‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 7 sur 162 · Die urchristliche Literaturformen · texte numérisé non relu

Die urchristliche Literaturformen

moins habile qui a formé l’évangile de Marc. Les deux autres évangiles ont utilisé ce premier écrit en y ajoutant des événements miraculeux et en le complétant par des discours empruntés au recueil de Logia dont parle Papias. Le quatrième évangéliste a voulu supplanter les évangiles synoptiques par un récit plus brillant, où les éléments miraculeux étaient plus nombreux et plus accentués. Sa narration suppose la connaissance des synoptiques. 1l y a d’ailleurs lieu de distinguer plusieurs couches dans cet évangile. Le rédacteur principal serait le même que celui qui a écrit la première épître dite de Jean. La deuxième et la troisième épître seraient l’œuvre d’un presbytre de l'église d'Éphèse. L'auteur des Actes des apôtres n'est pas Luc; le livre a été écrit après les temps apostoliques; il est, d’ailleurs, fort mal composé, plein de parti pris, de fausses perspectives. L'auteur n’est pas celui qui a écrit le Journal de voyage. Les sources sont multiples, de valeur historique inégale, et elles ont été maladroitement amalgamées.

Wendland rejette l’origine paulinienne de l’épître aux Éphésiens, de la deuxième aux Thessaloniciens et des épîtres pastorales; pour l’épître aux Colossiens, il ne se prononce pas d’une manière ferme. L’épître aux Hébreux a été écrite vers la fin du 1r°* siècle. Les épîtres de Pierre, de Jacques et de Jude ne sont pas des auteurs auxquels on les attribue.

L'Apocalypse n’est pas un livre un; elle est composée de morceaux différents; l’auteur est un judéochrétien inconnu.

Les autres parties de ce Manuel seront étudiées à leur place respective.

XVI. « Les écrits du Nouveau Testament, traduits à nouveau et expliqués pour le temps présent », tel est le titre du commentaire allemand qu'a publié

J: Weiss! avec l’aide de plusieurs collaborateurs. O. Baumgarten à écrit une introduction sur la valeur pratique d’un commentaire historique du Nouveau Testament et expliqué les épîtres de Jean; A. Jülicher a retracé l'histoire du Nouveau Testament et expliqué l'épître aux Romains; J. Weiss a écrit une introduction aux évangiles synoptiques et aux épîtres pauliniennes et à commenté les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et l’Apocalypse; R. Knopf a expliqué les Actes des apôtres; W. Lücken, les épîtres aux Thessaloniciens, à Philémon, aux Colossiens, aux Philippiens, aux Ephésiens; W. Bousset, les épîtres aux Galates et aux Corinthiens; Fr. Kôühler, les épîtres pastorales; G. Hollmann, l'épiître de Jacques, la II: de Pierre, et celle de Jude; H. Gunkel, la [°° de Pierre; H. Heitmüller, l’évangile de Jean.

Nous ne pouvons exposer en détail le contenu de ce commentaire des livres du Nouveau Testament; il suffira d'en citer quelques jugements pour que l’on puisse juger de son caractère et de sa valeur scienti< fique. Remarquons tout d’abord, afin d'expliquer les affirmations des auteurs, que leur critérium est rationaliste. Ils rejettent tout surnaturel; ce qui est miracle ou prodige est déclaré non historique et provenant de l’imagination des premiers chrétiens. Jésus-Christ -m’est donc plus le Fils de Dieu, mais un personnage purement humain, le réprésentant de l’humanité dans ce qu'elle a de plus élévé et de plus beau. Les auteurs ont soin de déclarer: dans un avis aux lecteurs que leur travail n'est pas destiné à ceux qui sont tranquilles dans la foi de leur enfance, mais aux hommes qui doutent et qui ont perdu leurs prémières croyances.

4. Die Schrifien des Neuen Testaments neu übersetzt und für die Gégénwart erklürt, Gottingen, 1905-1907:

L'introduction aux évangiles synoptiques a été traitée par J. Weiss. Ces évangiles ont, dit-il, une grande valeur pour l'idée que l’on peut 8e faire de la personne de Jésus, quoiqu'ils l'enveloppent déjà d'une couronne de gloire céleste. Entre eux et le IV° évangile les différences sont telles que l’on doit arriver à la conclusion suivante : Ou Jésus a tenu les discours que rapporte le IV* évangile, et alors il n’a pas pu prononcer le sermon sur la montagne; ou si, au contraire, il l’a prononcé, il n’a pas tenu les discours du IV: évangilé. Cependant, Weiss rappelle que certains critiques pensent que, malgré les touches subjectives que Jean a introduites dans son évangile, il possédait une bonne tradition des événements, de sorte que, sur des points importants, il a complété ou corrigé les récits précédents; Weiss ajoute que la question n'est pas encore résolue.

