‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 3 sur 162 · C. CLEMEN, Die Entstehung des Neuen Testament. Leipzig · texte numérisé non relu

C. CLEMEN, Die Entstehung des Neuen Testament. Leipzig

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I. Dans une étude! lue devant l’/nternational Congress of Arts and Science, de Saint-Louis, États- Unis, E. de Witt Burton a tracé le programme des études qui doivent être faites sur le Nouveau Testament. Voici quelques-unes des opinions de l’auteur. — On se demande aujourd’hui si le texte occidental est à proprement parler un texte un, ou s'il ne représente pas plutôt un état du texte du Nouveau Testament non revisé et progressivement détérioré dans le monde chrétien pendant la période anté-nicéenne. La langue du Nouveau Testament était la langue grecque parlée au 1‘* siècle, mais fortement teintée de sémitismes directement ou indirectement. De l'avis de tous les critiques les épîtres aux Romains, aux Galates et aux Corinthiens sont d’origine paulinienne quoi qu’en ait dit l’école radicale hollandaise. Il se pose cependant à leur sujet divers problèmes qui n’ont pas encore été résolus; la question de l’authenticité de la ['° épître aux Thessaloniciens, des épitres aux Philippiens et à Philémon n’est presque plus discutée. On tend à admettre aussi celle de l’épitre aux Colossiens et aussi celle de la seconde aux Thessaloniciens. L'épitre aux Éphésiens serait un sermon ou un traité théologique. Les épiîtres pastorales sont

4, The present Problem of the New Testament Study

partiellement pauliniennes en ce sens qu’elles con- : tiennent des parties d'origine paulinienne. Le problème synoptique est autant une question de critique du texte que de critique littéraire. Les textes des évangiles ont réagi les uns sur les autres à un tel degré qu'il est impossible de préciser exactement ce qui représente le texte original de chacun d'eux. L'auteur du livre des Actes a employé des documents d’inégale valeur historique. La.question johannique est toujours non résolue entre ceux qui y voient une source historique de la vie de Jésus et ceux qui lui dénient toute connexion avec les premiers disciples du Seigneur. L'Apocalypse est apparentée aux apocalypses de son temps. L'épître aux Hébreux a été écrite par un auteur imbu des idées judéo-alexandrines sur l'Ancien Testament, et qui avait sur le christianisme les mêmes conceptions que Paul. Il n’est pas certain que la première épiître de Pierre soit authentique ; la seconde et celle de Jude sont de date tardive.

IL. J. Weiss ! a passé en revue les données acquises de la science néotestamentaire, telles qu'elles se . dégagent des travaux les plus récents des critiques et des historiens en vue. Il signale d’abord les travaux sur la critique du Nouveau Testament, ceux de Nestle et de von Soden, fait remarquer qu'il y aurait lieu, si l’on veut arriver à des résultats précis, de se partager la besogne entre spécialistes. À propos de la langue du Nouveau Testament, il croit que Deissmann a trop insisté sur le caractère populaire de cette langue et n'en a pas suffisamment reconnu le caractère littéraire et l'apport sémitique. Il montre que dans les épîtres pauliniennes il y a des traces nom-

4. Die Aufgaben der neutestam. Wissenschaft in der Gegenwart.

breuses de rhétorique classique; il cite,divers passages qu’il met en parallèle avec ceux des écrivains grecs, Bion, Epictète, parce qu'ils leur ressemblent, sinon pour l’idée du moins pour la forme. Il reconnaît les services que peuvent rendre à l’exégèse la critique textuelle par la reconstitution des textes, ainsi que les travaux de grammaire et de lexicographie. Il rappelle les études qui ontété faites sur le IV° évangile et croit que la question va entrer dans une nouvelle phase, dans laquelle on tiendra compte davantage des rapports de cet évangile avec les évangiles synoptiques. Pour ces derniers la question actuelle est de déterminer les rapports entre Marc et les Logia. L'auteur examine ensuite l’état des recherches sur la vie de Jésus et ce que l’on peut conclure de la comparaison des évangiles avec les traditions religieuses antérieures.

