Commentary on the Gospel according to St. Matthew
gile de Matthieu au point de vue théologique et religieux. Dans une introduction assez étendue, il cherche d’abord à déterminer quel est l’auteur du premier évangile; il croit que Matthieu a rassemblé en araméen les sentences du Seigneur et que le rédacteur de l’évangile a inséré celles-ci dans son travail, dont la partie narrative avait été composée à l’aide d’un document analogue à l’évangile selon saint Marc. Le premier évangile fut donc attribué à Matthieu parce que celui-ci avait fourni la plus grande partie des matériaux. En comparant l’évangile de saint Matthieu avec ceux de saint Marc et de saint Luc, Plummer montre comment l’auteur a retravaillé ses sources pour les adapter à son but, qui était surtout doctrinal et apologétique. L'étude sur la Christologie du premier évangile, Jésus, le fils de l’homme, le fils de Dieu est concise mais très substantielle. Il en ressort que Jésus a revendiqué pour lui-même la filiation divine et que sa vie et ses enseignements, l'Eglise qu'il a fondée sont inexplicables si l’on n'admet pas sa divinité. « L’Incarnation peut paraître impossible aux hommes de notre génération, mais avec Dieu toutes choses sont possibles », p. XXXI. Le premier évangile a été écrit peu après l'an 70.
Plummer examine ensuite la question très impor- |
tante des rapports de l’évangile selon saint Matthieu avec les Testaments des douze patriarches. Les ressemblances d'idées et même d'expressions sont très nombreuses entre ces deux écrits et l’on se demande quel est celui des deux qui est l'original, car l'un dépend certainement, dit-on, de l'autre. Les Testaments, au moins pour le texte hébreu, ont été com= posés avant l'ère chrétienne. Pour la traduction grecque, la date est moins certaine. Il semblerait donc que Notre-Seigneur et Paul ont connu les Testaments
et s’en sont inspirés dans leur enseignement. C’est l'opinion de Charles. Mais notre auteur présente diverses observations qui prouvent que les écrits du Nouveau Testament ne dépendent pas des Testaments et que les ressemblances, qu'il reconnaît indéniables, s'expliquent mieux autrement. Les passages parallèles entre les évangiles et les Testaments se retrouvent presque tous dans les enseignements du Seigneur qui sont particuliers au premier évangile. Si Jésus avait répété des sentences des Testaments on devrait en retrouver aussi dans les deux autres synoptiques. En outre, ces ressemblances si nombreuses entre les écrits néotestamentaires et les Testaments sont réduites à deux ou trois seulement avec les écrits postapostoliques. L’explication la plus simple c’est que ces ressemblances peuvent d’abord être accidentelles ou provenir de ce que des écrivains contemporains ont reproduit des idées ou même des phrases d’un usage courant à cette époque. Enfin et surtout, en ce qui concerne les ressemblances d’expressions grecques, elles sont dues au traducteur ou aux copistes chrétiens des Testaments qui, consciemment ou non, ont assimilé les sentences des Testaments à celles du Nouveau Testament et principalement aux paroles du Seigneur, rapportées par l'évangile de Matthieu, lequel, des trois, était le plus connu.
Nous ne pouvons examiner dans le détail le substantiel commentaire qui nous est donné ensuite de l’évangile. Remarquons seulement l'étude du Sermon sur la Montagne, qui est un véritable traité sur ce discours et un exposé très clair de la signification des paroles de Notre-Seigneur. La naissance surnaturelle de Jésus est défendue avec habileté contre les récentes objections. Les paroles de Jésus à l’apôtre Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai
mon Église », sont certainement authentiques, bien qu’il soit possible qu’elles soient hors de leur contexte, Plummer tout en accordant que Notre-Seigneur a pu reproduire, dans son discours sur la fin du monde, des idées apocalyptiques courantes de son temps, refuse d'admettre qu'à la base de ce discours se trouve une Apocalypse juive apocryphe. L'ordre que Jésus a donné à ses apôtres d'aller évangéliser toutes les nations est authentique, malgré les difficultés textuelles qu'on a pu soulever à l'égard du passage qui le rapporte.