Pour la composition des évangiles synoptiques, Weiss adopte l'hypothèse de deux sources : Marc et les Logia, dont on ne connaît pas encore bien la forme et l'étendue. Marc aurait écrit d’après des sources orales ou écrites vers l'an 70 et Matthieu et Luc vers 95-100, de sorte que jusqu'à ces dates la tradition populaire sur la personne et les discours du Seigneur a pu naître et se développer. Elle n’a pas fourni une histoire au sens propre du mot, mais nous a transmis l’idée qu’elle s’était formée de la personne ‘ du Christ. Etant donnés cependant le caractère et le contenu des discours du Seigneur, on doit reconhaître qu'ils sont authentiques. :

D'après Heitmüller, qui a écrit l'introduction sur le IV: évangile, le but que s’est proposé l’auteur de cet évangile était de montrer que Jésus de Nazareth est le Messie, dans quel sens il l’est et quelle est son importance pour les fidèles. Il nous instruit donc sur

les questions capitales de la foi nouvelle dans ses parties les plus significatives, et de la religion du Christ telle que l’auteur l’a comprise et l’a vécue. La pensée dominante est que Jésus a été la plus haute révélation de Dieu. L'auteur du IV° évangile n’est pas Jean l’apôtre. Quel est-il? Pas de réponse ferme.

R. Knopf croit que l’auteur du troisième évangile et des Actes des apôtres a utilisé les ouvrages de Josèphe et, par conséquent, qu'il a écrit vers l'an 95-100; il reconnaît que la tradition attribue ces écrits à Luc, le médecin, compagnon de Paul; que les Actes possèdent une véritable valeur historique, car l'auteur a composé son récit d'après des sources dignes de foi.

Sur les épîtres pauliniennes, les commentateurs se rapprochent davantage de la tradition.

XVII. Signalons les commentaires du Nouveau Testament, écrits par des auteurs catholiques, Maier, Meinertz, Rohr, Sickenberger, Steinmann, Vrede et édités par Tillmann. En 1914 avaient été publiés : Geschichte des Neuen Testaments, par Sickenberger ; Die drei älteren Evangelien, par Fr. Maier; Das Johannesevangelium, par Tillmann; Die Apostelgeschichte, par Steinmann; Der Hebräerbrief, par Rohr ; Der Jakobusbrief, par Meinertz. La publication de ces commentaires est actuellement terminée.

Dans une excellente introduction aux évangiles synoptiques, Maier examine les questions suivantes : l’évangile oral et l'évangile écrit; la tradition sur la date de composition des évangiles; la question synoptique; la véracité et la valeur historique des . évangiles synoptiques; les parties spéciales à Matthieu et à Luc; la tradition historique chez Marc et la tradition doctrinale chez Matthieu et Luc; la tradition synoptique avant qu'elle fût fixée par l'écriture.

X VIIL. Sous ce titre, À Companion to biblical Stu-

‘dies, le D' Emery Barnes, aidé de nombreux collaborateurs, choisis parmi les plus savants biblistes anglais, Ryle, Elmslie, Taylor, Davidson, Murray, Brooke, Stanton, À. Robinson, etc., résume tout ce que l’on doit savoir pour comprendre les textes de la Bible. Un travail de ce genre ne comporte pas une analyse détaillée; il suffira de relever quelques observations pour en indiquer le caractère et la nature.

Sur les livres de l’A. T. Ryle remarque que la lecture des Septante avait rendu familiers aux fidèles les livres deutéro-canoniques, et les Pères les citaient tout comme les livres hébreux, mais jamais l'Église ne perdit de vue la base différente sur laquelle les premiers étaient fondés, et il cite l'opinion de Jérôme qui tenait pour inspirés seulement les livres du canon hébreu. Pour les écrits du N. T. il fait observer qu'aussi longtemps que vécurent les témoins oculaires de la vie de Jésus, la tradition orale fut préférée aux récits écrits. On écrivit plus tard pour éviter un changement ou une falsification du témoignage apostolique. On prit alors des mesures pour conserver intacts ces écrits, récits évangéliques, lettres apostoliques.

Pour les livres de l'A. T., Elmslie distingue plusieurs périodes dans l'établissement du texte et le soin qu'on en a eu. Avant que ces livres aient été canonisés, ils furent tant au point de vue linguistique que littéraire soumis à plusieurs revisions. Il faut tenir compte aussi des erreurs des copistes.

