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IX. Il n’en est pas de même de B. W. Bacon

L'histoire du christianisme primitif lui apparaît comme l’histoire d’une lutte entre deux courants de pensée, l’un issu du judaïsme, l’autre de l’hellénisme, qui finissent par se fondre au commencement du second siècle en une harmonieuse synthèse qui constitue le christianisme catholique. Au christianisme le judaïsme élargi a fourni l'idéal : l'espérance messianique du royaume de Dieu; et l’hellénisme a 8, to 4. New Testament Criticism.

>. The New Testament in the twentièth Century. > né Making of the New Testament.

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fourni l'idéal individuel : la rédemption personnelle par l’union mystique avec Dieu. De là deux formes différentes de l'Évangile : l'Evangile que Bacon appelle apostolique, qui est à proprement parler l’'Evangile de Jésus, d'inspiration juive, et dont l’attestation écrite la plus ancienne fut sans doute le recueil de Préceptes du Seigneur (Logia) attribué par Papias à l’apôtre Matthieu; puis l’ Évangile paulinien, qui est plutôt un Évangile sur Jésus, dont Jésus est l'objet, et qui est une interprétation de la personnalité et de l’œuvre du Christ fondée sur l'expérience personnelle de Paul et influencée dans une mesure plus ou moins large par l’hellénisme. Durant tout le premier siècle ces deux types de la pensée chrétienne se sont mêlés, pénétrés, combattus, adaptés mutuellement, et c’est de leur combinaison dans des proportions diverses que sont issus les divers livres du Nouveau Testament. Ces deux grands courants, en se fondant enfin, donnèrent naissance au type johannique de l'Évangile, Évangile « spirituel » qui incorpora l'Évangile paulinien sur Jésus à l'Évangile prêché par Jésus.

Voici maintenant les opinions de Bacon sur les divers écrits du Nouveau Testament. Toutes les épitres pauliniennes sont authentiques, sauf les Pastorales, rédigées à l’aide de lettres détachées de Paul. L'épître aux Hébreux aurait été écrite par un chrétien inconnu vers l'an 90. Les épîtres de Jacques et de Pierre sont de l’époque post-apostolique. Matthieu a écrit vers 45-50 une collection des Logia du Seigneur. La source à laquelle, outre Marc, Matthieu et Luc ont emprunté leur matière commune serait un essai écrit en grec pour combiner les Logia avec d’autres narrations ; ce serait une sorte d'évangile antérieur à ceux de Matthieu et de Luc. L'évangile de Mare, écrit à Rome vers 75, combine les récits de la pré-

dication de Pierre et les enseignements de Paul sur Jésus-Christ, Fils de Dieu. Le troisième évangile et les Actes des apôtres ont été écrits à Antioche vers l'an 100. Bacon rejette l'authenticité johannique du IV* évangile, des épiîtres de Jean et de l’Apocalypse.. Le IV° évangile est un traité théologique : c'est une application à l’histoire de Jésus de la doctrine de Paul sur l'Incarnation.

X. L'école critique hollandaise est peu connue, même des spécialistes. Van den Berg van Eyzinga ! qui croit qu'elle a des choses importantes à nous apprendre vient de présenter un résumé de ses théories sur le Nouveau Testament. Il appelle ces théories, radicales, et elles le sont car, d’après elles, aucun des livres néotestamentaires n’est authentique, c’est-à-dire n'est l’œuvre des écrivains auxquels on les attribue. Les évangiles sont un remaniement orthodoxe d’un évangile primitif, d'origine gnostique ; ce ne sont pas des écrits historiques mais des œuvres de doctrine ou d'édification; ils datent tout au plus de la première moitié du 11° siècle et représentent le point de vue de l'Église catholique en formation, cherchant à amalgamer les diverses tendances qui se combattaient dans son sein. Le 1V° évangile s'apparente à une tradition gnostique ; il a été composé vers l'an 140. Les épîtres de Paul montrent une grande affinité de langue, de style et d'idées et paraissent être sorties d’un même cercle; elles ne peuvent pas cependant être toutes d'an même auteur; elles ont dû être écrites vers. l’an 120-140.

