dans le même sens. Chap. I, 28, de la première épître aux Corinthiens, Paul pour . faire ressortir la grandeur et la sagesse de Dieu écrit : 'EEséEaro 6 Oedc.…. vù dyevn ToÙ xéouou : les choses viles du monde. ’Aysvrs signifie d’abord de naissance obscure, par opposition à edyevñç de noble naissance et nous le trouvons employé avec ce sens dans un papyrus d'Oxy- rinchus, I, 33, fin du n° siècle après J.-C. et dans un papyrus de même provenance, mais un peu plus ancien, où il signifie bas, vile, gndèv ramivèv, undè àyevèc… rodëns. Il est d'ailleurs classique dans ces deux sens. — Un parallèle de la phrase paulinienne, 1 Thess., IV, 13 : Où Oéouev d bus dyvosiy se trouve dans un. papyrus de Tebtunis, n° siècle après J.-C. : moretw ce à dyvoeiv, passage qui élucide aussi son emploi avec la négation dans IT Cor., II, 41. — ‘Ayvè, Phülp., pe17; “sténifie loyalement, comme dans de nombreuses inscriptions. — ’AGehkpôç est employé dans des sens divers dans le Nouveau Testament ; il en est de même

dans les papyrus. Il l’est au sens naturel, mais aussi au sens de mari: ‘Toius ‘Hoxiotéovt vit ad:pü[t yai(peuv)], P. Lond. 42!, 168 avant J.-C., où il semble qu'Isias s'adresse à son mari et non à son frère, Les Ptolémées appelaient leurs femmes, däehgai, quand même elles ne létaient pas. Dans un papyrus de Paris, 45, 48, n° siècle avant J.-C. des hommes adressent une salutation : &ds\p& yatoew à des hommes qui n’ont avec eux aucune parenté. On cite des papyrus où &èsgdc est un terme employé pour une adresse à un individu quelconque. Dans un papyrus de Paris, 42!, n° siècle avant J.-C., &de1got désigne les membres d'une corporation religieuse établie dans le Serapeum de Memphis. Enfin, dans les Orientis Graeci Inscriptiones selectae, éditées par Dittenberger, 138%, rr° siècle avant J.-C., Ptolémée Evergète appelle « son frère » un certain Lochus qu'il désigne dans d’autres inscriptions comme « son fidèle et bien-aimé cousin », — ’Aûaheinrws, qu'a employé Paul, se retrouve dans plusieurs papyrus, antérieurs à l'ère chrétienne. — Le sens de l'adjectif, aèooc, | Prerre, IT, 2, est fixé par des papyrus antérieurs à l’ère chrétienne, où il est toujours employé au sens de pur, non adultéré, non mélangé avec d’autres substances. — Aïoeou, au sens de choix, de secte, de faction, est élucidé par les inscriptions et les papyrus. — ’Axardxpuros, Act, XVI, 37; XXII, 25, signifie, d’après l’étymologie du mot, non condamné, mais il est probable qu'il faut traduire : dont la cause n’a pas été examinée. — ‘Auaprix se rencontre dans une inscription de Cyzique, mr° siècle avant J.-C., épaprluv pevavdec et dans plusieurs autres inscriptions, qui éclaircissent l'emploi de ce terme dans le Nouveau Testament. — Le terme technique énoypugñ, employé deux fois par Luc, se trouve dans les rescrits de recensement, «ur ” oixiuv éxopypaps ; à l’époque des Ptolémées,

le census devait avoir lieu chaque année et recensait le nom du propriétaire et des autres occupants de chaque maison, ensuite le nombre total des habitants du pays et celui des mâles. Les objections que l’on a faites si souvent contre le recensement dont parle Luc proviennent de notre manque d’informations. On pourrait en trouver un supplément dans les inscriptions qui ont été citées par Moulton et Milligan, d’où il ressort que Quirinius a été légat en Syrie pour un recensement en l’année 8-6 avant J.-C. (Exposior, VIII, 1v, p. 385, 481).

On pourrait signaler encore dans ce Vocabulary d'excellentes remarques sur le déclin progressif de l'usage de &v dans le grec post-classique, sur l'emploi dans les papyrus de évabdllw, ävayxaïos, dvayxn, &véyvwot, avaleua, &vairios, dvxAUw, dvdotaois, dvarokf, dvapépe, aventAnunros, etc., dans le même sens que dans les écrits du Nouveau Testament, mais nous pensons que les citations précédentes suflisent pour montrer les services que ce Vocabulary rendra à l'exégèse néotestamentaire.