Traitant des méthodes de critique textuelle, Murray déclare que la nouvelle numération de von Soden ne peut être recommandée, vu qu’elle dépend de ses hypothèses sur la relation généalogique des documents. Le texte qu'a établi von Soden ne mérite pas pleine confiance — c'est bien mon avis. — Étant données les

nombreuses variantes du texte néotestameñtaire, on ne peut prétendre établir toujours la vraie leçon avec certitude, ou même nier qu’elle ne soit perdue, néanmoins on peut dire que l’on possède le vrai texte dans son ensemble; les sept huitièmes du texte sont sans variantes.

Viennent ensuite dès, introductions aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. On reconnaît généralement de nos jours, affirme Stuart Perrowne, que le Pentateuque doit être attribué à divers auteurs. — Ce n'est pas l'opinion des critiques catholiques. — Le livre, tel que nous l'avons, ne vient pas de Moïse; il s’est formé, pendant de longues générations, de parties diverses; on peut distinguer quatre formes, J, E, PC, D2Quant aux Psaumes, la plupart d’entre eux appartiennent à une époque postérieure à David. Le titre : Fsaume de David peut signifier Psaume écrit par David ou d’après la manière de David. Quant aux prophéties d'Isaïe, seules celles des chapitres I-XXXIX lui appartiennent, les autres sont attribuées à divers prophètes, vivant vers l'an 550 avant J.-C. Le livre de Daniel est de l’âge macchabéen, vers l'an

170 avant J.-C.

= Brooke pense que l'écrivain du [V* évangile, dans son état actuel, est probablement un disciple du disciple bien-aimé. Celui-ci vivait dans l'intimité de Jésus et bien des choses dans l’'évangile prouvent qu'il était le fils de Zébédée.

L’authenticité paulinienne des épîtres pastorales est acceptée, car elles ne présentent pas de différence fondamentale au point de vue de la langue et des enseignements des autres épîtres de Paul.

Pour les autres chapitres, nous devons, malgré l'intérêt qu'ils présentent, nous contenter de les signaler : Théologie du Nouveau Testament, L'his-

toire des Juifs jusqu’à la naissance du Christ, Les naz tions autour d'Israël, La littérature sacrée des Gentils, Histoire du progrès de la révélation et de l'espérance messianique, Histoire de l’âge apostolique, Le peuple juif, L’émpire romain et le monde grec aux temps apostoliques, Chronologie de la Bible, Antiquités de la Bible, Arts, Commerce, Calendrier, Poids, Mesures, Monnaies, Géographie, Zoologie, Botanique de la Bible, Concordance. Des illustrations et des cartés enrichissent le texte. :

XIX. Dans son ouvrage, Les nouvelles découvertes archéologiques et leur apport au Nouvéau Testa: ment, le D' Cobern, lui-même explorateur, a entrepris de cataloguer tous les documents découverts dans ces dernières années, ainsi que les trouvailles faites dans les villes antiques récemment explorées, Jérusalem, Athènes, Antioche, les villes d'Asie Mineure visitées par Paul, et d'en dégager les données qui pourraient servir à l'explication du Nouveau Testament. Voici quelques-unes de ses observations.

Il s'arrête d’abord aux papyrus récemment exhumés, et passe en revue lés conclusions que Deissmann, Moulton et d’autres ont tirées de leur étude. Les papyrus sont écrits dans la langue populaire de l’époque et offrent de nombreuses ressemblances de vocabulaire et de style avec les écrits du Nouveau Testament. [ls peuvent même nous expliquer quelquesunes des expressions que l’on trouve dans ceux-ci. On retrouve les æossévrépor, comme chefs de la corporation des tisserands à Alexandrie; les autres dénominations ecclésiastiques, étiaxomos, duéxovos sont usitées dans les corporations civiles ou religieuses. L'expression eis vo

4. The new archeological Discoveries and their bearing upon the New Testament,

ôvoux se lit dans plusieurs inscriptions où il est question d'esclaves, achetés par le temple au nom d’une divinité, à laquelle appartiennent maintenant ces esclaves. Dans les papyrus, comme dans le N. T. les prépositions xd, mupa, Ünép, mept, Ümô, Èx, eiç et év sont employées sans que leur sens soit bien précisé et sont souvent interchangeables. Bien des expressions qu'on a tenues pour des hébraïsmes ne peuvent plus être ainsi qualifiées. Bhérete dnd rüv ypaumatéwy ne peut être un hébraïsme, puisqu'on retrouve cette formule dans une lettre de l’an 41 après J.-C., où un homme avertit ainsi son ami : Prends garde aux Juifs. Lorsque les empereurs romains étaient déifiés on leur donnait le titre de Küpos : ce titre donné à Jésus par la première génération chrétienne est donc une attestation de la croyance de celle-ci à la divinité de Jésus-Christ.

