‹ Études de critique et de philologie du Nouveau TestamentChapitre 84 sur 162 · Commentary on the Gospel according to St. Matthew · texte numérisé non relu

Commentary on the Gospel according to St. Matthew

Le critique doit en établir le texte, en dégager les sources et déterminer les rapports qu'ils ont entre eux. Le commentateur dégagera l’idée que l’évangéliste et ses lecteurs se faisaient de la vie du Christ et de ses enseignements. L’historien comparera les textes pour dégager la figure historique de Jésus-Christ. Allen sera surtout commentateur, bien que, par occasion, il se montre historien. Dans l'introduction il a fait la besogne du critique.

Il recherche d’abord les sources du premier évangile. On y retrouve, constate-t-il, tout l’évangile de Marc, tel que nous le possédons, et non un Marc antérieur, mais modifié quant à l’ordre et à la teneur des récits, abrégés et corrigés pour la langue, ou pour les descriptions, plus atténuées et moins réalistes. On y relève ensuite des parties communes à Matthieu et à Luc. Les critiques contemporains les attribuaient en masse à un recueil qu'ils intitulaient « Logia du Seigneur » et désignaient par la lettre Q ; ils ne s’accordaient pas d’ailleurs sur l'étendue de ce document. Allen distingue dans cette source des discours de caractère anti-pharisaïque et nettement judéo-chrétien, lesquels ne seraient autres que les Logia de Matthieu, dont parle Papias et d’autres parties, également accessibles à Luc mais indépendantes des Logia. L'auteur du premier évangile, en outre, a étayé son récit de nombreuses prophéties de l'Ancien Testament, empruntées à un recueil de témoignages messianiques. Il l’a complété par les récits de l'enfance, qui lui venaient d’une source palestinienne et enfin, il y a joint des notes qui lui étaient propres. En tout six sources qu'Allen a distinguées en marge, dans sa traduction anglaise du texte évangélique, par les lettres EL M O P X.

Allen expose ensuite le plan.et la théologie du

premier évangile. L'auteur en est inconnu; Matthieu n'aurait fourni que les deux cinquièmes de l'écrit. L'époque de composition serait l'an 70 ou un peu auparavant. Quelques bonnes remarques sur les termes caractéristiques du premier évangile complètent l'introduction.

Le commentaire ne se présente pas sous la forme ordinaire. Après une traduction anglaise du texte, faite sur un texte grec qui paraît éclectique, Allen précise le sens des phrases sans discussion ni exposé d'hypothèses. Il s'attache surtout à l’explication grammaticale, et aux rapprochements avec les textes contemporains, juifs ou chrétiens. 11 ne craint pas d'être original dans son interprétation; aussi, n'est-il pas toujours à suivre, principalement quand il tombe dans l'exégèse protestante : XVI, 18 et XX VI, 26. Au chapitre [, 16, il adopte la lecon du syriaque sinaïtique : « Joseph, qui épousa Marie, une vierge, engendra Jésus, qui est appelé Christ », mais il fait remarquer qu'il s’agit ici de descendance légale.

Dans une note sur la valeur historique de l’évangile de Matthieu, placée à la fin du commentaire, et qui en forme ainsi la conclusion, Allen reconnaît que tout ce qui, dans le premier évangile, provient de Marc possède une valeur historique de premier ordre. Les discours du Seigneur, empruntés aux Logia de Matthieu, sont authentiques et présentent les vrais enseigne ments du Christ. Il en résulte, ainsi qu'il avait été dit dans la préface, que nous possédons dans une large mésure les paroles et les actes du Christ historique. Allen veut bien nous dire d’ailleurs que l'étude scientifique des évangiles aboutit à des résultats analogues à ceux de la tradition.

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