Les lecteurs savent qu'il y a dans les écrits du Nouveau Testament un certain nombre de mots grecs que l’on trouve là pour la première fois. On avait cru que ces mots, qui apparaissent le plus fréquemment dans les épîtres pauliniennes, avaient été forgés par l'Apôtre pour exprimer des idées inconnues au grec contemporain. Toutefois on peut faire remarquer d’abord que tous les écrits du Nouveau Testament offrent des exemples de ces mots nouveaux; il en est même, comme par exemple les épîtres de Pierre, qui en contiennent relativement plus que les épîtres de Paul. Au surplus, on a retrouvé un certain nombre de ces äraë \eyôueva dans les inscriptions et les papyrus, antérieurs au 1°" siècle ou contemporains

du Nouveau Testament, ce qui a permis de conclure que les mots des écrits néotestamentaires, qui paraissaient nouveaux, ne l’étaient que parce que l’on ne les avait pas encore trouvés dans les documents, mais qu’en fait ils faisaient partie de la langue du temps et qu'on les y relèvera au fur et à mesure que nous posséderons davantage des écrits de cette époque. Il est intéressant de rechercher ce que le Vocabulary de Moulton et Milligan pourra nous apprendre sur cette question, puisque son but est de recenser tous les passages des papyrus et des inscriptions où se rencontrent des mots néotestamentaires.

Le Nouveau Testament compte, dans la lettre À, 45 mots que l’on avait trouvés là pour la première fois. Or, parmi ces mots, il y en a trois, dors, dpedsu, &pépyupos que l’on retrouve dans les écrits, papyrus, inscriptions, antérieurs au Nouveau Testament; il y en a cinq, aitioux, dusravohros, dpÜGxOT0, AU SENS métaphorique, dpyreparixés, äguhdyafos, qui sont dans les papyrus contemporains du Nouveau Testament; sept, GpETAVONTOG, ÉVETAITUUVTOS, GpSEVOXOÏTN, APTLYÉVVNTOS, AVTLuerpéw, émelpaotos, Ghvdos qui sont dans les écrivains du temps, Josèphe et Lucien par exemple. On peut donc conjecturer que tous ces mots faisaient partie de la langue du r°’ siècle après J.-C. Il semble aussi que les quatre mots que l'on trouve dans les écrits postérieurs, par exemple les écrits hermétiques et dans les papyrus des u°-vr° siècles après J.-C., delpôrne, dxardyvworos, avaxauvdw, ävaxaivwais, doivent rentrer dans la même catégorie que les précédents. Il en est deux, éxurdxpuros, SAAorpLETITXOTOG, dont on n’a aucune attestation, et huit aiuarexyuola, aisypoxepète, dvdmeipos — la forme correspondante, évarnpos, est dans Platon — ävexAdAntos, àvri- Autpov, dpapos, apte VA, &pyvrolyAwos qui ne sont pas relevés dans le Vocabulary, sur lesquels, par consé-

quent, nous devons suspendre notre jugement. Enfin, il y a huit mots, dyevsauAGyntos, Grémduos, dmekeyuôc, droxapañoxta, moouvéywyos, aÜToxaTAxpLTOS, ÉPEAOTNG, ELLO= molntos, qui ont pu être formés ou employés pour la première fois parles écrivains du Nouveau Testament, Paul en particulier, par analogie avec d’autres mots de l’époque ou par dérivation de ces mots.

Il existe aussi dans le Nouveau Testament certaines formes grammaticales qui avaient paru irrégulières et que l’on retrouve dans les papyrus. Examinons par exemple le verbe &ytnur. L'aoriste passif, épéäncav, sans l’augment, Rom., IV, 7, a son parallèle, äpéôn, dans les Orientis Graeci Inscriptiones, 435%, 11° siècle avant J.-C. On peut comparer äpéuvru avec l'impératif &peoûw dans Micner, Recueil d'inscriptions grecques, 585 ‘1 Arcadienne, mi° siècle avant J.-C. Le présent äpeie, Apoc., IT, 20, doit être regardé comme la contraction régulière de éplex, du verbe äpilw (verbe non contracte) qui est la conjugaison normale dans lequel le verbe en pu tend à se confondre ici. On n'a pas d'exemple d’égtéw. Pour la forme does on peut citer P. Am. IT, 37°, 172 avant J.-C., ägec adrèv yalpewv; P. Hib. 1, 416 (261 environ avant J.-C.), do fels aèrdv elcayæyeiv. On pourrait encore relever dans les papyrus et les inscriptions d’autres formes irrégulières des verbes du Nouveau Testament.