Cobern catalogue ensuite tous les papyrus contenant des fragments du N.T. et il observe ceci : ces papyrus ont été écrits par des gens du peuple, scribes malhabiles; ils fourmillent de fautes d'orthographe, de grammaire. Écrits pour la plupart vers le mm siècle de l’ère chrétienne, ils n’ont pas été influencés par les textes égyptiens, que nous avons dans les grands manuscrits du 1v° siècle, Vaticanus, Sinaiticus, écrits par des copistes de profession, et cependant, sauf quelques détails de mots, le texte de ces papyrus est conforme à celui du Vaticanus. On ne pourra donc plus soutenir que, si nous avions des textes néotestamentaires, antérieurs au rv° siècle, ils seraient différents de ceux du Vaticanus, Sinaiticus, qui nous donnent des textes revisés.

Nous ne pouvons nous arrêter sur les conclusions que tire le D' Cobern des excavations faites sur le site des anciennes cités : la plupart sont connues, et se retrouvent principalement dans les publications de

Ramsay. L'auteur n’a pas d’ailleurs la prétention d’avoir fait des découvertes; son mérite est surtout d'avoir rassemblé tout ce que l’on connaissait de nouveau sur le Nouveau Testament.

XX. Dans un article le « Nouveau Testament et les découvertes modernes », j'ai relevé dans l'ouvrage de Ramsay, « L’ es des découvertes modernes sur la véracité du N. T. », les passages principaux du N. T. sur lesquels les ne récentes ont jeté des lumières nouvelles. En voici quelques-uns. Quoique l’on ait soutenu qu’'Iconium était lycaonienne, Ramsay prouve qu'elle était phrygienne, ainsi que le dit Luc. — Dans le procès devant le centurion romain, Act., XXIIT, 2 s., Paul a bien pu affirmer qu'il n’avait pas reconnu le grand-prêtre. Celui-ci ne présidait pas l'assemblée, comme à l'ordinaire. — Luc sait varier son style, selon les circonstances; en Palestine, son style est de type hébraïque; à Athènes, il a une saveur attique. Ses auditeurs le désignent par un terme de l’argot athénien, orepuokoyos. — Paul a été traduit devant le conseil de l’Aréopage et non, comme on l’a dit, sur la colline appelée “Apetos néyos. — Les accusations portées contre Paul ressortaient bien des circonstances et sont caractéristiques de l'état de la société grécoromaine en Orient. — Paul a eu plusieurs fois comme adversaires des magiciens, nombreux à cette époque; ces magiciens n'étaient pas tous des imposteurs; ils possédaient une certaine connaissance des lois de la nature et se servaient de leur science pour se faire valoir auprès du peuple. Ainsi s'explique que Simon de Gitta ait été qualifié de düvauiç 6eod. Le terme ôdvas était un mot technique dans la langue des religions orientales et de la magie. Ramsay croit que Sergius Paullus a cru aux enseignements de Paul, mais n’a pas - été baptisé. Il est diicile d'admettre cette hypothèse.

Le grec Aouxës est l’équivalent du latin Lucius. — « Vous pouvez, conclut Ramsay, scruter les paroles de Luc plus qu'on ne le fait même pour tout historien et vous constaterez qu'elles soutiennent l'examen le plus striet et le traitement le plus dur sans être trouvées en faute, pourvu que les critiques connaissent bien l’état des choses et n’aillent pas au delà des limites de la science et de la justice, »

XXI, Mentionnons enfin la publication de commentaires du Nouveau Testament dont le but est de montrer aux chrétiens de l'Hindoustan la signification des écrits néotestamentaires pour les lecteurs indiens par des références à la pensée et à la vie des religions de l'Orient. Voici le titre. des volumes parus : W. Sranrow, The Gospel according to St. Matthew ;

‘E: Waixer, The Acts ofthe Apostles; À. Crosru- WAITE, The second ÆEpistle to the Corinthians; E. Warxer, The Epistle to the Philippians; G. Hor- Mes, The Epistle to the Hebrews; M. Warrer, The: Book of Revelation. É

$ 2. — Introductions au Nouveau Testament,

Nous laissons de côté les Introductions au Nouveau Testament antérieures à 1910 et les nouvelles éditions des Introductions publiées avant cette date, telles que celles de Kaulen, Belser, Zahn, Jülicher, importantes, il est vrai, mais trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en parler de nouveau.