IT. Alan Hugh Mc Neile! a publié en 1915 un commentaire très détaillé sur l’évangile selon saint Matthieu. Dans l'introduction il pose les principes sur lesquels il a basé son travail. 1. Les compilateurs du premier et du troisième évangile se sont servis du second évangile dans sa forme actuelle. 2. Ils ont utilisé des recensions différentes d'une source grecque écrite, citée sous le sigle Q, qui consistait principalement en sentences de Jésus et accompagnées peut-être pour la plupart d’entre elles d'un cadre historique. 3. Le compilateur de notre évangile s’est servi de matériaux provenant d’autres sources, par exemple, pour quelques parties du sermon sur la montagne, pour des sentences qui lui sont propres, pour la généalogie et les récits de l'enfance, pour quelques récits sur Pierre et sur Pilate. Il a utilisé aussi un écrit grec, traduit de l’araméen, et contenant des passages de l'Ancien Testament (Testimonia) avec probablement de brèves explications de leur réalisation dans la vie du Christ, passages extraits d’un texte hébreu différent du texte massorétique. Il n’y a aucune preuve claire que l’auteur ait jamais traduit lui-même de l’hébreu;
4. The Gospel according lo St. Matthew; the greek text with introduction, notes and indices. London, 194.
state is
à part les Testimonia, il a normalement employé les Septante.
De l'évidence externe il ressort que la date du pre mier évangile doit être fixée vers l’an 70-115. L'évidence interne indiquerait plutôt la date 80-100. Dans son ensemble le premier évangile respire dans une atmosphère palestinienne et les traditions qu'utilise l’auteur, à part Mare et Q, sont palestiniennes. Et cependant, il ne se sert pas de l'Ancien Testament hébreu, excepté dans les passages qu'il emprunte aux Testimonia. Il paraît avoir vécu quelque part en Syrie dans un pays où les chrétiens n'étaient pas en rapports constants avec Jérusalem et où les traditions qu'ils possédaient étaient de valeur très inégale, allant de celles qui portaient une empreinte indiscutable d’authenticité aux histoires de caractère purement légendaire ayant grandi en dehors du contrôle que les apôtres ou des témoins oculaires auraient pu exercer sur elles, L'auteur n'était certainement pas l'apôtre Matthieu.
Le point de vue tout à la fois conservateur et ultracritique se montre bien dans le jugement que porte Me Neile sur la naissance surnaturelle de Jésus : dans le récit de la naissance virginale le fait central est encadré dans une matière qui, dans le second et le troisième évangile, contient sans doute un élément ou imaginaire ou midrashique, mais non mythologique, C'était le résultat naturel de la nature merveilleuse du fait, Mais quant au récit du fait lui-même il est maintenu, dans la note additionnelle, p. 10-13, qu'aucune explication adéquate n'a été présentée autre que celle d'être un fait historique; il est impossible de faire dériver ce récit d’une origine littéraire qui lui serait
antérieure.
Traitant de la valeur historique du discours du Sei-
gneur sur la ruine de Jérusalem et la parousie, XXIV, 3-36, Mc Neile croit, avec d’autres critiques, que nous avons là une composition apocalyptique d’un judéochrétien, mais il admet qu’à la base du discours se trouvent des paroles de Jésus sur l’imminence de la fin du monde. Le Seigneur, d'après lui, aurait positivement annoncé son prochain retour, sa parousie glorieuse.
Mc Neile reconnaît cependant une haute valeur his- torique aux paroles du Seigneur. Le premier évangéliste, nous dit-il, leur a conservé leur tour original et leur saveur primitive. Il a gardé cette couleur juive qui fait de Jésus un homme de son temps et de son pays; il nous a donné ainsi un vivant portrait du Christ.
L'exégèse du nouveau commentateur est faible sur les points qui embarrassent le plus un anglican, par exemple sur la façon d'entendre la Cène eucharistique, sur les paroles de Jésus, conférant à Pierre la primauté apostolique. « Aucune explication, dit-il, de « Ceci est mon corps » ne peut être présentée dans un commentaire ; sa signification varie pour les chrétiens: avec les variétés de leur expérience individuelle. » Quant à la promesse du Christ à Pierre elle est réduite à peu de chose : La pierre sur laquelle sera fondée l'Église, c'est la dignité de Messie que Simon a reconnue en Jésus ; les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle en ce sens que le Messie ressuscitera glorieux.