XI. Les seize essais rassemblés dans le volume publié par Swete? ont pour but de nous renseigner sur l’état actuel des questions bibliques. Les cinq pre-

4. Die holländische radikale Kritik des Neuen Test. 2. Essays on some Biblical Questions of the day.

miers essais sont consacrés à l’Ancien Testament. Les trois essais suivants forment pour ainsi dire la transition entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans le premier, Abrahams signale « l’Aide des études rabbiniques pour l'exégèse biblique ». Il en donne quelques exemples pour l'Ancien Testament, mais s’attache surtout à montrer quel secours on pourra trouver dans la littérature juive, plus ou moins contemporaine de Notre-Seigneur, pour l'intelligence des récits évangéliques et surtout des discours de Jésus. Il reconnaît qu'il est difficile de fixer avec certitude la date des sentences rabbiniques, dont on a des analogues dans les évangiles et il croit que dans la majorité des cas les sentences de Jésus sont originales. Pour lui, les progrès de l'exégèse testamentaire pourront être accélérés par l'étude de la langue et de la littérature rabbiniques. Il fait observer quelle force elle pourra apporter en particulier à l'authenticité des discours de Jésus dans le IV® évangile.

Dans l'essai intitulé « l’Usage qu'a fait Notre-Seigneur de l'Ancien Testament », Mc Neile examine en particulier l’enseignement de Jésus sur le royaume de Dieu et montre comment sur ce point il se rattache aux anciens prophètes. Inge étudie « la Théologie du IVe évangile ». D’après lui, l’auteur n’a pas voulu écrire une biographie de Jésus, mais un évangile spirituel, dont les caractéristiques principales sont l’idéalisme, le mysticisme et le symbolisme. Son point de vue est anti-juif et antignostique; il a combattu les tendances qui se faisaient jour à son époque, fin du r" siècle, dans les communautés chrétiennes d'Asie Mineure. L’essai de Brooke sur la « Valeur historique du IV° évangile » est beaucoup plus conservateur. [1 présente d'excellentes raisons pour ne pas accepter les conclusions des critiques qui attaquent la véracité

de cet évangile et fait observer que, bien que l’auteur n'ait pas voulu écrire une biographie, on devra tenir grand compte de ce qu'il ajoute aux Synoptiques pour avoir une vue exacte de la personnalité de Jésus.

Anderson Scott étudie une question très discutée en ce moment : « Jésus et Paul ». Il compare les enseignements de Paul avec ceux de Jésus, signale les différences et les ressemblances, mais s'attache surtout à ces dernières pour montrer qu’elles sont les plus nombreuses et se retrouvent dans les doctrines fondamentales de l’enseignement de Jésus et de Paul.

Percy Gardner examine les six discours de Paul - dans les Actes des apôtres et, bien qu’il croie que Luc les a reproduits avec une grande liberté, il soutient qu’ils sont authentiques dans leur substance. Il montre combien ils sont exactement adaptés aux circonstances dans lesquelles ils ont été prononcés. Le D' Charles a ajouté à la fin de cet essai un examen philologique de ces discours de Paul.

Dans un essai sur le problème synoptique, Latimer Jackson expose surtout l'hypothèse des deux sources. Il conclut que Marc et la source Q (discours du Seigneur) proviennent de la tradition palestinienne et sont dégagés de toute influence étrangère. Valentine Richards rappelle que la critique textuelle du Nouveau Testament a son premier représentant dans Origène et plus tard dans Jérôme. Il soutient la valeur durable, sauf sur quelques points, du système de Westcott- Hort. Il porte un jugement peu favorable sur le système récent de von Soden.