O.R. GReGORY, Einleitung in das Neue Testament. Leipzig,

* L, BABURA, Zntroductio historico-critica in sacros Novi Testamenti libros. Gran, 1910.

* A. CELLINI, Propaedeulica biblica seu Compendium Introductionis crilicae el exegeticae in sacram Scripturam. Ripatransone, 1910.

J, Morrarr, Ar Introduction to the Literature of the New Testament. Edinburgh, 1911.

* A. Brassac, Manuel biblique; Nouveau Testament, t. III. Paris, 19185 + IV, 19112

* A. SGHAEFER, M. MEINERTZ, Einleitung in das Neue Testament, 2° Aufl. Paderborn, 1913.

W. GC. ALLEN, L. W. GRENStED, {ntroduction'to the Books of the New Testament. Edinburgh. 1914.

P. FEINE, Eïinleitung in das Neue Testament. Leipzig, 1913.

FR. BarrH, Einleitung in das Neue Testament. Leipzig, 1914.

*E. JACQUIER, Histoire des livres du Nouveau Testament, t. I, Épitres de saint Paul, 9° éd. 1916; t. II, Les évangiles synoptiques, 6° éd. 1914; t. III, Les Actes des apôtres, les epitr es catholiques, 4° éd. 1912 : t. IV, Les écrits johanniques, 4° éd. 1912. — Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne : {. I. Le canon du Nouveau Testament, 2° éd, 1913; Le texte du Nouveau Testament, 2° éd, 1914. Paris.

C. CLEMEN, Die Entsitehung des Neun Testaments. Berlin, . R. KNopr, Einführung in das Neue Testament. Giessen, 1919.

I. L'ouvrage de R. Gregory est une introduction complète au Nouveau Testament, car, outre l’histoire du canon et du texte, il contient une critique des écrits. Il est précédé d’une préface où l’auteur établit ce que doit être une introduction au Nouveau Testament et examine les sciences auxiliaires de cette discipline.

La critique des écrits est traitée assez brièvement. L'auteur ne discute pas, il expose ce qu'il croit être la vérité. [l parle en premier lieu de Paul et de ses épiîtres. Il étudie d'abord à quel degré l’'Apôtre a subi l'influence grecque et constate que ce qu'il y avait en lui de mentalité grecque lui a été très utile pour comprendre le monde païen et en être compris. Nous ne connaissons pas complètement la vie missionnaire de Paul; il a fait de plus nombreux voyages que ceux qui nous sont rapportés et écrit plus de lettres que nous n’en avons. Les deux épiîtres aux Thessaloniciens sont les plus anciennes. L'épître aux Galates a

été écrite en l’an 50 aux Galates du nord, convertis par l'Apôtre, peut-être pendant son premier voyage en Asie Mineure. Les épitres aux Corinthiens ont été écrites en 52-53. La deuxième est peut-être formée de trois lettres distinctes de Paul. Les quatre derniers chapitres, X, 1-XIII, 10, seraient la lettre que l'Apôtre écrivit, nous dit-il, le cœur serré et les larmes aux yeux, II Cor., Il, 3, 4. L’épitre aux Romains fut écrite au printemps de l'an 54 à Corinthe. Les destinataires étaient juifs et païens. L'église de Rome n'a pas été fondée par un apôtre ou un envoyé des apôtres, mais par des chrétiens venus de Jérusalem ou d’Antioche, convertis par Paul. Les rapports entre l’épître aux Romains, chapitres XII, XIII et la première épitre de Pierre sont très étroits. On ne peut décider historiquement laquelle dépend de l’autre, d'autant plus qu'il n'y a pas de preuve stricte de dépendance. Les deux écrivains peuvent avoir emprunté à une source commune.

Les épîtres aux Colossiens et aux Philippiens sont authentiques; la première a été écrite à Césarée en 54-56 et la seconde à Rome vers la fin de 58. L’épitre aux Éphésiens est une circulaire. Les épîtres pastorales sont probablement authentiques dans leur ensemble. L'épître aux Hébreux a été écrite en 66, probablement par Barnabé. L'Apocalypse est de l’apôtre Jean.