Ce serait mal juger de l'esprit qui règne dans ce commentaire par les opinions que nous venons de relever ; au fond, il est plutôt conservateur, bien qu'il ait subi l'influence de récents travaux critiques. Remarquons, en particulier, qu'il a affirmé à diverses reprises
que Jésus est le Fils de Dieu en un sens unique et D DntnICAUIe.
IV. Dans une suite de douze conférences, données devant l'honorable société de Lincoln’s Inn, 1911-1915, le D' Lukyn Williams a étudié le Messie hébreu-chrétien ou la présentation du Messie aux Juifs dans l'évangile selon saint Matthieu '. Son but est de montrer les motifs qu'a eus l’auteur pour composer son œuvre et d'interpréter ses paroles dans le sens qu'il voulait leur donner.
Dans la première il examine les faits de la vie de Jésus depuis l’origine jusqu'à sa manifestation en Galilée : sa généalogie, sa naissance virginale à Bethléem, la fuite en Egypte, les Mages, Nazareth. Il croit que la communauté chrétienne de Jérusalem possédait un recueil de paroles du Seigneur, mais qu'elle désirait un exposé plus complet des rapports de Jésus avec les Juifs et de la position de celui-ci en face de la Loi. C'est pour répondre à ce besoin que l’auteur a écrit son évangile en grec pour atteindre un public plus étendu. À Jérusalem et en Palestine, les Juifs, parlant le grec, étaient plus nombreux qu'on ne le dit. Le D' Lukyn suppose donc que notre premier évangile a été écrit en grec; la tradition représentée par Origène et par Jérôme, affirme nettement que Matthieu a écrit son évangile en hébreu.
La deuxième étudie les partis juifs au temps de Notre-Seigneur : les Esséniens, les Sadducéens et les Pharisiens. Des premiers il n'y a pas lieu de s'occuper, car on ne voit pas que Jésus ou Jean-Baptiste aient eu aucun rapport avec eux. Les Sadducéens, appelés ainsi probablement du prêtre Zadok, représentaient à Jérusalem la classe riche, favorable aux Romains, s’en tenant à la Loi et rejetant toute addition traditionnelle. Les Scribes, primitivement ceux qui écrivaient les’
4. The Hebrew-Christian Messiah or the Presentation of the Messiah to the Jews in the Gospel according to St. Matthew.
livres religieux des Hébreux, étaient au temps de Notre- Seigneur les interprètes de la Loi ; quelques-uns étaient Sadducéens, mais presque tous étaient Pharisiens. Lukyn rappelle que Jésus a reproché aux Pharisiens d’avoir une religion purement extérieure et d’être . des hypocrites. Comment expliquer cette attitude de Notre-Seigneur en face d'hommes que d’autres nous réprésentent comme des hommes pieux, fidèles observateurs de la Loi? Diverses explications ont été présentées. Il y avait deux tendances chez les Pharisiens : la tendance libérale des disciples de Hillel et la tendance rigoriste des disciples de Shammaï; c’est les premiers que Jésus a fréquentés et les seconds qu'il a anathématisés. Il est possible aussi que le terme « hypocrites » n'ait pas été entendu par Jésus au sens d'homme qui fait une action pour se faire valoir et tromper sur ses véritables dispositions et que le Seigneur ait voulu reprocher surtout aux Pharisiens l'étroitesse de leur religion.
La troisième est consacrée à Jésus guérissant les malades. Quoique des hommes de Dieu aient opéré des miracles à toutes les époques nous constatons que, bien que les miracles du Seigneur n'aient pas prouvé directement sa divinité, ils ont établi cependant la vérité de son affirmation qu'il était le Messie envoyé par Dieu.