Dans son essai sur « le Grec du Nouveau Testament à la lumière des découvertes modernes », Moulton prouve que le grec du Nouveau Testament n’est pas un dialecte spécial, mais le grec tel qu’il était parlé au i‘" siècle. [l réfute en particulier l’objection qui avait

été faite que les Juifs très nombreux en Égypte avaient pu introduire dans le grec de la conversation des hébraïsmes, de sorte que la langue des papyrus serait déjà une langue sémitisée et que, par conséquent, il n’y aurait rien d'étonnant à ce qu’elle fût analogue à la langue du Nouveau Testament, dont on devrait continuer à reconnaître la teinte hébraïsante. : XIL. E. Hlif Robson essaye de déterminer comment les écrivains du Nouveau Testament ont composé léurs ouvrages. Il observe que, comme les auteurs profanes, ils ont souvent introduit dans leur œuvre des parties empruntées à d’autres écrits. On peut donc s'attendre à y trouver des parties narratives, écrites précédemment, des sermons de missionnaires, des citations de la Bible, des fragments liturgiques, le tout introduit dans le texte sans que l'emprunt soit indi- qué, sauf d'ordinaire pour les citations bibliques. Il en résulte que les écrits néotestamentaires sont une sorte de mosaïque, composée de pièces et de morceaux, offrant deux sortes de morceaux, les uns composés, les autres dictés. Les morceaux composés peuvent se présenter sous une forme simple — anecdotes populaires, sentences détachées ou courtes citations : c'est la forme qui a constitué le noyau des évangiles synoptiques. La forme peut être travaillée, par exemple les récits de la Passion, quelques-uns des discours du IV° évangile, les préflaces ou conclusions d'un écrit. Les morceaux dictés peuvent aussi se présenter sous une forme simple, par exemple sous la formée d’une conversation, d'une discussion, dans le style de la diatribè, de réponses à des lettres. Le discours peut aussi être travaillé, préparé d'avance, comme les longs discours, quelques préfaces ou conclusions, préalablement prévus. L’anacoluthe est la marque ordinaire de la dictée et les longues périodes celle de la composition.

E. Tlif Robson étudie à ce point de vue les dix premiers chapitres de l’évangile de Marc! et il y découvre des fragments narratifs d’un style simple et sans art, écrits sans aucun but de controverse ou de préoccupations dogmatiques. Entremêlées dans ces récits se trouvent des parties d’un style rythmé, par exemple une parabole, une scène de tempête, quelques fragments littéraires, des formules, etc. 11 y a certains passages, principalement les miracles de guérison où la présence du rythme héroïque suggère la possibilité de vers hexamètres à l’origine.

L'auteur étudie ensuite l’épître aux Romains et il y relève des parties dictées et des parties composées ?. Il serait trop long de résumer cette étude. Il remarque qu'entre une partie dictée et une composée dans un même écrit il existe des différences fondamentales : il semble que ce n’est pas le même auteur qui les a composées. On ne peut donc, de ces différences qu'on relève dans un même écrit, conclure à des auteurs différents. 11 y a toute une minutieuse recherche littéraire à entreprendre sur les livres du Nouveau Testament pour distinguer les parties dictées des parties composées, le style simple et Le style artistique.

XIII. Dans le volume intitulé : « Où en est l’histoire des religions », L. Venard* nous apprend ce que nous pouvons savoir sur les origines chrétiennes. Après un exposé succinct sur les positions des critiques touchant cette question, leurs méthodes et leurs systèmes, il établit les données positives que nous possédons sur l'existence historique de Jésus et la valeur historique des sources chrétiennes de l’histoire évangélique et

4. Rythm and Intonation in St Mark, 1-X. The Journal of theol. Studies, vol. XVII, p. 270. London, 14946.

2, Composition and Dictation in New Testament Books, The. Journal

of th. Studies, vol. XVIII, p. 288, London, 1917, 3, Les Origines chrétiennes,

apostolique. Il expose ensuite l'enseignement de Jésus sur le royaume de Dieu, sur sa propre personne et son œuvre, sur l'Évangile en face de l’hellénisme et du judaïsme. Il: nous fait connaître ce que fut l'Église naissante et le rôle qu’a joué Paul dans la formation et l'expansion de l'Église; enfin il étudie le IV° évangile et la fin de l’âge apostolique.

L'auteur tient compte de tous les travaux critiques et historiques publiés en ces dernières années et donne les résultats certains ou probables qui s’en dégagent. Voici son opinion sur la question très discutée de nos jours : Influence des mystères païens sur la doctrine de Paul : « 11 ne peut s'agir d’un emprunt direct et voulu, car dès l’origine les chrétiens manifestent un éloignement absolu à l'égard des rites et des doctrines du paganisme. Saint Paul interdit énergiquement l’assistance aux repas sacrés des religions païennes. Une telle intransigeance ne permet pas de supposer qu'il ait délibérément emprunté une idée ou un rite quelconque à des cultes qui étaient pour lui, comme pour tous les vrais chrétiens, un objet d'horreur.

