ÉTUDES, ÉTUDES D'ENSEMBLE
H. Pope, The catholic Sludent's « Aids » to the Study of the Bible : The New Tesfament (The Gospels). London, 1919.
H.J. Granner, Unsere Evangelien; zur Literaturgeschichte der Evangelien, Freiburg Br., 1919.
I. Sous ce titre The catholic Student’s « Aids » ta the Study of the Bible, le P, H. Pope, fournit dans un second volume, The New Testament (The Gospels) tous les renseignements dont un étudiant a besoin pour bien comprendre les évangiles. Il donne d’abord une histoire du peuple juif de l’an 142 avant J.-C. à l'an 7 après et.des tables chronologiques; il décrit la vie juive et la Palestine au temps du Christ, dresse une table qui sera très utile des écrivains ecclésiastiques et des écrits du Nouveau Testament, dont ils se sont servis. Il fait ressortir la valeur du texte grec pour l'intelligence complète des écrits néotestamentaires. Aucune traduction ne fait ressortir d’une façon exacte l'emploi des temps et des voix, ne tient compte de la signification précise des prépositions, des conjonctions, de l’article, des verbes composés, des mots à l'époque du N, T., principalement des termes théologiques, Il y aurait lieu de faire ressortir aussi que les écrivains pensaient en araméen, tout en écrivant en grec. Après
avoir passé en revue les documents que nous possédons : manuscrits grecs, versions latine, syriaque, copte, il retrace les divers systèmes de critique textuelle, principalement ceux de Westcott-Hort et de von Soden, puis il adhère à la protestation de Clark contre la règle : brepior lectio potior, et à son affirmation que le processus des textes a été plutôt de contraction que d'expansion et que le vrai texte doit être cherché dans les textes occidentaux; il conclut que tous les systèmes précédents de critique sont coupés à leur base.
Le P. Pope examine ensuite les évangiles en général et en fait ressortir la valeur historique, les difficultés qu’ils présentent, puis traite de chacun des évangiles en particulier, des questions qui les concernent et en arrive à la question synoptique. Il ne croit pas que l’'évangile de Marc est le plus ancien et que Matthieu et Luc s’en sont servis pour écrire leurs évangiles. S'il en avait été ainsi comment expliquer le style sans couleur de Matthieu en face du style vivant et pittoresque de Marc, les différences dans les plus menus détails, la variation des termes grecs employés par Matthieu, l'emploi des termes synonymes, et l’omission de détails qui se trouvent dans Marc? Les mêmes observations peuvent être faites à propos de l’évangile de Luc. Le
P. Pope émet l'hypothèse suivante pour la solution du problème synoptique. Il y a eu une tradition orale, partie en grec, partie en araméen, qui a été transmise, non simplement de vive voix dans sa forme non écrite, mais comme une catéchèse quotidienne pour l’essentiel de l'Évangile. Ce fut l'œuvre des catéchistes qui instruisaient les nouveaux convertis. Cette hypothèse expliquerait tout à la fois les ressemblances et les divergences que présentent les évangiles synoptiques. Ce ne sera pas l'opinion de tous les critiques.
LES QUATRE EVANGILES. 205
IL. Sous ce titre : Histoire littéraire des évangiles!, le P. Cladder a publié une introduction aux évangiles. Voici quelques-unes des positions qu’il tient : Nous avons peu de renseignements sur l'histoire interne du texte du N. T. Déjà Origène se plaignait du grand nombre de variantes qu'offrait ce texte; de nos jours on les évalue à 150.000. Et cela s'explique vu le grand nombre des manuscrits. Von Soden a tenu compte dans son travail de 1.275 manuscrits et de 281 commentaires. Le texte du N.T. qu'il a établi, en dehors des formes grammaticales et de quelques passages, n'offre aucune différence importante avec celui de Néstle. Harnack, 1915 et 1916, tient le texte neutre de Westcott-Hort pour une forme du texte postérieure à Origène et il prouve la valeur de la Vulgate, la seule recension ancienne du texte qui soit scientifique. Quant au texte occidental on lui accorde de plus en plus de l’autorité, lorsque ses leçons ne sont pas des fautes de copiste ou des lecons harmonisantes.
Le premier évangile a été écrit pour ses lecteurs juifs contre l’incrédulité des Juifs; c’est une puissante apologie du Christ et de son Eglise contre le judaïsme meurtrier de Dieu et endurci. Ce n’est pas un récit simple et naïf mais encore moins une dissertation théo- rique. Il a été écrit en hébreu, ou plutôt en araméen; en tout cas dans une langue sémitique. La litttérature juive lui a fourni sa forme linguistique, la texture de ses phrases et l’art de bâtir sa composition. À ce point de vue il se place à côté du second livre des Macchabées. Les trois évangiles synoptiques, tels que nous les possédons, sont en grec. Cependant la langue du peuple juif à cette époque était l’araméen et c’est dans cette
1. Unsere Evangelien : 1° Reïhe : Zur Literatwrgeschichte der Evangelien.
langue que Notre-Scigneur a parlé. Nos évangiles grecs sont donc une refonte de la tradition araméenne. Leur grec est celui dé la langue commune sans recherche d’archaïsme littéraire. Le grec de Marc, né probablement dans l’île de Chypre, est le plus mauvais; celui de Luc s'élève à un niveau plus littéraire; celui de Matthieu est entre les deux et celui de Jean se rapproche du grec de Mañc.
Dans son texte greé Matthieu dépend de Marc.
Celui-ci a observé l'ordre chronologique des événements, mais il a quelquefois groupé des faits de même nature, arrivés à des époques différentes. Son évangile est donc tout à la fois chronologiqué et systématique. Les éléments lui en ont été fournis par lés récits de Pierre et de la tradition orale. Cet évangile est d’une haute valeur historique.
Avec l’évangile de Luc nous eñtrons dans l'Église issue du pagañnisme. Les deux premiers évangélistes étaient des juifs, vivant d’une tradition juive sur le sol juif; Luc était un grec, converti du paganisme. Son évangile dépend de celui de Marc et de celui de Matthieu grec, retravaillés; il contient dés parties qui lui sont spéciales ét se rapproche sur certains points de - celui de Jean.
Le IV° évangile se place à des points de vue particuliérs qui le différencient des trois évangiles. Le cours de la vié de Jésus, tel qu’il l'offre, n’ést pas celui de Matthieu, et n’est pas systématique, mais plutôt chronologique. Jean a complété le récit synoptique par sa description plus détaillée de la vie de Jésus, depuis le baptème de Jean jusqu’à la résurrection du Seigneur. Le P. Cladder éroit que la théorie, soutenant que le ministère de Jésus a duré un an, peut s'adapter au récit johannique. Le 1V° évangile a été écrit contre l'hérétique Cérinthe.