La quatrième traite de Jésus docteur et s'occupe de l'originalité des enseignements du Seigneur. Il n’a subi aucune influence étrangère, qu'elle soit bouddhiste, perse ou grecque. Il a été profondément original et s'il a adopté le mode d'enseignement usité de son temps : paraboles, allégories; s'il a reçu quelques. empreintes des idées courantes, il s'est inspiré surtout de l'Ancien Testament.
La cinquième examine la position de Jésus en facé
de la Loi. Lorsqu'il a déclaré qu’il était venu non abolir la Loi mais la perfectionner, le Seigneur n'avait pas en vue les observances légalés, mais les principes et les vérités qui étaient à la base de la Loi.
La sixième s'occupe des enseignements moraux de Notre-Seigneur. La plupart d’entre eux étaient déjà connus par l'Ancien Testament, mais il les a renouvelés, approfondis et leur a donné une force nouvelle en les appuyant sur son autorité.
Lés septième, huitième et neuvième étudient les titres qui ont été donnés au Messie dans les évangiles, Fils de David, Fils de l’homme, Fils de Dieu. Les Juifs croyaient à la venue du Messie, roi national. Jésus a réalisé l'espérance populaire, mais en la spiritualisant. Il fut le Fils de l’homme, car il a réalisé la double représentation de l’homme dans ses souffrances et sa faiblesse, mais il fut aussi Fils de Dieu par nature.
La dixième étudie Jésus proclamant le royaume de Dieu déjà présent, mais devant venir seulement plus tard dans sa plénitude; la onzième, Jésus-Christ sur la croix, rachetant l'humanité et la douzième, Jésus victorieux de la mort et envoyant ses apôtres prècher son nom à toutes les nations.
V. A. 9. Barnes! étudie l'origine dé l’évangile grec de saint Matthieu. Il trouve dans le texte trois séries qui paraissent d’origine différente : 1° une série contenant des récits étroitement apparentés à ceux de Mare; 2% une seconde contenant des discours qu'on retrouvé à l’état dispersé dans Luc; 3° une troisième série contenant principalement des récits, mais partis culiers à Matthieu. Cette troisième série s'apparente aux récits de Marc par ses caractéristiques et a dû faire partie d’un évangile de Mare plus complet que celui
4, Suggéstions on the origin of the Gospel according to St. Matthew; Journat of theol. Studies, Vol, VI, p. 187. London, 1905,
que nous avons actuellement. Barnes croit que Marc a donné trois éditions de son évangile : une première à Césarée vers l’an 42; une seconde à Alexandrie, quelques années plus tard et une troisième à Rome vers 68 ou aux environs. C’est l'édition d'Alexandrie qui a servi à former l’évangile de Matthieu par l'incorporation dans son texte des Logia du Seigneur recueillis par Matthieu et traduits en grec. Cette amalgation aurait été exécutée vers l’an 66 à Alexandrie. Cette date résulterait du passage où Irénée dit que l'évangile de Matthieu fut écrit alors que Pierre et Paul prèchaient l'Evangile à Rome, c’est-à-dire vers 67. La date qu’assigne Eusèbe à l’évangile de Matthieu : « Matthieu prêcha d’abord aux Hébreux. Comme il dut aller en d’autres pays, il leur donna son évangile dans sa langue maternelle », viserait l'évangile araméen de Matthieu. La date traditionnelle du départ des apôtres de la ville de Jérusalem est l’an 42. Par cette hypothèse, Barnes croit avoir réconcilié la tradition et la critique moderne. Ce n’est pas l'opinion de la Commission biblique, comme nous le verrons plus loin.
VI. Willoughby C. Allen ! croit que l’évangile actuel de Matthieu a été écrit en grec, à Antioche, vers l’an 50. 11 aurait utilisé une traduction grecque de Mare écrite primitivement en araméen. 1l démontre aussi que tout dans cet évangile est strictement juif et qu'il n’y a aucunetrace des enseignements postérieurs sur l'Église.