« Mais n’a-t-il pas pu y avoir une influence du paganisme sur le christianisme, sans que les fidèles de la religion nouvelle en aient eu conscience? Certaines idées caractéristiques des cultes orientaux n'étaientelles pas dans l’air, au point de pénétrer jusque dans les milieux les plus hostiles au paganisme, et cette hypothèse n'est-elle pas la seule explication possible des rapprochements qu'on établit entre le christianisme de saint Paul et les religions gréco- -orientales ? ‘ — Il y aurait lieu d'abord de préciser la portée de ces rapprochements. Beaucoup sont sans doute plus superficiels que réels. Parfois ce ne sont que des analogies de langage : rien n'empêche d'admettre que, pour rendre sa pensée plus intelligible aux chrétiens

convertis du paganisme, saint Paul ait parfois usé de ‘termes qui étaient du langage courant et aussi bien du vocabulaire des mystères païens. D’autres fois, ce sont des idées très générales qui peuvent se retrouver à la base de beaucoup de religions différentes, sans qu'il y ait lieu de supposer une influence réciproque, comme par exemple l’idée de la participation à la vie d’un Dieu Sauveur, idée qui peut naître spontanément des besoins religieux communs à l’humanité. Pour pouvoir affirmer que saint Paul l’a empruntée aux cultes d’Adonis ou de Mithra, il faudrait que la ressemblance s’étendit à la conception même du salut et au mode de sa réalisation. Or, tout le monde doit reconnaître qu’en dehors de l’idée générale commune, il y a plus de différences que d’analogies entre le christianisme paulinien et les diverses formes de paganisme mystique. La mort d’Attis, d'Adonis ou d’Osiris, ce qu’on appelle parfois leur « Passion », n'avait pas du tout pour leurs fidèles le même sens que la mort du Christ pour saint Paul : ces dieux ne mourraient pas pour expier les péchés des hommes, leur mort et leur résurrection n'étaient pas la cause du salut pour les initiés à leurs mystères. D'ailleurs le salut qu’on cherchait dans le culte des divinités syriennes ou perses, c'était moins, semble-t-il, la félicité éternelle — encore que la croyance à l'immortalité tint une certaine place dans ces religions — que l'oubli des maux de la terre dans l’extase et les phénomènes orgiastiques, aves lesquels il ne faut pas confondre d’autre part les manifestations de l'Esprit, les charismes, qui existaient dans l’église primitive. La réglementation que saint Paul impose à l'exercice de ces dons spirituels, pour ne pas laisser la porte ouverte à des phénomènes qui ne viendraient pas de l'esprit de Dieu, et pour éviter tout ce qui serait cause d’agitation plus que de paix et ÉTUDES DE CRITIQUE. 2

d'édification, indique assez quel esprit différent animait les assemblées chrétiennes et les réunions où se célébraient les mystères païens. Quant au baptême et à l’eucharistie, aucune raison positive n'oblige à supposer que saint Paul leur ait attaché un sens tout différent de celui que ces rites avaient dans la communauté primitive où ils étaient déjà en usage. D'ailleurs l'explication théologique qu'en donne l’Apôtre repose sur des idées qui n'étaient point étrangères au judaïsme, et qu'il n'avait par suite nul besoin d'emprunter aux religions païennes : en particulier l'idée qui représente le sacrifice, complété par la manducation de la victime, comme une communion des fidèles avec la divinité à qui ils l’offrent, est une idée sémitique et juive bien plutôt qu'hellénique.