Pour la question de la composition des évangiles synoptiques, l’auteur adopte l'hypothèse des deux sources : les Logia et Marc. Le texte araméen des Logia a été traduit en grec vers l'an 60. Marc a été écrit peu après; Matthieu vers 72-75; Luc vers 80 environ; les Actes quelque temps après. Les divergences que T on signale entre ce livre et l’épître aux Galates ne sont qu'apparentes. Le IV*° évangile doit être attribué à un auteur du nom de Jean. D'après les caractères

internes de l'écrit il faut l’attribuer à Jean, fils de Zébédée. La physionomie de Jésus qui se dégage de cet évangile est différente de celle que présentent les synoptiques.

IT. Dans son /ntroduction critique au Nouveau Testament !, À. Peake accepte l'authenticité des épîtres aux Romains, aux Galates, aux Corinthiens; la fin de la seconde aux Corinthiens, X-XII, serait la lettre perdue dont il est parlé dans la première partie de cette épttre. Peake est disposé à tenir pour pauliniennes la seconde épiître aux Thessaloniciens et l’épître aux Colossiens, mais il hésite pour l’épître aux Éphésiens. Les épitres pastorales n’ont pu être de Paul dans leur forme actuelle mais contiennent des parties notables venant de l’Apôtre. L’épitre aux Hébreux aurait été écrite à des judéo-chrétiens de Rome, probablement, par Priscille ; en tout cas, elle ne l’a pas été par Paul. Le premier et le troisième évangile ont été composés pour la majeure partie de leur contenu à l'aide de l’évangile de Marc et des Logia du Seigneur, document dénommé Q. Matthieu aurait compilé ces Logia, mais ne serait pas l’auteur du premier évangile. Le quatrième évangile aurait l’apôtre Jean pour auteur, mais l’Apocalypse ne peut lui être attribuée.

III. En tête de son « Introduction à la littérature du Nouveau Testament », Moffatt ? donne des tables relatant les événements tant historiques que littéraires de l’an 230 avant J.-C. à l'an 370 après ; viennent ensuite des prolégomènes sur le canon du Nouveau Testament, les sources littéraires, la structure et la composition, les formes littéraires, la circulation et les caractéristiques littéraires du Nouveau Testament. Comme sources littéraires, Moffatt relève d’abord l'Ancien Testament,

À, À éritical {Introduction lo the New Testament. 2, Introduction to the Literature of the New Testament,

dont il précise l'emploi par les écrivains néotestamentaires; il adopte l'opinion, qui nous paraît très probable, de florilèges de passages de l'Ancien Testament, dont on retrouve des traces soit dans le Nouveau Testament, soit dans les premiers écrits chrétiens. Il admet aussi l'emploi des écrits deutéro-canoniques de l’Ancien Testament et même de l'écrivain juif Josèphe. Moffatt étudie ensuite une formelittéraire trèsemployée dans le Nouveau Testament, la prose rythmée et signalé la présence d'hymnes chrétiennes, surtout dans les épîtres pauliniennes.

Le premier chapitre est consacré à la correspondance de Paul. Comme introduction nous avons une étude sur la chronologie paulinienne. Par une analyse minutieuse de la langue de la première épiître aux Thessaloniciens, Moffatt en démontre l'authenticité ; il maintient aussi celle de la seconde malgré les objections des critiques. Il examine ensuite avec soin la question des destinataires de l'épitre aux Galates; avec Mommsen et beaucoup d’autres il soutient que Paul a écrit à des chrétiens de nationalité galate, qu'il avait évangélisés pendant son second voyage et non aux chrétiens de Pisidie, de Derbé et de Lystres, qu'il ne pouvait appeler Galates, puisqu'ils ne l'étaient pas. Pour les épîtres aux Corinthiens il adopte une opinion qui a déjà été soutenue plusieurs fois : l’épître dont parle Paul dans sa seconde épître, LIL, 4, et qu'il avait écrite, le cœur navré et serré et qu’il semble regretter se retrouverait dans la deuxième épître, X, 1-XIII, 40. Pour l’épître aux Romains, Moffatt pense, après d’autres critiques, qu’il est étonnant que Paul ait connu tait de personnes à Rome, où il n'était jamais allé. Il accepte donc l'hypothèse que le chapitre XVI a été ajouté par Paul quand .il envoya aux Éphésiens un exemplaire de son épître aux Romains.

Les épîtres aux Philippiens et à Philémon auraient été écrites par Paul, lors de son emprisonnement à Rome. L'épître aux Colossiens, écrite à la même époque, combattrait une sorte de théosophisme juif. Quant à l’épître aux Ephésiens, ce serait une homélie écrite vers l’an 75-85 par un chrétien d'Asie Mineure qui se serait servi pour son travail de l’épître aux Colossiens et de la première épître de Pierre. Pour les épiîtres pastorales, elles auraient été composées vers la fin du premier siècle par un chrétien paulinien, qui voulait défendre les institutions ecclésiastiques de l’époque. Il aurait utilisé quelques billets de l'Apôtre. Sur l’épître aux Hébreux, Moffatt ne sait que nous dire, sauf qu’elle n’est pas de Paul.