VII. E. Stock? rappelle l'argument donné par T.R. Birks dans ses orae evangelicae pour établir que
‘évangile de Matthieu avait été écrit avant l’an 44. Marc, Luc et Jean dans leurs récits de la passion
4. The alleged cathoticism of the first Gospel and its daté: Expos. Times, Vol. XXI, p. 439. Edinburgh, 1909-1940.
2. The date of ihe first Gospel; Expos. Times, Vol. XXI, p. 598. Edinburgh, 4909-1910,
appellent toujours Pilate par son nom et par son titre : fyeuov. Matthieu, au contraire, le désigne sept fois, seulement par son titre : ‘O Gè ’Inoobs éoraôn Eurpootev roù yemôvos, Mt, XXVII, 11. Ce n’est qu'avant l’an 44, date où un successeur de Pilate porta ce titre qu'on a pu l’employer sans y joindre le nom de Pilate. L’'argument ne nous paraît pas convaincant.
VIIT. En certains passages, l'évangéliste Matthieu n’est pas en accord complet avec Marc et Luc. Ces divergences apparentes proviennent d’après E. Léves-. que des procédés littéraires de Matthieu '. L'absence de préoccupation vraiment historique se révèle chez lui dans les grands discours et dans le groupement des faits miraculeux. À un fond principal, qui forme l'essentiel du discours et se rapporte à une situation déterminée, sont ajoutés d’autres matériaux tirés d’enseignements du Maître, donnés en des temps et des. lieux différents, mais se laissant plus ou moins étroitement rattacher par l’analogie des idées. L’évangéliste groupe les faits comme les idées; ils sont réunis dans un dessein tout autre que la suite chronologique des événements.
Parmi les procédés particuliers à Matthieu signalons le pluriel, mis volontiers à la place du singulier, pluriel d’indétermination ou pluriel de catégorie. C'est aussi une sorte de condensation de plusieurs faits ou des détails d'un même fait, telle que leur ordre ou leur développement réel est négligé au profit d'un enseignement à mettre plus en relief. Divers exemples de cette façon de procéder sont cités, IV, 3; IX, 8; LE, 20. Lors du festin de Béthanie, les disciples, d'après Matthieu, dirent avec indignation, lorsqu'ils virent la femme répandre des parfums sur la tête de
1. Quelques procédés littéraires de saint Matthieu; Revue biblique, p. 4. N.-$. Treizième année. Paris, 4916.
Jésus : À quoi bon cette perte? tandis que d’après Jean, Judas seul fit cette réflexion. Matthieu n'est pas entré dans le détail ; il s’est contenté d’une formule générale.
C'est aussi comme un pluriel de catégorie qu'on doit interpréter l'expression dont se sert Matthieu à propos des larrons qui insultèrent Jésus en croix. Il a groupé par catégories ceux qui-insultèrent Jésus sur la croix : le peuple qui passait, les sanhédrites, les voleurs crucifiés, sans faire pour ces derniers, comme Luc, la distinction que l'un d'eux seulement insultait Jésus, tandis que l’autre le priait de le recevoir avec lui au paradis.
La même solution peut être appliquée à la divergence des récits de Matthieu, VIII, 5-13 et de Lue, VII, 1-10, dans le fait de la guérison du serviteur d’un officier à Capharnaüm, et aussi dans les apparitions de Jésus aux saintes femmes et à Marie Madeleine, après sa résurrection. Dans le récit de l'institution de l’eucharistie on trouve un autre exemple de simplification et de raccourci des faits par Matthieu.
Signalons une bonne explication du passage, XXVIII, 17 : xai id6vrec adrov roocexüvnoav, ot à éMoracav. I1 s'agit des onze disciples réunis sur la montagne de ‘Galilée, que Jésus leur avait indiquée. On traduit ordinaïirement : « Et le voyant ils l'adorèrent, cependant quelques-uns eurent des doutes. » Maïs of dé ne signifie pas quelques-uns, mais ceux-ci. Ce serait donc les disciples qui, tout à la fois, l'adorèrent et eurent des doutes, ce qui est contradictoire. Mais dans l’araméen le plus-que-parfait n'existe pas et il est remplacé dans le Nouveau Testament par l'aoriste. Ainsi au ÿ 16, l’aoriste éréëaro est traduit par le plus-que-parfait; il doit en être de même ici : « les disciples l’adorèrent : ceux-ci avaient été dans le doute »-précédemment.