Paulus, sein Leben und Wirken
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l’'Apôtre. Leur authenticité et leur valeur historique sont défendues avec beaucoup d’habileté contre l’école critique hollandaise, représentée surtout par von Manen et Loman. On ne peut comprendre comment ces épîtres auraient pu naître au n° siècle, ni à quel état des esprits et des faits elles correspondraient. Que signifieraient ces longues discussions sur la Loi et sa déchéance, à une époque où il n’était plus question de la Loi? D'ailleurs l'existence des épitres pauliniennes est attestée par les citations qu’en ont faites les écrivains du commencement du rr° siècle.
Clemen accepte comme authentiques : l’épître aux Galates, adressée aux Galates du sud, les deux épîtres aux Thessaloniciens, la I"° aux Corinthiens, la 1[° aux Corinthiens, formée de trois lettres écrites à des intervalles assez rapprochés : IT Cor.,VI, 14-VIT, 1, qui aurait même précédé la première; X, 1-XIII, 10, l’épître dont il est parlé dans les premiers chapitres, et enfin, I-VI, 13; VII, 2-IX, 15; XIII, 11-13, une dernière lettre aux Corinthiens; l’épître aux Romains, excepté XVI, 25-27; les épîtres aux Colossiens, à Philémon, aux Philippiens. Des Pastorales, il retient les fragments suivants comme pauliniens : II Tém., I, 15-18; IV, 9-18; 19-22*; Tite, III, 12-14. L’épitre aux Ephésiens ne serait pas de Paul. Cette affirmation nous étonne de la part d’un critique qui reçoit l’épître aux Colossiens, laquelle présuppose l’épitre aux Ephésiens et l’authentique. Les deux lettres sont évidemment dues au même écrivain; il y a trop de rapports entre elles pour qu’on puisse les séparer.
Comme seconde source de la vie de Paul, Clemen . étudie les Actes des apôtres. Il admet deux parties distinctes dans ce livre; les onze premiers chapitres, dus à un auteur inconnu; les dix-sept derniers, dont l'auteur serait Luc. À l’aide de ces deux documents
et de traditions orales, un compilateur inconnu aurait formé notre livre actuel des Actes. Il est plus simple et plus conforme aux faits de croire que Luc s’est servi de documents écrits, qu'il a rédigé lui-même une partie des Actes, et qu’il a imprégné le tout de sa façon d'envisager les événements. Luc est bien l’auteur responsable de tout le livre. Quant à la valeur historique du récit, Clemen l’accepte toutes les fois qu'il n’y a pas d'intervention surnaturelle. Quant aux Actes apocryphes, les Acta Pauli, par exemple, que vient de publier Schmidt, on y peut trouver quelques détails historiques; le difficile, c’est de les déterminer.
D'après Clemen, Paul se serait converti vers l’an 31 et serait mort, après deux ans de captivité à Rome, vers l’an 64.
La seconde partie de l'ouvrage est consacrée à un exposé de la vie de l'Apôtre. Tout d'abord, Clemen étudie les milieux dans lesquels Paul est né et où s’est exercée son activité, le milieu romain, le milieu juif et le milieu chrétien. La formation intellectuelle de l’'Apôtre fut essentiellement juive. Sa conversion s'explique naturellement par son état d'esprit au moment où élle eut lieu. Ensuite, il raconte ce qu'il appelle le devenir de l'Apôtre : Paul dans le judaïsme, sa conscience, ses vues nouvelles; puis, il divise la vie de Paul en trois périodes : la première, activité missionnaire; la seconde, voyages de mission; la troisième, captivité et mort. Comme conclusion, sont étudiés la personnalité de Paul, le résultat de ses prédications et l'influence de la théologie paulinienne sur le christianisme subséquent. Déjà après le récit de la conversion on avait trouvé un exposé rapide de la théologie de Paul. Sa théologie dérive de la théologie juive et de sa croyance à la mort et à la résurrection de Jésus. Clemen ne croit pas
qu'il y ait eu progrès dans les pensées de l’Apôtre et pense que, dès sa conversion, celui-ci a possédé l'ensemble de son système théologique. Ne pourraiton pas croire cependant que, par suite de ses réflexions et de ses expériences missionnaires, Paul a vu plus. clairement ou plus amplement certains points de sa doctrine qui n'étaient qu'implicitement contenus dans ses vues primitives? La façon dont l’auteur explique la conversion de Paul ne nous paraît pas heureuse. D'ailleurs, tout essai d'explication, en dehors d’une intervention surnaturelle, sera toujours infructueux; Paul est trop précis à cet égard.
II. Le travail de Weinel! sur Paul est destiné au grand public. Dans Paul il étudie le pharisien, l’homme qui cherche Dieu, le prophète, l’apôtre, le fondateur de l'Église, le théologien, l'homme. Weinel rejette comme non Liens les épîtres pastorales, l'épitre aux Éphésiens et celle aux Hébreux. Quelques passages des autres épîtres sont des interpolations.
IT. W. Bacon? choisit les épisodes marquants de la vie de Paul et montre comment le récit des Actes est complété par les épîtres de l’Apôtre. Il reconnaît dans les Actes un document original, le Journal de voyage qui a été amalgamé dans un récit de moindre valeur historique. L'épitre aux Galates est la première en date; la seconde épître aux Corinthiens est formée : de dois épîtres envoyées à des époques différentes ; l'épître aux Éphésiens est authentique, ainsi que à partie principale de la seconde à Timothée. Une certaine influence hellénique, surtout stoïcienne, s’exerça sur Paul, lors de son éducation à Tarse.