Le second chapitre traite de la littérature historique : évangiles synoptiques et Actes des apôtres. D'après Moffatt, Marc aurait écrit, vers l’an 60-70, un évangile plus court que celui que nous possédons maintenant. Quelque temps après, cet évangile aurait reçu des additions et serait devenu notre évangile actuel, dont se seraient servis Matthieu et Luc pour écrire leur évangile. Ils auraient aussi utilisé un recueil de discours compilé par Matthieu. Marc ne s’en est pas servi et Luc n’a pas connu Matthieu et inversement,

Quant aux Actes, ils ont été écrits vers la fin du 1 siècle par Luc, le compagnon de Paul, qui aurait composé son évangile vers l’an 80-90. Les données linguistiques ne prouveñt pas que Luc ait été influencé par la langue de Paul et même qu'il ait eu connaissance des épitres pauliniennes. En ce qui concerne la géographie, l’état politique ou social des pays dont il parle, Luc est remarquablement exact; -les discours des Actes, dont le fond lui a été fourni par la tradition, représentent bien la première prédication chrétienne.

Sous le titre d'Homélies et Pastorales sont étudiées

les épiîtres de Pierre, de Jude, aux Éphésiens, les Pastorales, aux Hébreux, de Jacques, la 1° et la IIT° de Jean; pour Moffatt, elles sont toutes des pseudépigraphes, sauf peut-être la première épître de Pierre, que Silvain aurait traduite en grec. L’épitre de Jude aurait été écrite au commencement du n° siècle; la seconde de Pierre en dépendrait. Quant à celle de Jacques, elle serait aussi du n° siècle et l’auteur inconnu aurait utilisé les épîtres pauliniennes.

D'après Moffatt, Jean serait mort avant la destruction de Jérusalem; le Jean de la tradition éphésienne serait Jean le presbytre, qui a écrit la [T° et la HIT° épître de Jean et probablement aussi l’Apocalypse, vers l'an 100. Il aurait utilisé des écrits antérieurs. Le IV°évangile et la première épître de Jean proviennent de la communauté d'Ephèse, mais ne sont pas du même auteur. L'évangile aurait pour base une source apostolique, dérivant de l’apôtre Jean et daterait dans sa forme actuelle d’un peu avant l’an 110. Le chapitre XXI n'aurait pas été écrit par le premier éditeur.

En 1918, Moffart a publié la 3° édition de son ouvrage et y a ajouté un appendice, où il relève les hypothèses récentes sur les écrits du N. T. Signalonsen quelques-unes, que nous n'avons pas mentionnées dans le cours de notre ouvrage : Margoliouth a supposé que l’évangile original de Matthieu a été traduit en syriaque, avant d’être employé dans le Matthieu grec. — D'après Bartlet et Maurenbrecher, la section spéciale de Luc, IX, 51-XVIIL, 14, viendrait d'une source qui aurait Philippe pour origine; d’après Parsons, ce serait d'un document émanant de l’église de Jérusalem, vers l'an 50 ou 55. — Le décret apostolique, Act., XV, 28 5s., était une loi sur les aliments, comportant quelques atténuations de l’observance juive. 11 faut en retrancher xat rvwxrüv; la mopvelu, d’après

Preuschen, serait la prostitution sacrée. Ce décret aurait été porté dans la dernière période des Actes, XXI, 25; d'après J. Weiss, ce serait quand Silas était à Jérusalem, après le second voyage de mission de Paul. — Belser a conjecturé qu’Aristion sérait l’auteur des gloses, V, 3-4; VII, 53 s.; XIX, 35; XXI, 24 s. du IV° évangile. D’après une fresque de la Catacombe de sainte Priscille, il ressortirait que cet évangile a été écrit vers l’an 100 et d’après Windisch il a dû l'être entre 80 et 100, vu qu'il ne trahit aucune accointance avec les évangiles synoptiques.

IV. Tout en rendant justice aux mérites du travail de Moffatt, W. Ramsay y relève de nombreuses défectuosités !. Nous ne pouvons reproduire toutes les observations qu'il présente; il suffira de signaler les plus caractéristiques. Sa méthode d’abord lui paraît défectueuse. Moffatt connaît à fond la littérature de son sujet; il cite avec profusion les opinions des spécialistes et cherche à dégager de chacune d'elles ce qui lui semble le meilleur, pour obtenir un residuum qui, pour lui, est la vérité. Cette méthode n'est pas scientifique; c’est le vieil éclectisme démodé depuis longtemps.