Voici les &maë eyousv« relevés dans le 2° fascicule : Bérrioua, Éanriouôc Et Ganricrhs ne se retrouvent ni chez les écrivains classiques, ni dans les papyrus; cependant 6urriouds et 6arrioris sont dans Josèphe, ce qui prouve leur emploi au 1°" siècle, Barroloyéw où Bhurro- Aoyéw (codex de Bèze) pourrait être une abréviation de Barrahokoyé et se rattacherait à l’épithète Bérraoc, accolée au nom de Démosthène ou à l’araméen battdl, vide, futile. Blocu est dans l’Ecclésiastique et dans une

inscription juive de l’an 60-80 ap. J.-C,, citée par Ramsay, C. and B., II, p. 650. Le sens de Boruxd, Le., XXI, 34; I C., VI, 3, est illustré par un papyrus de Tebtunis, 114 avant J.-C. et un papyrus de la collection Ryland, 28-29 après J.-C. Estathius, 1180 ap. J.-C., se sert du terme 6v\iw, comme très employé dans le grec ancien. On ne l’a trouvé jusqu’à présent que dans les Actes, XX VII, 28. Bpaôurkoéw est dans Artémidore, n° siècle après J.-C. Un papyrus du Fayüm, environ l’an 100 après J.-C., rapporte le terme fupoeës, Appollonius, 1° siècle après J.-C., cite yauiw; peutêtre ce terme a-t-il le sens de yauéw, marier et non donner en mariage. Auuoviçouu, au sens de « possédé du démon », ne se retrouve que dans le grec tardif. Autuovwôns est dans Symmaque, m° siècle après J.-C, Actymatitw se trouve dans un papyrus de Tebtunis, 14-43 avant J.-C.; Acsuogilaë dans un papyrus de la collection Flinders Petrie, r1° siècle avant J.-C. Le papyrus de Paris, contenant la Liturgie de Mithra, porte ênAavyws et non rnhauyüi, qui serait une correction de Dieterich. Hesychius et Democritus ont employé ce terme Snhauyüc. Audaæxrixôs se trouve dans Philon, Awoueveuris ne se retrouve que dans les écrivains byzantins. Auris qu'on a relevé dans Philon est aussi dans quelques papyrus des 1° et n° siècles après J.-C, Aucuoxpuota n’est que dans des papyrus du r°-1v° siècle après J.-C. Aëoyos n’est pas employé dans les papyrus au même sens que dans Paul, I Tém., II, 8. Akbuyos se retrouve dans la Didachè, Clément Romain, Barnabé, Hermas; ils avaient probablement emprunté ce terme à Jeqg., 1, 8; IV, 8. Awxrnç rappelle épyodtwxrns des Septante et d’un papyrus de l’an 253-354 avant J.-C., collection Flinders Petrie.

Nous ne trouvons pas relevés les termes suivants : Bu6Aapiôtov, yoyyuoris, feurepômpwroc, Guxypryopée, dtaxaa-

pifw, dtexarekéygouat, duvaréw, duovontos. Il est à croire que Moulton et Milligan ne les ont trouvés ni dans les papyrus, ni dans les inscriptions. On peut donc les considérer jusqu’à nouvel ordre comme des ëxaë Àcyoueva.

De la 3e partie de ce Dictionnaire, édv-0wpaë, il ressort que l'on doit tenir provisoirement comme &maë Aeyoueva les termes suivants : ‘Edoxloux, #8e1o0pnoxla eidwhohatpeia, eidwhoatons, ÉÉépaux, Emdiuraocomar, émiobctos, Émihelyu, eduetadoroc, sbpaxuhwv, Ceuxrnpia, fuiwpov, OeodtDaxros, Gopu- Éatw, dpmoxos, Exbnrnow, Ehappla, Eurarymovñ, Émimobla, Èipartw, deuwônc, Étsoodacxahéw. La 4° partie du Dictionnaire est sous presse.

VIII. Les deux thèses de P. F. Regard : La phase nominale dans le Nouveau Testament et Contribution à l'étude des prépositions dans la langue du Nouveau Testament seront très importantes pour établir les rapports entre la Kowf hellénistique au 1° siècle et la langue du N.T., comme représentant de cette Kowñ.

IX. H. Pernot a fait à la Sorbonne, en 1919-1920, un cours sur la prononciation grecque à l'époque du N. T. et a commencé l'explication philologique de l’évangile de saint Marc. Il croit que le grec néotestamentaire est plus proche du grec moderne que du grec ancien, ét qu'il était inutile de chercher dans les papyrus la confirmation de certaines particularités de la langue du N.T., qui se retrouvent en grec moderne.

Page 1