« Quelles que soient d’ailleurs les analogies de surface qu’on peut relever, il y a une différence profonde, au point de vue moral et religieux, entre les cultes orientaux et le christianisme tel qu'il apparaît dans l’enseignement de saint Paul. Sans doute il y avait des âmes d'élite qui cherchaient dans la mystique païenne la satisfaction d’aspirations élevées. Mais, sans parler même de l'immoralité de certains rites, il faut reconnaître que, en général, on attendait de l'initiation aux mystères une pureté rituelle, obtenue par des procédés presque magiques, et sans lien direct avec la pratique de la vertu, plutôt qu'une véritable purification morale. La mystique chrétienne au contraire vise à changer les âmes, elle tend à la réforme de tout l'homme, à la création d’un homme nouveau, en qui l’action de l'Esprit divin se manifeste par la sainteté de la vie et des œuvres, »

XIV. Dans son ouvrage : Le Christianisme primitif', J. Weiss étudie les sources où il puisera les

4 Das Urchristentum.

matériaux de son œuvre : les Actes des apôtres et les épitres pauliniennes, Il n'accepte pas la complète valeur historique des Actes. Si Lue, l'ami et le compagnon de Paul, membre de la communauté d'Antioche est l’auteur des Actes, nous devons tenir ses récits sur la communauté primitive comme possédant une haute autorité : mais la tradition sur ce point n'est pas acceptable, Il est très vraisemblable que l'auteur des Actes a connu les écrits de Josèphe, Les Actes n’ont donc pas dû être écrits avant la fin de l'année 90. La langue et le point de vue général les placent pendant la période post-apostolique dans la même sphère que l’épitre aux Ephésiens, la première épître de Pierre et les épîtres pastorales, L’auteur s’est servi de documents oraux ou écrits, mais il les a retravaillés pour les adapter à son point de vue. Quelquefois cependant il a reproduit des faits qui étaient opposés à l’ensemble des événements, tels qu'il les concevait.

Les épitres authentiques de Paul sont d’une valeur inestimable, Weiss rejette l'épître aux Éphésiens et les épîtres pastorales, L’épitre aux Colossiens contient des parties nettement pauliniennes. Dans les épiîtres aux Romains, aux Corinthiens et aux Philippiens il y a des passages dont l’origine paulinienne est douteuse, par exemple : I Cor, XIV, 33-35; Php., TI, 2-IV, 3. Weiss n’essaie pas de résoudre la question de l’authenticité de la II° épître aux Thessäloniciens.

Dans son exposé, J, Weiss se place au point de vue de la critique négative et la pousse à ses dernières conséquences. D'après lui, la résurrection de Jésus, en tant que nouvelle vie d’un corps mort est le produit de la légende; les apparitions de Jésus sont simplement des visions. Les premiers disciples croyaient à une vie du Christ dans le ciel, où il était devenu Messie,

Après la mort de J. Weiss, son ouvrage a été complété et édité par R. Knopf, 1917.

XV. Hans Lietzmann! publie depuis 1906 un Manuel sur le Nouveau Testament dont toutes les livraisons, ont paru à ce jour, 1919, sauf celle. qui contient l’Apocalypse.

L'éditeur a promis que l'exposé serait dégagé de toute préoccupation confessionnelle. L’exposé en est donc nettement rationaliste; l'élément surnaturel, le miracle en particulier, est totalement rejeté et même, dans le commentaire pratique de Niebergall, l’esprit protestant s’y trahit souvent. Le but de ce Manuel est de fournir un commentaire nouveau des écrits néotestamentaires où l’on trouvera comparés au texte du Nouveau Testament les textes des inscriptions, des papyrus, ainsi que les passages parallèles des écrivains juifs et païens.

Dans un fascicule de ce Manuel, Wendland? a étudié les formes de la littérature chrétienne primitive. Ce titre indique qu'il n’a pas borné son travail aux écrits du Nouveau Testament, mais l’a étendu aux écrits postérieurs à ceux-ci. La plupart des conclusions qu'il présente sont totalement Cposdes à celles que nous défendons.

I suffira de signaler les suivantes : Jésus n'a jamais employé le mot « Évangile » parce que le sens donné à ce terme répond à une situation qui n'existait pas de son temps. La tradition primitive a subi des altérations fréquentes, des additions, des accroissements multipliés. Les évangiles ne remontent pas aux apôtres et ne sont pas l'œuvre de ceux auxquels on les attribue. Les récits évangéliques se fixèrent d’abord par parties séparées et c’est leur réunion plus ou

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