W. Ramsay examine ensuite les preuves que donne Moffatt de la mort de l'apôtre Jean avant l’an 70 et, avec raison, les trouve faibles. Le prétendu témoignage de Papias d’après Georges le Pécheur n’a aucune valeur. Il fait ensuite remarquer que, du fait que l’auteur du IV° évangile est bien au courant de la géographie et des institutions de la Palestine, on est en droit de conclure qu'il était palestinien et vivait au 1° siècle. Un Juif d'Asie n’aurait pu reconstruire aussi exacte-

1. The first Christian Century. Notes on D: Moffatt : Introduction to the Literature of the New Testament.

ment le milieu historique et ce procédé n’était pas d'ailleurs habituel aux historiens de cette époque. Quant à la littérature pseudonyme, elle est loin d’être aussi considérable que le suppose Moffatt et présente d’ailleurs des caractères très reconnaissables.

W. Ramsay en vient alors à Paul qu’il connaît si bien. Il proteste avec indignation contre l'affirmation si souvent répétée que l’ Apôtre était incapable d'écrire en un bon grec; il se plaît à rappeler le jugement de Norden, sur quelques passages de la première épître aux Corinthiens et de l’épître aux Romains : « Dans ces passages le langage de l'Apôtre s'est élevé à la hauteur de Platon dans le Phèdre », et celui de von Wilamowitz-Môllendorff, dans sa Littérature grecque : « Bien que ce grec (de Paul) n’ait aucun rapport avec une école ou un modèle, par ce fait que ce grec coule, aussi bien qu’il peut, du cœur, en torrent impétueux et qu'il est du vrai grec, non traduit de l’araméen, Paul est un classique de l'Hellénisme. Maintenant au moins on peut encore entendre en grec l'expression d'une expérience intime, fraîche et vivante. »

W. Ramsay revient ensuite à l'opinion qui lui tient au cœur : Paul a adressé son .épître aux Galates aux chrétiens d'Antioche de Pisidie, de Lystres et de Derbé, qu'il avait évangélisés pendant son premier voyage missionnaire. Il la fortifie en citant une inscription trouvée récemment par Calder à Antioche de Pisidie, où Tavia, la métropole des Galates Trocmiens, appelle « sa sœur » la colonie d’Antioche. Les Galates du nord regardaient done les habitants d’Antioche comme leurs frères. Paul pouvait donc, à juste droit, appeler Galates les chrétiens de cette ville.

. V. A. Brassac! a refondu de fond en comble dans le :

-4, Manuel biblique. Nouveau Testament.

Manuel biblique le Nouveau Testament, qu'avait écrit Bacuez; il l'a mis au courant des études modernes. Tout en adoptant les solutions catholiques sur les questions discutées, il a soin de signaler les positions tenues par les critiques protestants et rationalistes. VI. L'/ntroduction au Nouveau Testament de F. Barth‘! rappelle pour la plupart des positions soutenues celles de Zahn; elle est dans-l’ensemble de tenue conservatrice, L’apôtre Matthieu a recueilli des sentences du Seigneur que Marc et Luc ont utilisées; le IV° évangile ainsi que l'Apocalypse et les trois épîtres sont de Jean l’apôtre; les épîtres pastorales sont l’œuvre de Paul; Barnabé est vraisemblablement l'auteur de l’épître aux Hébreux; la seconde épitre de Pierre doit être attribuée à un auteur du second siècle. VII. Nous n'avons pas à étudier dans le détail l’Zntroduction au Nouveau Testament de M® Schäfer ?; elle s’en tient aux généralités, enseignées dans tous les séminaires ecclésiastiques. Voici seulement quelques-unes des positions que soutient l’auteur sur les questions discutées : L'épître aux Galates a été adressée aux habitants du pays de Galatie et non de la province romaine de Galatie. Entre la première et la deuxième épître aux Corinthiens, Paul fit un voyage à Corinthe, mais la lettre sévère qu'il écrivit aux Corinthiens n’est pas à retrouver dans les derniers chapitres de la deuxième épître. L’épitre aux Hébreux a été envoyée d'Italie à une communauté judéo-chrétienne; tous les noms d’auteurs mis en avant sont de pures hypothèses qui ne peuvent être prouvées, La conversion de Paul eut lieu en l'an 36, son premier voyage missionnaire en 45-48, son arrestation à Jérusalem en 58; sa première captivité à Rome en 61-63,

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