III. Le D' Fiebig' se demande quelles doivent être les études de celui qui veut connaître à fond le Nouveau Testament. Il constate que celui-ci est un livre chrétien, écrit en grec, en très grande partie par des auteurs juifs de naissance et de mentalité, et qu’en outre c’est un livre oriental; par conséquent, on devra étudier le monde gréco-latin, contemporain de Jésus-Christ, la langue et la littérature grecque post-classiques, le judaïsme et l'Orient au temps du Nouveau Testament et enfin la littérature chrétienne primitive.

IV. En 237 pages von Soden? nous dit quelles sont ses conclusions sur les auteurs, la date, le but des livres du Nouveau Testament. Les épîtres authentiques de Paul sont la I" aux Thessaloniciens, les épîtres aux Corinthiens, aux Galates, aux Romains,

4. Die Aufgaben der neutest. Forschung-in der Gegenwart. 2. Urchristiiche Literaturgeschichte.

une épître probable aux Éphésiens, dont on a un débris dans Romn., XVI, 1-20; les épîtres aux Colossiens, à Philémon et aux Philippiens. La seconde épître aux Corinthiens a été formée à l’aide de trois lettres de Paul.

À la base de la littérature évangélique, von Soden place les Logia de Jésus, rassemblés par Matthieu et les Mémoires de Pierre, rédigés par Marc vers l'an 64. Le premier évangile écrit à Rome est un composé de Mare, des Logia et de traditions particulières ; il se distingue par certaines additions, relatives à Pierre, au récit de la passion : la femme de Pilate, le lave- ment des mains de celui-ci, la résurrection des morts, la garde mise au tombeau, la mort de Judas. Le deuxième évangile a pour but de démontrer la filiation divine de Jésus. Le troisième est basé sur Marc, mais ses parties, analogues à celles de Matthieu, ne sont pas dépendantes de ces dernières; c’est par conjecture seulement que Luc est désigné comme l’auteur de cet évangile.

Dans la littérature postérieure, von Soden range les Actes des apôtres, apologie politique du christianisme ; la première épître de Pierre, les épîtres aux Hébreux et aux Ephésiens, de provenance judéoalexandrine; les épîtres pastorales, dont quelques fragments seulement proviennent de l’apôtre Paul; la seconde aux Thessaloniciens est calquée sur la première; l'épître de Jacques est un recueil de sentences juives et, dans la seconde partie, est influencée par la littérature gréco-romaine. L'épitre de Jude est originaire de l'Asie Mineure. La deuxième épitre de Pierre est un remaniement de celle-ci; elle insiste davantage sur chacune des idées et les renforce; elle dépend aussi des écrits pauliniens, mais n'a aucun rapport avec la première épître de Pierre,

Les trois épitres de Jean et l'Apocalypse ont été

“écrits par le presbytre Jean, un alexandrin, qui a été

disciple du Seigneur; dans l'Apocalypse a été insérée une Apocalypse juive, VIII, 1-XXIT, écrite pendant le siège de Jérusalem. Le quatrième évangile est un écrit théologique, composé par un disciple de Jean le presbytre, bien au courant de la philosophie alexandrine. :

V, Dans un travail intitulé « Le caractère littéraire des écrits du Nouveau Testament », Heinrici! étudie ces écrits au point de vue littéraire et détermine les caractères spécifiques qui les différencient des écrivains, soit juifs soit grecs. « De nouveaux problèmes et de nouveaux rapports créent, dit-il, de nouvelles formes. » Rien dans la littérature grecque, que ce soient les Mémoires de Socrate ou la vie d'Appollonius de Thyane, rien non plus dans les récits de l’Ancien Testament ou dans les enseignements des prophètes n’est analogue à ce que nous offrent les livres du Nouveau Testament. Seuls, les Actes des apôtres peuvent

entrer dans les cadres de la littérature hellénistique.

Ces constatations faites, Heinrici examine la forme littéraire de chacun des écrits du Nouveau Testament. Les évangélistes synoptiques n’extraient pas leurs données de deux sources, mais ils condensent dans un livre, chacun à leur manière, l’évangile attesté par les témoins oculaires et annoncé par les prédicateurs missionnaires. [ls ont fait un choix dans les enseignements de Jésus. Le IV° évangile serait le fruit de la prédication aux chrétiens d'Asie Mineure par Jean; l’apôtre. Les épîtres de Paul sont des écrits originaux qui ne doivent rien aux midraschim juifs, pas plus à la Halacha qu’à la Hagada. L'épître aux Hébreux est un

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